« Pas un temps à mettre une Berluti dehors… »
by hugoparis
Gentlemen,
comme vous le savez sans doute, je fais partie des amoureux des souliers depuis de très nombreuses années et je me revois encore, il y a 20 ans, en train de rêver le dimanche devant la vitrine de la boutique historique de la maison Berluti rue Marbeuf. A cette époque, une paire d’Alessandro, splendide escarpin à lacets - selon moi LE modèle emblématique de Berluti, – était totalement inaccessible pour ma bourse et j’ai du attendre une bonne dizaine d’années supplémentaire avant d’enfin pouvoir toucher le « graal » et m’offrir ma première paire.
Comme vous le savez sans doute également (si vous suivez PG), je fais partie de ceux qui continuent à respecter cette maison car elle fût indiscutablement à l’origine du regain d’intérêt des hommes pour les beaux souliers (à une époque où nous avions peu de choix entre Weston, Church’s ou John Lobb, voire Bowen pour les bourses plus modestes comme la mienne), même si certains connaisseurs ont noté, à raison, un double phénomène qui ne plaide pas en faveur de cette institution du beau soulier masculin : une baisse indiscutable de la qualité globale des produits et, à l’inverse, une envolée assez stupéfiante des tarifs…
Mais à ce double phénomène assez inquiétant, est venu se rajouter depuis quelques années un problème qui a tendance à s’amplifier et que tous les propriétaires de Berluti ont, malheureusement, expérimenté un jour ou l’autre à leurs dépends : l’extrême fragilité des produits et surtout leur tendance à véritablement « prendre l’eau » à la moindre petite goutte tombant du ciel (je ne parle pas ici de déluge, mais d’un sol légèrement humide).
J’en parlais récemment avec certains amis qui, pour la petite histoire, ont désormais pour habitude, dès qu’il pleut (même très légèrement), de dire, comme une boutade, qu’il ne s’agit pas « d’un temps à mettre une Berluti dehors »…
Ayant moi-même expérimenté cette impression détestable d’avoir les pieds trempés dans une paire de souliers à 1500 euros, je me demande donc bien pourquoi Berluti ne réagit pas à ce problème récurrent qui fait que de nombreux amateurs (dont certains très attachés à cette maison) sont en train de chercher chaussure à leur pied (sec) ailleurs…
Le plus « triste » dans cette histoire est l’explication totalement inconséquente donnée par les vendeurs maison (notamment bd St Germain) qui expliquent, avec beaucoup d’aplomb, que cela vient du fait que le cuir – exceptionnel osent-ils rajouter – n’est pas traité avant la patine personnalisée… Explication bien fumeuse pour un problème se situant sans aucun doute plutôt du coté du montage Blake que du côté du cuir…
Encore une fois, je reste très respectueux du travail de Berluti et de ce que cette maison a apporté au monde du soulier masculin. Mais franchement, cette baisse de qualité et de fiabilité évidente est tout simplement incompréhensible.
A suivre de très près donc…
Cheers, HUGO






30 commentaires
Cher Hugo,
je ne vois dans votre article qu’une excellente raison de plus pour ne plus céder aux sirènes superficielles du prestique des marques mais de plutôt faire la promotion de petits artisans ou de petites marques, moins célèbres mais plus sincères dans leur démarche que ces » vendeurs de vent » . Il fut un temps ou Burberry, Boss et autres signifiaient quelque chose .Aujourd’hui leur qualité de Prisunic ( mais l’arrogance de leur prix ) ne doit plus nous tromper.
Bowen ou bien Loding assurent une qualité magnifique pour le prix qu’ils réclament et constituent une base de choix pour mettre un pied dans le monde des patines personnalisées.
Une Berlutti qui fait moins bien qu’un vil croquenot en mousse de la foire au chaussures, c’est tout simplement intolérable .
Une seule solution pour que cela cesse : arrêtez de les acheter ! Il reste tant de marques merveilleuses à découvrir, Guyot, Sené, George’s,Finsbury etc . A lire dans le magazine » pointures magazine » .
A quand une rubrique » quelle honte » ? ou vous pourrez conseiller les gens sur les points à éviter ( la qualité du H&M pour le prix du luxe fait main ).
