Leçon d’élégance au cinéma : La Corde d’Alfred Hitchcock
by hugoparis
Marc Guyot, dans l’émission de France Culture « les élégances cathodiques » (cf le post consacré à cette excellente émission sur PG), attirait notre attention sur le désert stylistique télévisuel et cinématographique actuel. Dans cette même émission, il expliquait que même dans le 7ème art, les acteurs étaient de moins en moins élégants, les derniers parangons d’élégance du cinéma français se nommant Lino Ventura (habillé par Cifonelli) et Jean Gabin (habillé par Camps de Luca).
Donc depuis les années 50, le cinéma mondial a connu une chute vertigineuse de l’élégance masculine et aucun acteur actuel ne peut soutenir sérieusement la comparaison avec des Gary Cooper, Cary Grant et autres Fred Astaire, pas même Michael Douglas dans le fameux Wall Street dont on a beaucoup trop vanté le style (très surfait à mon avis).
Cette émission m’ayant fortement interpellée, je me suis donc mis en à la recherche de films dans lesquels les acteurs étaient bien habillés avec l’objectif, assez inutile je l’avoue, de trouver LE film le plus élégant de l’histoire du cinéma. Inutile de vous dire que mes recherches se sont très vite concentrées sur le cinéma américains des années 30 à 50 et sur ses réalisateurs mythiques comme Franck Capra, John Huston, Elia Kazan, Georges Cukor et autres John Ford ou Franck Loyd.
A ce jour, une grosse vingtaine de films ont attiré mon attention sur le sujet, dont l’un des films les plus originaux de l’histoire du cinéma : La Corde (The Rope), d’Alfred Hitchcock. Tourné en 1948, cet OVNI cinématographique a marqué son époque car Hitchcock avait pour ambition de réaliser avec la Corde, le premier film tourné en plan-séquence (c’est à dire en une seule fois, sans montage) de l’histoire du cinéma. En réalité, la tâche s’avérant gigantesque et quasi impossible à concrétiser, le réalisateur dû se résoudre à faire quelques points de montage afin que le film puisse voir le jour. Finalement, The Rope est tout de même un film complètement unique, car il ne compte que 11 plans, là où un film de cinéma en compte, en moyenne, entre 400 et 600 !!
Mais l’autre fait marquant du film (l’un des tous premiers en Technicolor), est l’élégance ahurissante de TOUS les acteurs. Les quelques photos ci-joint vous en donne un aperçu et se passent, je crois, de commentaires tant les costumes sont ajustés et les mises absolument parfaites, James Stewart en tête (jusque sur l’illustration de l’affiche).
Nous allons continuer notre recherche d’élégance au cinéma et vous proposer, de temps à autre, un coup de projecteur (!) sur des films « sartorialement » flamboyants. Des suggestions ?
Cheers, HUGO







18 commentaires
Ayant vu peu de films avec J. Stewart, je m’étais toutefois rendu compte de son élégance dans le film si particulier qu’est « La Classe Américaine » (où Burt Lancaster vante les costumes Azzedine Alaïa et les sous-pulls Yohji Yamamoto, et où John Wayne est élu « L’homme le plus classe du monde »). ;)
Ce film (français) mémorable réunit de nombreux films où apparait notamment J. Stewart, cela m’a permis de me faire une idée de la qualité de son style (en mettant de côté les panoplies de cow-boys…)
Oui mais attention, ce flim n’est pas un flim sur le cyclimse. Georges Abitbol.
Messieurs vous confondez un peu tout, vous faites un amalgame entre la coqueterie et la classe…
Je vois qu’on a tous les mêmes références!
j’ai connu un mec de droite une fois, il avait dix fois plus de classe. Georges Abitbol, l’homme trop bien sapé… etc, etc
L’affaire Thomas Crown
Une femme à sa fenêtre avec Romy Schneider et Philippe Noiret : costume blanc, smoking, robe de chambre, robe de soirée etc…
L’ arnaque (the sting)
Certains l’aiment chaud : il y a quelques tenues de Tony Curtis qui valent le détour
Monsieur,
Je suis d’accord avec vous, la garde robe de Michael Douglas/Gordon Gekko dans Wall Street n’est pas aussi fantastique qu’on le prétend.
