Parisian Gentleman


Eloge de la couleur verte

by hugoparis

Gentlemen,

je remarque depuis longtemps que la couleur verte est une couleur particulièrement mésestimée dans les mises des élégants. En effet, comme nous avons tous pu le constater, le vert reste une couleur très rarement utilisée tant dans la chemiserie que dans les cravates.

Pourtant cette couleur offre un vrai potentiel en termes de possibilités de coordination et d’originalité, tout en restant tout à fait « portable » et discrète et donc adaptée à quasiment toutes les situations.

Personnellement, j’en ai fait, petit à petit, l’un de mes signes distinctifs et j’aime vraiment porter cette couleur que ce soit dans des occasions « business » ou dans des circonstances plus formelles.

Pour illustrer mon propos, voyez ci-dessous une photographie de ma personne prise hier sur les Champs Elysées par l’un de mes amis.

Je suis vêtu d’un costume Bespoke gris (Cifonelli) droit à deux boutons, d’une chemise mesure Courtot à fines rayures vertes et col « tab collar », d’une cravate Charvet verte unie à rayures verticales et d’une paire de Corthay Belphegor (en prêt-à-chausser) patinée avec quelques reflets vert olive.

Merci de noter cependant, que la couleur verte de mon paquet de cigarettes est totalement fortuite !

Cheers, HUGO


Cet article est également disponible en : Anglais

26 commentaires

G.Bo — 16 juin 2011 16:18

Bienvenu au…club (« ;)
Depuis toujours je suis un adorateur de cette couleur. Aux multiples sens d’ailleurs.
Comme toi, Hugo, je me plais à mêler des verts « anglais » à des gris. Je joue d’avantage avec les chemises en ce qui me concerne… et les pochettes.
Pour les tenues plus « sport », le vert est aussi à son/nôtre avantage.
A bientôt,
G.

tristan — 16 juin 2011 16:40

Je suis fort de votre avis, le vert est une couleur peu portée et on ne peux plus sous-estimée. Il en existe très peu dans le près à porter et c’est à déplorer. Je me permet de vous dire que votre tab collar blanc contrastant avec le vert donne un résultat d’une élégance toute particulière.

leica — 16 juin 2011 17:31

Bonjour,

Je suis tout à fait d’accord avec vous : cette couleur est peu portée, possède de nombreuses nuances (du vert céladon au vert empire des portes de l’hôtel de la Païva derrière vous), et peut se marier parfaitement avec le marron clair, le gris, le rouge (évidemment) et certains orange. J’ai récemment vu porté un pull vert anis avec une veste veau velours marron foncé : un ensemble parfait d’une élégance tout italienne. Merci pour cette note -colorée- d’espoir -symbolique.

Leica

PS : encore toutes mes félicitations pour votre blog et votre travail éditorial.

scavini — 16 juin 2011 21:17

J’aime le vert, évidemment ;)

Toukandèle — 17 juin 2011 12:05

Le vert peut être connoté négativement par les superstitieux, c’est aussi la couleur de l’Académie Française !
Jeune (< 30 ans) j'en portais souvent, et avoue n'y revenir que pour les chaussettes (bonne alternative au bleu marine), et fonds ou motifs de cravates.
Y repenser en parka ou pardessus…

hugoparis — 17 juin 2011 14:41

La superstition sur la couleur verte est surtout célèbre dans le monde du théâtre où il est encore de très mauvais aloi de porter cette couleur. La raison, assez peu connue, est qu’autrefois, l’Arsenic entrait dans la composition de cette teinte et qu’avec la transpiration sur scène, certains comédiens décédaient à cause de ce poison qui entrait en contact avec l’épiderme. HUGO

JC — 17 juin 2011 17:42

Hugo, votre mise est impeccable -comme toujours- mais je ne peux résister à partager avec vous un extrait de film auquel je repense à chaque fois où l’on me parle de cravate verte : http://www.youtube.com/watch?v=JjdexvvI1xw

N’y voyiez aucun point commun avec vous, bien sûr.

Toukandèle — 18 juin 2011 13:55

@ JC : Ah! Ah! très bon l’extrait du « gros c – n avec une cravate verte » je ne connaissais pas ce film.
Maintenant, attention, des « gros c – ns » avec de beaux costumes, de beaux souliers, ça court les rues (« Un grand l’air c – n, si la connerie se mesurait il serait à Sèvres, comme mètre-étalon… » Michel Audiard – Le Cave se rebiffe)
Ne mesurons pas ce degré là à la mise sartoriale, quoique certains auteurs (comme notre hôte) nous permette de nous améliorer sur ces sujets.

Nestor — 18 juin 2011 20:42

Bonjour Hugo,
Très belle tenue en effet. Pourriez-vous donner plus de détails sur le tissu de la chemise choisi chez Courtot?

hugoparis — 20 juin 2011 19:29

Bonjour, à vrai dire je n’ai pas en tête la référence de cette popeline très qualitative car je commande mes chemises chez Courtot par plusieurs exemplaires. Je vais donc demander à Cydonia Courtot les références exactes du tissu de cette chemise qui est devenue l’une de mes préférées (parmi les très (trop) nombreuses que je possède) et je vous tiendrai au courant. HUGO

Tomo — 21 juin 2011 02:38

Messieurs,

C’est un plaisir de partager des points de vue à propos de l’élégance. Le vert est très sous-estimé en effet. A travers toutes ses gammes il peut être porté par tous. Le vert profond, que Cardin employait jadis, n’a rien à envier au bleu roi. Il se marie fort bien avec le velours, et passe pour original dans notre univers sartorial où le bleu et le noir sont rois…

Cordialement,

Tomo

Nestor — 21 juin 2011 13:11

Merci beaucoup Hugo, j’attend impatiemment votre réponse.

hugoparis — 22 juin 2011 13:31

Comme promis, voici les détails du tissu de cette chemise Courtot : il s’agit d’une popeline anglaise de la maison Ringhart, 100/2 (double retors donc) d’un poids de 105 grammes. HUGO

Nestor — 23 juin 2011 09:41

Merci beaucoup Hugo.