Encore une fois, je ne serai pas aussi radical que vous car je pense que les « mega-marques » peuvent aussi proposer des produits de qualité. Tom Ford, Ralph Lauren Purple Label ou même Kiton (malgré les prix stratosphériques) le prouvent en matière de vestiaire. Certes les tarifs semblent parfois injustifiés mais la qualité est indéniable. Et qu’on le veuille ou non, Berluti reste, stylistiquement, une grande maison. Ou, à minima, une maison qui a vraiment compté dans le développement de l’offre en matière de souliers masculins. Mais effectivement, il y a un sérieux problème de fiabilité qui ne peut être passé sous silence. Hugo
Effectivement, on constate qu’au fil des ans, la qualité des produits proposés par des maisons de cette envergure ont tendance à baisser, cela s’explique principalement par le désir ardent d’atteindre un certain seuil de rentabilité, sous la pression des actionnaires et investisseurs. Malheureusement, il est triste de constater que le plus souvent, cela se fait au détriment de la qualité du produit final.
Le problème de Berluti ne vient-il pas du rachat par LVMH qui tente de limiter les coups (qualités) tout en faisant face à des dépenses stratosphériques (augmentation du prix). Pour ma part, même si Berluti fût une très belle maison 1500 euros une paire de chaussures en Blake c’est un peu cher et si en plus elles prennent l’eau c’est totalement scandaleux (oui j’ai l’idée saugrenue de marcher avec mes chaussures). Il a fallut se passer de Church’s il y a quelques années, je crains devoir faire de même de Berluti et de beaucoup de maison appartenant à LVMH, Yquem en tête…
A lire votre article, je constate que vous commencez enfin (je vous suis depuis l’origine de votre blog) à égratigner le navire LVMH! L’admiration souvent excessive à mon sens fait enfin place au réalisme – j’aimerais que vous disiez encore plus nettement que ce groupe est un prédateur qui, depuis plus de 20 ans, achète au prix fort des artisans de génie pour les transformer en machines à cash en leur faisant perdre leur âme (c’est ce qu’ils ont essayé de faire avec Hermès)…oui, lâchez-vous et dites-le un peu plus fort encore et votre blog y gagnera beaucoup. Et pour rester dans le domaine de la chaussure, vous pourriez évoquer l’abandon récent par LVMH de la marque Stefanobi, certainement pour un problème de positionnement (produits issus de l’usine Berluti, techniquement supérieurs -montage Goodyear- et vendus à des tarifs normaux). Persévérez, la Vérité n’est pas loin !
Pierre, je trouve votre commentaire excessif, pas tant à l’égard de LVMH, mais à l’égard de PG. Au lieu de faire des raccourcis faciles, citez moi un article (parmi les 700) dans lequel j’aurais été, comme vous l’indiquez, admiratif ou même complaisant à l’égard d’une marque de LVMH ou de toute autre méga-marque ? Puis je vous rappeler que j’ai été l’un des seuls, si ce n’est le seul, à dénoncer la supercherie de la « mesure » chez Boss ? …. Je ne suis pas, sur le fond, en désaccord avec vous, mais franchement, votre propos manque de retenue et surtout de discernement. Mais soit, nous sommes, au fond, d’accord même s’il ne faut pas généraliser. Quant à vos « conseils », je me garderai de les commenter. PG est un site (et plus un blog) indépendant et qui le restera. Hugo
Encore un fois, pas de généralités je vous en prie… Le chateau Yquem n’est pas moins bon qu’avant… Si ? Hugo
Hugo, puis je vous demander de quelle supercherie de la mesure chez Boss vous parlez ? je suis parfaitement conscient que cela constitue une question hors sujet, mais ma foi je suis curieux d’en savoir plus. Il faut dire que je ne suis pas un gran fanatique de Boss non plus …. Imposer une marge aussi exorbitante sur des costumes en construction thermocollée avec des finitions très moyennes, j’oserai même qualifier cela comme étant du vol à main armé.
http://parisiangentleman.fr/2009/10/03/la-mesure-semballe-ou-la-mesure-a-cent-balles/
M’est avis que Pierre met dans le même sac « admiration pour certains produits » et « admiration pour la marque ». Pour avoir longuement épluché PG, je n’ai JAMAIS remarqué d’admiration sans réserves pour LVMH. Cependant, j’applaudis sa lucidité au sujet du groupe et de son comportement de prédateur.
