Les tissus "private line" : Scabal file un mauvais coton…
by hugoparis
Gentlemen,
Il semblerait que l’homo sapiens (savamment guidé par l’homo marketus) du début du 21ème siècle redécouvre petit à petit les joies de la personnalisation. Nous qui sommes de fervents défenseurs de la culture tailleur, nous devrions plutôt nous en réjouir… Pourtant certaines dérives, même des plus grands noms de notre petit monde, nous interpellent et nous incitent à nous reposer la question de l’intention qui se cache derrière cette envie de posséder un objet unique et, surtout, de le faire savoir à autrui…
Scabal, illustre fabriquant d’origine belge de tissus haut de gamme, propose en effet, depuis deux ans, une ligne de tissus très particulière sensée répondre au besoin de personnalisation croissant des élégants. Cette ligne baptisée « Private Line » vous permet en effet d’insérer dans le tissu de votre costume des mots, des phrases, des devises, des nombres qui vous sont propres.
Cette initiative sensée permettre aux élégants d’aller vers le Bespoke ultime (incluant, au delà du patron et de la coupe, un tissu unique) nous semble, à l’inverse, particulièrement antinomique avec les valeurs de discrétion et de simplicité que les amateurs de Bespoke (dont nous sommes) défendent bec et ongles.
Pourquoi ? Parce que ce tissu est, intrinsèquement, porteur d’un message à l’adresse d’autrui, ce qui le rapproche dangereusement d’une « culture » qui est aux antipodes de la nôtre : celle du tee-shirt « à message ». Vous savez, ces horribles objets sur lesquels l’on vante soit son appartenance à une communauté, soit son célibat (je suis un coeur à prendre), soit sa « pseudo » originalité. Sans parler des camaïeux à motifs L et V très prisés des asiatiques en quête de reconnaissance sociale, qui, alors qu’ils ont envie de « sortir » de la masse, ne font qu’entrer dans un autre troupeau guidé, cette fois-ci, par les diktats du marketing.
La discrétion et la simplicité sont les piliers immuables de toute quête d’élégance véritable. Nous, qui allons jusqu’à cacher les étiquettes de nos costumes Bespoke en les cousant à l’intérieur des poches afin de les soustraire aux regards d’autrui, allons nous succomber aux sirènes de ce type de dérive du genre « regardez comme mon costume est unique » ? Assurément non.
Autant nous trouvons intéressante l’initiative de « Dashing Tweeds » qui propose la création du motif de vos tissus (cf article sur PG), autant nous sommes perplexes à propos de cette « innovation » qui remet en cause les valeurs fondatrices que partagent les amateurs de vrais beaux vêtements.
« L’élégance s’arrête au moment où on la remarque » disait le Beau Brummel. Scabal ne semble donc pas l’entendre de cette oreille…
Cheers, HUGO






4 commentaires
Le mauvais gout à son paroxysme. Grotesque.
je viens de perdre 2 dixièmes à chaque oeil…
Hi Hugo,
Mes aïeux mais qu’est-ce que c’est que ce genre de … comment qualifierai-je ? d’ineptie totale !
Amicalement vôtre.
Du mauvais goût pour les bofs qui ont gagné au loto. Remarquez, il y en a qui font graver leurs initiales sur leur chemise sur mesure… Vulgarité, quand tu nous tiens !