Parisian Gentleman


guidepg.com

Le Guide PG des Maisons de Qualité

« L’affaire » du petit pan de votre cravate

by hugoparis

Gentlemen,

il y a quelques mois, j’ai partagé avec vous une vidéo intéressante (dont revoici le lien : Knot it like an Italian) qui venait pour le moins « bousculer » certaines habitudes en matière de port de cravate et qui, d’ailleurs, était parfaitement en phase avec un autre texte de Michael Drake publié dans ces colonnes qui disait:   »La longueur de votre cravate est un autre puissant révélateur. Dans le meilleur des mondes, l’extrémité de votre cravate devrait effleurer le haut de votre ceinture et les deux pans devraient être parfaitement de la même longueur. Et si cela n’est pas réalisable, alors il est nettement préférable que le petit pan (« the tail ») soit légèrement plus long que le pan de devant. »

J’ai personnellement testé cette façon de porter la cravate (donc en faisant en sorte que le petit pan soit légèrement plus long que le grand) et je dois avouer que cela me plait beaucoup, même si cela me vaut, de temps à autre, des regards étonnés voire des remarques teintées d’incompréhension.

Voici, pour « clôturer » temporairement le débat sur le sujet, une photo du légendaire Gianni Agnelli qui avait, pour sa part, adopté cette manière un rien nonchalante de porter ses cravates.

Chez PG, nous trouvons que ce petit « détail » fait vraiment la différence…. si tant est que vous soyez en mesure de l’assumer.

L’élégance étant un chemin et pas une destination, il nous incombe donc à tous de « tenter » des expériences nouvelles afin de progresser dans notre quête perpétuelle de style personnel. Cet exemple en est une excellente illustration.

Cheers, HUGO

 


Cet article est également disponible en : Anglais, Italien, Espagnol

15 commentaires

Stefano S. Ben Gouchach — 15 février 2012 14:55

« L’élégance étant un chemin et pas une destination, il nous incombe donc à tous de « tenter » des expériences nouvelles afin de progresser dans notre quête perpétuelle de style personnel. »

Parfaitement d’accord, j’oserai dire que l’élegance est ἄσκησις continue!

Stefano

Gilles Samuel — 15 février 2012 16:03

Testé et adopté depuis quelques temps !

Borelek — 15 février 2012 19:03

Laisser, un jour de maladresse, le petit pan plus long, c’est de la sprezzatura. Nouer systématiquement sa cravate de cette manière frôle à mon avis l’affectation.

Niki — 15 février 2012 23:01

Mais…?
Mais, mais, mais…! Quelle longueur font donc ces cravates qui permettraient ceci ?
Pour moi, en configuration classique, pan large plus long, très souvent le pan fin est bien, bien plus haut que le pan large, et vole au vent, i.e. ne serait même pas assez long pour atteindre le pontet censé le retenir ‘caché’ derrière (même si, sprezzatura oblige, surtout ne pas utiliser ce fameux pontet !)… Alors de là qu’il soit plus long ? Et ce alors même que le pan large arrive bien au niveau de la ceinture, sur cette photo de sieur Agnelli…
Donc ne peut être mis en œuvre que sur une ceinture ‘mesure’ ?
Hum ?
Le bonsoir chez vous !

LM — 16 février 2012 10:46

D’accord avec Borelek.
À force de vouloir décrypter l’élégance nonchalante ou la sprezzatura nous allons tous tomber dans les mêmes gestes, les mêmes codes plutôt affectés qu’élégants.
Ceci étant non pas pour contredire le merveilleux travail d’éducation, de recherche et d’éclairage de ce cher PG mais, justement pour remettre le point sur l’importance de se « construire » un style individuel tout en connaissant les règles (et comment les transgresser).

Respectueusement,
LM

Raymond Chabichou — 16 février 2012 12:51

La cravate est et sera toujours l’accessoire le plus facilement personnalisable ! Du temps où je fréquentais encore les hauts-lieux de la sape, l’une des personnalités marquantes de Château Rouge portait sa cravate slim en tant que ceinture de pantalon. Je l’ai vu de mes yeux et pourtant j’ai encore du mal à y croire.