Phil — 28 juin 2011 06:39

Puisque vous vous esbaudissez du peu de crédit que l’on accorde au vert, je vous conseille à tout hasard la lecture passionnante de ceux des nombreux ouvrages de Michel Pastoureau relatifs aux couleurs, rayures et symboles, du moyen âge à nos jours.
Outre que l’on s’y instruit, on n’y lit jamais le mot sartorial – ou alors en anglais dans le texte.

hugoparis — 28 juin 2011 09:37

Dont les racines sont italiennes : Sartoria. HUGO

Phil — 28 juin 2011 14:45

Le fait que nos amis anglophones soient friands de néologismes, est bien connu. Qu’ils ajoutent la lettre L à la fin de chaque mot qu’ils ont la paresse de traduire ne nous autorise pas forcément à y ajouter un E.
Entendons-nous bien : j’adore ce blog, que je lis régulièrement et qui fourmille de bons conseils prodigués sur un ton qui n’est empreint d’aucune aigreur. Ce qui mérite d’être souligné, tant le fait est rare.
Il m’a toutefois fallu un certain temps pour déterminer ce que signifiait précisément ce terme, employé à tout bout de champ. Mon dictionnaire ne m’a été d’aucune aide, et il a fallu que je sorte le Collins pour en trouver une définition.
Mais baste. Il doit bien y avoir des anglais qui pestent quant ils entendent rendez-vous au lieu d’appointment.
Je propose d’enterrer là cette polémique.

hugoparis — 28 juin 2011 15:09

Oh, il n’y a pas de polémique particulière sur le sujet… Il se trouve que le mot « francisé » est plus proche des idées que nous défendons ici (puisque la racine est latine : « sartorius » qui décrit ce qui est relatif au travail du tailleur et plus tard « sartor » qui veut dire tailleur) que la traduction française normale qui devrait être « vestimentaire » (concept beaucoup trop générique). Ceci explique la liberté que nous prenons avec ce terme. HUGO

loïc — 30 juin 2011 22:17

Merci pour cette article, je fais moi aussi partie des amateurs de vert. Cette couleur est je trouve la plupart du temps délaissée et mal utilisée: alors qu’il existe de nombreuses nuances comme le disait Leica, les rares fois où elle est utilisée dans le prèt-à-porter c’est dans des teintes de lui rendant pas justice! C’est pour moi une couleur élégante et pouvant être très masculine suivant le vert choisi. Mes félicitations pour cet ensemble qui montre que la cravate verte n’est pas seulement réservée aux hommes politiques irlandais!

Antoine de Tyssandier — 30 juillet 2011 13:27

La chemise tab collar est à tomber…
Le vert se prête à de multiples combinaisons, la cravate aurait surement bien rendu sur la même chemise avec des rayures corail, façon de dire que le vert est loin d’être insipide en matière de vêtement.
(Berluti fait des patines vertes de toute beauté, certes plus prononcées que celle de ces Corthay…mais c’est le but du jeu!)

andrei — 11 août 2011 10:36

A la fin des années 80 et au début des années 90, je croisais souvent dans la rue et dans les magasins des constumes vert foncé ou vert boteille. Depuis, cette couleur a été injustement négligée. A l’époque, je portais un « vert bouteille » accompagné généralement d’une chemise blanche à fines rayures vertes espacées, et de chaussures marron foncé. Aujourd’hui, j’ai un costume d’été vert clair de chez Bennavita, dans un très beau tissu super 120, veste cintrés à deux boutons.

Matsya — 30 août 2011 18:50

Bonjour,

Peut-être que je me trompe, car la photo pourrait être trompeuse, mais j’ai l’impression que l’élément principal d’un gentleman soit absent ! Vous ne semblez pas porter de montre.

Cordialement

-MATSYA-

hugoparis — 30 août 2011 19:12

Exact, mais pour tout vous dire, je ne porte jamais de montre. C’est mon choix personnel. je dois avoir un rapport au temps un peu perturbé… Hugo

Matsya — 30 août 2011 20:50

Comme tout amateur de belles mécaniques, je ne pourrais jamais m’en passer. Quelque soit ma tenue.

-MATSYA-

hugoparis — 30 août 2011 20:52

Je comprend fort bien. Hugo

Andrei Caudray — 27 octobre 2011 16:29

La montre n’est pas l’élément principal du gentleman, mais son accessoire principal. Suivi par les boutons de manchette, bien entendu.
Cependant, je comprends très bien l’attitude de Matsya, étant moi-même un grand amateur de belles montres. Actuellement, je porte une Frédérique Constant de la collection Chopin : plate, pas trop grande et d’un très grand raffinement (et assortie à mon alliance, bien sûr).

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