Eloge du contraste
by hugoparis
Gentlemen,
non, il ne s’agit pas d’un énième article sur la diversité et la richesse des contrastes dans une culture, mais plus prosaïquement d’un éloge des chemises proposant des cols et/ou des poignets contrastés.
Depuis quelques mois, je dois avouer être devenu un fervent adepte de ces chemises qui me semblaient pourtant, de prime abord, plutôt réservées à une « caste » de financiers ou de banquiers, un peu à la manière d’un vestige vestimentaire d’une lutte des classes d’un autre temps.
Ces considérations sociologiques mises à part, je trouve qu’un col et des poignets contrastés (BLANCS uniquement) confèrent à nos chemises un véritable petit « plus », permettant d’ouvrir un champ de possibilités de coordination plus large et un « supplément d’âme » indéniable.
Evidemment, lorsque je parle de contraste et de chemises plus typées , je ne parle pas de toutes ces horreurs qui fleurissent depuis quelques années dans toutes ces boutiques de mauvais gout proposant des cols surdimensionnés avec une multitude de boutons carrés, des « gorges » contrastées avec des motifs floraux, voire, pire, des intérieurs de cols à motifs madras tape à l’oeil et vulgaires.
Non, je parle ici de chemises classiques (Bespoke ou Pap de qualité), discrètes, fabriquées dans les règles de l’art et proposant des cols contrastés blancs. Il est d’ailleurs intéressant de noter que depuis peu, même les motifs réputés plus « casual », comme les carreaux Vichy par exemple, sont proposés avec cette option (ce qui, soit dit en passant, était encore impensable pour les britanniques il y a encore peu de temps. Un col et des poignets blancs sur un motif Vichy, « are you serious ? »)
Pour ma part, ma préférence va nettement au « double-contraste » (col ET poignets) avec un très net penchant (très personnel) pour les poignets simples (sans boutons de manchettes donc).
Voici, ci dessous, quelques beaux exemples – avec des motifs et des types de cols très différents – issus de la vénérable maison Sean O’Flynn, chemisier Bespoke londonien installée sur Sackville Street, à deux pas de Jermyn Street.
Vive le contraste !
Cheers, HUGO









7 commentaires
Bonjour Hugo,
Votre article me rappelle de beaux souvenirs ! En 1990 ou un peu avant, j’avais acquis une chemise contrastée (rose, avec le col blanc) chez feu Marks and Spencer Opéra, à Paris. Au prix de 139 FF (si ma mémoire est bonne),
lavée environ 200 fois exclusviement en machine , elle a duré jusqu’à l’été 2011 ! Mais, en vieillissant, je deviens de plue ne plus austère dans mes goûts vestimentaires, et manifeste une préférence appuyée pour les chemises blanches. J’ai eu cependant un pincement au coeur en offrance cette belle chemise au Secours Populaire : les traces d’usure étaient encore discrètes, et puis je l’avais portée le jour où j’ai rencontré ma future épouse…
Cordialement,
Andrei Caudray
Excellent article encore une fois. Je suis moi même à la recherche des chemises en double contraste et avec étonnement peu de marque en pap en proposent.Connaissez vous donc des adresses.
J’ai vu sur le site de M.Guyot, mais les chemises sont disponibles en coupe droite seulement, et aimant porter mes chemises cintrées je pense que ça n’ira pas. Seule solution, se tourner vers la grande mesure?
Je vous souhaite une bonne continuation, merci pour ce site tout bonnement grandiose.
Bonne fêtes à tous.
Les tailleurs et chemisiers de Savile Row ont une longue tradition des contrastes, Turnbull & Asser, Gieves & Hawkes….pour ne citer que ces deux parmi les plus importants.
Bien vôtre
A.
Bonjour Gentlemen,
Pour votre information cher Henri, Loding proposait en boutique un ou deux modèles sobres et de bon gout ( coton d’égypte, double fil retors, modèle identique à la photo 2 ) avec col contrasté ( et finition soit slim soit regular ) .J’ai acquis ces modèles il y a quelques années et le rapport qualité prix ( à peine 50 euros !!! ) me surprend encore aujourd’hui . Sachez que Charles Tyrrwhitt propose également un ou deux modèles avec col contrastant ( qualité un peu moindre à mon gout ).
Bonjour,
Pour répondre à Henri : le cintrage d’une chemise dans un atelier de retouches revient à environ 25 €. J’ai fait « slim-fitter » récemment quelques belles chemises un peu larges, et n’ai qu’un seul regret : ne pas y avoir pensé plutôt !
Cordialement,
Andrei Caudray
Intéressant : je porte depuis 1990 également une chemise de ce type et durant toutes ces années où je me croyais ringard et dépassé, finalement, les modes tournent et de ringard je vais vite me retrouver avant-gardiste…
Cher Gianni,
Effectivement, les grands esprits se rencontrent !
Mon père à dû garder dans son dressing quelques costumes plus âgés que moi (c’est à dire, datant des années 60). Avec leur coupe près du corps et la veste à deux boutons, ces costumes sont tout à fait à la mode ! Je suis certain qu’il pourrait les porter à nouveau…
Cordialement,
Andrei Caudray