Baudelaire, dandy immortel
by hugoparis

Gentlemen,
je sais que beaucoup d’entre vous attendent avec impatience la suite de la traduction de « The Suit », car je suis submergé de messages en ce sens et je dois avouer avoir pris un peu de retard. Ce travail est en effet bien plus complexe qu’une « simple » traduction de l’américain vers le français, car mon propos est bien de tenter de respecter le ton (parfois très empreint de cynisme et de deuxième degré) de ce délicieux pamphlet. Donc encore un peu de patience, le chapitre sur comment conjuguer embonpoint et élégance est en cours de finition (c’est curieusement celui-ci qui me vaut tous ces messages d’impatience….Tiens, tiens…).
En attendant je souhaitais partager avec vous une citation de Charles Baudelaire qui entre parfaitement en résonance avec l’esprit et l’exigence de Parisian Gentleman. A méditer et surtout, à assumer. Stay well. HUGO
« Que ces hommes se nomment raffinés, incroyables, beaux, lions ou dandys, tous sont issus d’une même origine ; tous participent du même caractère d’opposition et de révolte ; tous sont des représentants de ce qu’il y a de meilleur dans l’orgueil humain, de ce besoin, trop rare chez ceux d’aujourd’hui, de combattre et détruire la trivialité.
Charles BAUDELAIRE





Un commentaire
Cher Hugo,
Merci pour ces nombreux partages. Je ne peux m’empêcher de livrer à la lecture ce que Baudelaire scandait à propos du dandysme. Si vrai, si fort…
« Le dandysme, qui est une institution en dehors des lois, a des lois rigoureuses auxquelles sont strictement soumis tous ses sujets, quelles que soient d’ailleurs la fougue et l’indépendance de leur caractère. (…).Ces êtres n’ont pas d’autre état que de cultiver l’idée du beau dans leur personne, de satisfaire leurs passions, de sentir et de penser. Ils possèdent ainsi, à leur gré et dans une vaste mesure, le temps et l’argent, sans lesquels la fantaisie, réduite à l’état de rêverie passagère, ne peut guère se traduire en action. Il est malheureusement bien vrai que, sans le loisir et l’argent, l’amour ne peut être
qu’une orgie de roturier ou l’accomplissement d’un devoir conjugal.
Si je parle de l’amour à propos du dandysme, c’est que l’amour est l’occupation naturelle des oisifs. Mais le dandy ne vise pas à l’amour comme but spécial. Si j’ai parlé d’argent, c’est parce que l’argent est indispensable aux gens qui se font un culte de leurs passions; mais le dandy n’aspire pas à l’argent comme à une chose essentielle; un crédit indéfini pourrait lui suffire; il abandonne cette grossière passion aux mortels vulgaires. Le dandysme n’est même pas, comme beaucoup de personnes peu réfléchies paraissent le croire, un goût immodéré de la toilette et de l’élégance matérielle. Ces choses ne sont pour le parfait dandy qu’un symbole de la supériorité aristocratique de son esprit. Aussi, à ses yeux, épris avant tout de distinction, la perfection de la toilette consiste-t-elle dans la simplicité absolue, qui est en effet la meilleure manière de se distinguer. »