J’ai aussi une paire d’Alessandro (Olga 3 Alessandro, soyons précis, avec gravures asymétriques), depuis bientôt 3 ans. Le soulier vieillit très bien (je l’ai rapporté deux fois pour révision de patine, en même temps que d’autres travaux tel que le changement de talon, pas payé pour cette partie). Mais effectivement, c’était que lorsque je l’ai reçu que l’on m’a dit : attention, pas de pluie ! (pas de bol, c’était mon anniversaire, il pleuvait des cordes)
Donc, je regarde la météo. Idem pour Lobb !! (que l’on ne qualifiera pas de phagocyté par LVMH — et contrairement à Hugo-qui-écrit-sur-Atlantico [clin d'oeil], moi les gus comme Arnaud, comment vous dire… Dire que leur file plein de fric, ça me déprime)
En revanche, contrairement à mes Lobb, j’ai eu la désagréable surprise, une fois, d’avoir une cloque (manifestement une goutte d’eau après un lavage de mains) : le cuir n’absorbe pas l’eau comme sur du Lobb (où l’on obtient… une tâche, mais en repassant de la crème dessus comme il faut, ça disparaît). Bon, repassé à l’atelier, le soulier est revenu tout neuf et patiné. Et le service est toujours topissime, faut-il ajouter.
OK, ça coute un bras. M’enfin, ça reste unique… (utilisation normale d’une berluti, selon le mode d’emploi : je sors du taxi, je marche sur de la moquette rouge, je repdrends le taxi — personnellement, je cours avec après le RER)
(et attention, l’astuce du jour : les galoches en caoutchouc de Lobb s’adaptent parfaitement aux Alessandro, pour les jours où la pluie se fait menaçante)
(ah, s’il faut râler sur un truc, vraiment, c’est le Topy à la place cu crêpe comme patin anti-flotte : ça c’est moche et cheap — alors que le travail de cordonnerie est très bon dans l’ensemble)
J’ai également une cloque sur le bout d’une Alessandro, mais irréparable de mon coté. Un jour de pluie où je n’ai pas pris le soin de regarder la météo. Pour le prix, Berluti pourrait nous offrir en bonus une appli Ipad de prévisions météo non ? Hugo
Mr Hugo,
Au-delà du bon mot avec votre dernier commentaire, peut-être avez-vous sans le vouloir mis en lumière la dernière évolution du vestiaire masculin. En effet, la mode masculine a définitivement rejoint la sophistication de la mode féminine puisque nous avons maintenant ces articles légendaires: Des chaussures avec lesquelles on ne doit pas marcher!
Je me rappelle encore ma perplexité lorsque ma Britannique épouse m’a expliqué le terme de « Limo shoes ». Il semble que vous ayez trouvé vos « chaussures Ferrari », pour franciser l’expression…
Je suis déçu à l’idée d’apprendre d’une faible qualité (en ce qui concerne la pluie) pour Berluti. Aimant beaucoup les très belles chaussures, je me pose la question au sujet des Pierre Corthay. Sont-elles de qualité « suffisante » ? J’adore les Arca ou les Wilfrid, et j’ai remarqué Hugo que vous portiez des Arca, je suppose qu’elles sont d’une très bonne qualité !?
Hugo,
Il s’agit ici d’un commentaire totalement hors sujet mais comme, vous avez posé une question par rapport à mon commentaire, je me permet de vous répondre. Le prix du Yquem s’est enflammé de manière exponentielle depuis le rachat par LVMH, sans assurer forcément un suivi qualité avec une forte impression que la qualité a été mise de coté au profit du rendement. De plus, je m’associe aux commentaires précédents sur l’appétit des grands groupes du luxe. Je ne vois pas comment peut-on associer artisanat et production de masse, de plus s’ajoute une logique financière de rationalisation des coûts.
