Carlos Santos : Mocassin ? Boucle ? Boucle-mocassin ?
by hugoparis
Gentlemen,
pour répondre à la question de King Richard sur l’un des modèles du catalogue Carlos Santos, je me permet de citer ici les explications de Marc Guyot himself (qui est le designer de la marque) sur ce soulier particulièrement original. Ces propos sont issus d’un topic du forum de Pied en Cap.
MG nous dit : « Même si c’est techniquement un loafer (en gros un mocassin avec des bouts durs), la boucle est fonctionnelle. Un peu comme des boutonnières ouvertes, elles peuvent s’ouvrir, mais on les laisse fermées!« . Et il continue en commentant l’extrême qualité de ces souliers lusitaniens : « Montage Good Year avec mur de montage et trépointes posés « main », vraie lisse ronde fraisée également « main ». Le point de couture sur la trépointe est réalisé à la machine. ça c’est ce qui concerne l’aspect montage. Pour la tige également traitement spécial sur certains modèles, les lacs pincés sont « main », les quartiers arrières également. Certains nez fendus sont jointés ‘sur chair ». Que du bon!
Pour la cambrure, en plus des lisses rondes qui l’amincissent, un double cambrion cuir qui galbe celle-ci à outrance.
Bouts durs et contreforts arrières « cuir « , ailettes « cuir ».
Les peausseries: Premier Choix classé A des Tanneries du Puy. Quantité très, très limitée!
Le cahier des charges mis au point est un vrai truc de rêveur! »
Cheers, HUGO





2 commentaires
Cher PG,
Merci pour les précisions sur le modèle, encore une fois vous excellez par le détail et le soin que vous portez au contenu de cet espace d’échange.
D’ailleurs votre travail soulève en moi certaines questions quant à la qualité éditoriale de certains magazines prétendus spécialisés (citons « Pointure » plus particulièrement) qui ont commis le sacrilège d’oublier ce modèle…
En vous remerciant,
King Richard
Bonsoir,
le problème de la presse écrite dite de « mode » n’est pas uniquement, à mon sens, un problème rédactionnel. C’est plutôt un problème de « conflit d’intérêt » évident entre le besoin de ces magazines de gagner de l’argent avec la publicité et leur liberté de ton. En gros les magazines doivent souvent « ménager » leurs gros annonceurs et ne peuvent que très rarement donner un point de vue qualitatif objectif sur les pièces (vêtements ou souliers) qu’ils chroniquent sous peine de perdre des annonceurs souvent indispensables à leur survie. Ainsi sur le dernier numéro de « Pointures », on reste médusés devant certaines bizarreries comme une double page sur Bally et l’absence de toute page sur Pierre Corthay… C’est aussi la raison pour laquelle les blogs de bonne qualité (comme, je l’espère, celui-ci) se développent aussi rapidement car ils n’ont pas ce type de conflit d’intérêt à gérer (même s’ils sont souvent, comme c’est le cas de PG, l’objet de toutes les sollicitudes de la part d’annonceurs en mal de prescripteurs). PG est et restera indépendant. C’est sans doute sa principale qualité. HUGO