Toutefois, il faut reconnaitre le travail énorme d’Alan Flusser qui, du fait des épaules tombantes de Michael Douglas, avait intégré un padding (complètement imperceptible à l’œil nu dans mon souvenir) aux chemises de ce dernier.
Je pense qu’un tel détail méritait d’apparaitre sur votre blog.
Par ailleurs, Michael Douglas, au contraire des acteurs des 50′s qui étaient toujours impeccables même hors tournage, s’habille affreusement mal dans sa vie de tous les jours. Ceci n’est pas à prendre à la légère, c’est symptomatique du fait que soit on est sensible à l’élégance soit on ne l’est pas et on ne le sera jamais.
Pourquoi pas la Dolce Vita ?
Pourquoi pas effectivement. HUGO
Chers tous,
C’est une référence qui va vous surprendre, mais Jean Marais, dans Fantomas est remarquablement habillé.
Bien à vous
Tous les fims de fred Astaire et de cary Grant sans exception.
Mention spéciale à « Mariage Royal » (Astaire), Mr Blandings bilt his dream house (Grant)
Un peu tard, mais on sait jamais:
L’adaptation TV de My Man jeeves: « Jeeves and Wooster », pour une leçon sur la classe sartoriale anglaise des années 20/30! (en plus d’être la très bonne adaptation d’une excellente série de livres)
Bonjour,
Le seul film récent où les costumes des acteurs principaux sont à mes yeux impeccables est » Public Enemies » de Michael Mann avec Johnny Depp, Marion Cotillard et Christian Bale. Sortie en 2009, ce film retrace la vie de John Dillinger célèbre gangster américain des années 20. Le film est longuet mais les costumes (surtout ceux de Christian Bale) sont très beaux.
Qu’en pensez-vous?
Bonjour(soir), je n’ai pas vu le film que vous évoquez. Pour ma part, je trouve Viggo Mortensen particulièrement élégant dans « Les promesses de l’ombre » de David Cronenberg (j’ai d’ailleurs écrit un post sur le sujet). HUGO
Bonjour,
L’élégance au cinéma n’étant pas une exclusivité anglo-saxonne je me permet de vous recommander deux films français où les acteurs cités dans votre article (Jean Gabin et Lino Ventura) ne sont pas en reste.
Touchez Pas Au Grisbi (1953) où Gabin change de costume quasiment à chaque scène et Razzia sur la chnouf (1954)
Deux preuves que le costume croisé sied parfaitement aux hommes trapus.
Gabin était habillé par Camps de Luca et Ventura par Cifonelli. Ces deux monstres sacrés avaient indéniablement du goût et de l’allure, bien qu’ils n’avaient ni l’un ni l’autre la taille mannequin. Comme quoi, la grande mesure est un véritable art… Merci pour votre commentaire. HUGO
J’ai vu ce film tout récemment, j’ai adoré. C’est vrai que les acteurs sont tous très bien habillés, par contre j’ai trouvé que James Stewart faisait parfois un peu « rigide » dans sa façon de se tenir.
Techniquement il y a plusieurs plans mais Hitchcock utilise une astuce pour nous faire croire à la continuité en se rapprochant d’un détail (le plus souvent le dos d’une veste) puis en reculant, le changement de plan ayant lieu à ce moment. Techniquement il y a plusieurs plan mais « cinématographiquement » c’est comme s’il n’y en avait qu’un. Et le film reste un huis clos extrèmement prenant.
Gone with the wind, rien que pour rhett buttler,même Clark Gable qui était un élégant hommme.