Oui, tous les amateurs vous le confirmeront. Montage Goodyear irréprochable tout en proposant des lignes très fines. Hugo
C’est bien la raison pour laquelle je n’ai jamais acheté de Berluti et que je n’en achèterai jamais. J’habite dans un pays à la pluviométrie assez impressionnante, ce qui rend toute sortie avec des Berluti plutôt risquée.
Je reste fidèle à Altan, Carmina et Edward Green qui pratiquent des tarifs moins élevés et ont une durabilité bien supérieure.
Hugo, merci pour votre réponse si rapide au sujet des Pierre Corthay.
@Hugo: iBerluti ! ^^ Bein personnellement, sur mon Android, j’ai une appli qui me donne la météo de la journée minute par minute : indispensable ! Même problème pour certains chapeaux, en fait, certains peuvent mourir rapidement sous l’eau.
Ceci dit, je me suis déjà pris une saucée sur 50 mètres (un jour que je retournais de la cité de la musique vers 1h du mat’ : pas prévu de regarder la météo pour si loin…), et ça l’a bien vécu, aucun dégât à déplorer.
Chez Lobb, on m’a raconté qu’un client avait acheté une paire et était revenu le lendemain alors qu’elle était totalement ruinée : il avait marché… dans la neige. Faut faire gaffe avec ces bêtes-là !
(d’ailleurs, je me demande comment Berluti — ou même Lobb — peut vendre à Londres et à Singapour, avec une pluviométrie totalement aléatoire…)
La qualité de la chaussure c’est une chose, mais l’entretien c’en est une autre, tout aussi importante.
Cirer au moins hébdomadairement ses souliers les aide à ressortir victorieux de l’affrontement avec les éléments déchaînés.
Mes six paires de Bexley ont à peine pris un peu de patine, malgré tout ce qu’elles ont pu endurer (depuis une dizaine d’années pour certaines) ! De bonne qualité et bénéficiant d’un design tout à fait dans l’air du temps, ces chaussures ne sont certainement pas sartoriales, mais restent très belles et confortables.
Lecteur assidu de PG, je me permets d’intervenir concernant Berluti, dont ce billet confirme ce que j’avais pu observer chez des amis possedant des souliers de cette maison, ou celles de quidams que j’ai pu croiser: la tenue dans le temps de la patine est lamentable.
Par contre, je ne savais pas qu’elles se transformaient en Titanic en cas de pluie, et que leur cuir cloquait a la moindre goutte d’eau.
Personnellement, je trouve cela tout simplement inacceptable a ce niveau de prix. Certes, les lignes sont superbes, mais comment peut-on justifier d’une qualite de fabrication aussi mediocre sur des souliers a EUR 1,500? Je possede des modeles de chez Altan, Carmina, Crockett & Jones, John Lobb, Edward Green, Marc Guyot, Heschung, qui m’ont coutees une fraction du prix d’une paire de Berluti et jamais, au grand jamais, je n’ai eu ce genre de souci. Meme sur des Altan en montage Blake que j’avais paye EUR 300
patine comprise.
Honnetement, je hurle de rire en voyant que Berluti a ouvert une boutique a Singapour, ou je reside. Les pluies y sont frequentes et diluviennes. J’attend avec impatience les reactions des clients ayant depense une petite fortune pour s’offrir le soi-disant must de la chaussure europeenne, et qui vont pouvoir les jeter a la premiere grosse pluie.
Par contre, les Corthay distribuees a Malmaison, le concept store de the Hour Glass, me font fortement envie…
Est-ce que les heureux propriétaires de souliers Lobb pourraient préciser en quoi ils comparent leurs chaussures à des Berluti ?
J’ai quelques paires de Green – dont je suis particulièrement satisfait, tant de la chaussure que de l’après service – et j’envisageais dans un proche délai d’essayer la maison d’en face justement. Je suis inquiet de vous voir comparer l’objet de mon désir à celui de mes cauchemars ; je n’ai jamais aimé les Bertuli, mais j’ai toujours été fasciné par Lobb.
Et ce n’est pas la lancement d’une ligne de pret-à-porter de luxe qui arrangera les choses chez Berluti!
Gentelmen, pour revenir sur le sujet LVMH, ce qui a été dit est tres vrai, c’est un prédateur. Un aspect n’a toutefois pas été abordé dans les commentaires, il s’agit de leur horrible tendance a favoriser un renouvellement du staff dans les marques controllées par le groupe. Il semble que dans leur logique il soit bon de virer les cadres une fois tous les 3 ans pour recréer du neuf à partir du vieux et rafraichir les marques. Cela pose un problème en terme de continuité de management et de controle sur le developement des produits. Si on ajoute cet aspect là la course à la rentabilité qui caractérise ce genre d’hyper structure, on comprend pourquoi il ne faut pas acheter leurs produits.
Pour finir je ne peux m’empécher de vous parler de sous traitance. Les marques appartenant à ce type de groupe ne font plus finalement que du brand management, la production est majoritairement sous traitée et n’a plus rien à voir avec l’artisanat de luxe. Leur département production est en fait un département de sourcing et controle qualité.
Un bon exemple pour comprendre la situation est de comparer ces prétendues marques de luxe au business model de Nike. Une miriade de fournisseur en externe et de l’executif bureaucratique en interne.
La délocalisation bat son plein et se développe en Chine pour ces grandes marques comme pour les autres.
Travaillant dans ce secteur d’activité j’ai découvert avec horreur une réalité bien pire que ce que j’imaginais.
Concernant Berluti, je confirme – malheureusement – qu’elles ne supportent pas la pluie. Néanmoins je ne partage pas certaines critiques:
- il ne me semble pas que la qualité se soit détériorée (pas depuis 12 ans en tous cas): hormis la vulnérabilité à la pluie, je les trouve plutôt plus résistantes qu’avant. Par ailleurs le service (sav, peausseries sur commandes,…) s’est enrichi. Et c’est bien post rachat par LVMH que la marque a crée ses plus beaux modèles (Démesures, pour ma part), a démultiplié la gamme. Je trouve même étonnant que la qualité ne se soit pas détériorée quand les quantités et le nombre de modèles ont tant explosé.
- Berluti est pour les pays secs, on aimerait qu ils passent en goodyear, avec des cuirs autres, mais eux avancent que seul ce cuir permet de travailler autant les patines…Stefanobi, Corthay sont des alternatives plus solides, mais moins variées et pas (autant) axées patine. Atlan me semble être une alternative intéressante (construction, élégance, patines, prix), je me demande juste si à leur prix, certes facilité par des budgets pub inexistants, on peut s’attendre à des qualités de cuir satisfaisantes pour les inconditionnels que la plupart d’entre nous sommes (feedback de clients Atlan welcome).
- pour ce qui est des cloques, j’en ai avec toutes les marques, mais peut-être les tolère-t-on plus visuellement sur une paire de chaussures noire à l’allure robuste, que sur un modèle Berluti, plus cher, à la ligne plus délicate et patinée.
- la qualité du prêt à porter chez Lobb s’est sans doute maintenue post rachat par hermès, mais je trouve que la marque à perdu en style en devenant moins english et plus américain dans un premier temps, puis dans un style rattrapage en s’inspirant qq peu de nouvelles tendances, plus jeunes notamment.
A ceux qui ne comprendraient pas que l’on achète Berluti autrement que par snobisme, j’avancerais que les autres acheteurs y trouvent quelque chose qu’ils ne trouvent pas ailleurs, pour ma part, une ligne, des bouts, une richesse de patines et quelque chose de magique, qui font que tant que j’en aurais les moyens, je continuerais d’en acheter, malgré les lacunes constatées.
Hugo,
Je ne suis pas d’accord avec vous lorsque vous soutenez que la qualité des souliers Berluti est lamentable ou en baisse. L’usine n’a pas changé ses techniques de fabrication depuis des lustres et ce que vous disent les vendeurs est vrai!
Le cuir est effectivement un cuir exceptionnel, et contrairement à des cuirs d’autres marques comme Lobb ou Weston il n’est pas traité! Le cuir traité (qui leur garantie une relative étanchéité) ne permet pas d’obtenir la profondeur des patines caractéristique de la maison.
Lorsque l’on achète une paire de Berluti, on achète l’originalité d’un modèle et une patine particulière; point barre. L’on achète pas une paire de Berluti de Lobb ou de Weston pour les garder intactes advitam aeternam ou pour marcher avec comme si vous portiez des sneakers.
La où je vous rejoins totalement c’est pour la construction Blake inadmissible pour des souliers aussi chers.
Merci pour ce commentaire qui vient apporter un éclairage différent au sujet. En revanche, je suis perplexe devant votre certitude concernant l’usine et le fait qu’elle n’ait pas changé ses techniques de fabrication depuis, je vous cite, « des lustres ». Les informations qui circulent dans le – petit – monde des initiés tendent à prouver exactement l’inverse et notamment que les souliers ne sont plus exclusivement fabriqués dans l’usine Stefanobi mais qu’ils sont désormais montés légèrement plus à l’est… Ceci étant, encore une fois, je suis et resterai (comme indiqué dans l’article) un admirateur de cette maison et surtout de ce qu’elle a apporté stylistiquement à l’univers des souliers masculins. Ne soyons pas amnésiques. Hugo
Comme pressenti, Berluti a sorti qq pieces de vetements , un blouson en cuir bleu, classique, de belle facture, de la maille bleue, en vitrine de la rue Marbeuf. Avec Kiton en face, cifonelli, Canali et bientot Tom Ford, la concurrence risque d’etre rude, pour des articles aux coupes assez similaires. Pour se demarquer, esperons que Berluti permettra les commandes speciales pour le choix des peausseries et des couleurs.
Messieurs, si je puis apporter un peu d’eau à ce moulin (ou fil de discussion). Méfions nous avant tout des rumeurs souvent infondées: je parle bien évidemment des lieux de fabrication. Le lieu unique de fabrication de cette maison se trouve à Ferrara, Italie. Ancienne fabrique détenue alors par Stefano Branchini, rachetée par le groupe peu de temps après le rachat de la rue Marbeuf, donc vers 1993. Depuis, agrandie (très agrandie, puisque dupliquée juste à côté, peut-être à l’Est mais alors à 400 mètres seulement), améliorée, cette usine a un savoir-faire que peu d’usines ont dans le monde. Pour ce qui est des peausseries utilisées, elles sont loin d’être au rabais, elles proviennent de la tannerie Nuova Osba, italienne et l’une des plus onéreuses. Le problème de comportement est essentiellement dû au choix qui a été fait de privilégier une peausserie à tannage végétal, plutôt que chrome ou aniline. Afin d’obtenir les patines les plus spectaculaires et en fortes quantités, un veau végétal de couleur très très clair sera l’idéal. En revanche pour résister à des pluies régulières, ça le sera nettement moins. J’ai eu, dans le passé, l’occasion d’observer des Warhol en Box-Calf Bergeronnette dans le temps, et ils se comportaient extrêmement bien. Ensuite, sans jeter la pierre au montage Blake, puisqu’étant fan moi-même, il faut reconnaître que le Goodyear sera forcément plus endurant en climat humide. Si leurs semelles ont tendance à prendre l’eau trop facilement, il serait judicieux de se rapprocher de la tannerie qui fournit le cuir à semelle afin d’en augmenter la densité. Pour ce qui est des cloques sur les bouts, cela vient souvent de l’humidité qui se place entre la fleur et les différentes couches de cirage. L’ayant déjà observé sur des Green ou Lobb de l’époque, utilisant des Box Calf du Puy irréprochables, ce phénomène désagréable n’est hélas pas à imputer à une quelconque mauvaise qualité de peausserie. Un peu comme les traces blancheâtres après une rencontre avec de la neige polluée d’hydrocarbures. Je ne me fais nullement l’avocat du diable, j’essaie juste d’apporter un peu d’objectivité dans un sujet qui est souvent subjectif. Certains sont horrifiés par des tarifs sans cesse en hausse, d’autres sont des fans incontestés. Un produit qui déchaîne les passions et leur inverse, est un produit qui existe. En cela, ç’est extrêmement réussi!
Merci Mister MG pour ce commentaire éclairé et éclairant. Ceci étant, puis-je me permettre de rajouter que je n’ai jamais eu de problème de pieds humides dans les souliers montés en Blake achetés dans d’autres maisons et, singulièrement, chez vous ? Hugo