Eudes-Marie Hartemann — 16 février 2012 13:13

Pour répondre à Raymond Chabichou : la mode de la cravate portée en ceinture ne date pas d’aujourd’hui. J’ai vu Cary Grant (ou était-ce Gary Cooper dans Bluebeard’s Eighth wife ?) porter la cravate ainsi dans l’un de ses films des années 30, avec une tenue « de plage » (et qui chez lui se traduisait par tassel loafers, pantalon blanc parfaitement coupé, chemise col ouvert et veste de lin).
C’était une screwball comedy, j’en suis presque sûr, mais pas moyen de me rappeler laquelle…

Muskar — 19 février 2012 22:14

Borelek pose très bien le problème du sens du mot sprezzatura qui est en train d’évoluer. La sprezzatura est je crois, à l’origine, une élégance naturelle, comme allant de soi, qui s’oppose à une élégance plus guindée. Elle est donc aux antipodes de l’affectation. Il semble qu’actuellement l’affectation prenne le pas sur le naturel, particulièrement chez les italiens.

Ceci dit, je suis aussi adepte du petit pan plus long que le grand, mais cela doit rester discret.

hugoparis — 19 février 2012 23:01

Je ne peux qu’être d’accord avec votre commentaire. Amicalement. Hugo

Perceval — 24 février 2012 23:22

J’ai toujours porté le petit pan plus long, la cravate parait alors courte, effleurant la ceinture. les 2 pans deviennent actifs et animent cet espace, comme le démontre Agnelli.

David — 25 février 2012 12:45

Je suis du même avis que Borelek et aurais tendance à l’étendre à de nombreux sujets traités sur PG.
Je considère la mode masculine et certaines de ses coutumes comme une émancipation de notre quotidien vestimentaire ainsi qu’une expérience sensible et sensitive.
Cependant la lecture de certains commentaires me fait plus penser à un asservissement à ces « règles » qui en deviennent des diktats ou à des élèves studieux qui auront la meilleure note parce qu’ils auront suivi avec la plus grande rigueur tous les codes imposés, parfois sans trop savoir s’ils s’appliquent réellement à leur propre conception de l’élégance masculine.
La ligne éditoriale de PG nettement influencée par la mode anglaise, parti pris que je ne dénonce absolument pas car je déteste la prétendue objectivité et aime les prises de positions, me semble bien illustrer mon propos.
Attention à ne pas sombrer du côté « Geek » d’une rationalisation à outrance d’une démarche initialement quasi artistique.
Pour cela, mon meilleur remède est de regarder les prises de vue des Élégants italiens sur le site Sartorialist.
Une bien belle leçon d’élégance.

hugoparis — 25 février 2012 13:00

Merci pour ce commentaire. Je ne suis pas du tout d’accord avec vous sur votre jugement de notre ligne éditoriale, qui me semble très parcellaire et ne prend pas en compte des dizaines et des dizaines d’articles que nous avons consacré à la recherche de son propre style et au fait, justement, de s’affranchir des diktats d’outre-manche. Je me retrouve parfaitement dans votre commentaire, surtout dans votre deuxième phrase…. Et je suis l’exemple même d’une personne qui considère la quête du style comme une expérience sensitive avant toute chose. Et entre nous, je vous garantis que je n’ai pas une tête de premier de la classe… Hugo

marc-albert — 28 février 2012 00:22

Je suis du même avis que Borelek « Laisser, un jour de maladresse, le petit pan plus long, c’est de la sprezzatura. Nouer systématiquement sa cravate de cette manière frôle à mon avis l’affectation. »
Selon le milieu que l’on fréquente, on peut tenter parfois la sprezzatura. N’oubliez pas qu’en France on aime quand tout est sobre. Il faut tenter cela dansun milieu que l’on connait bien.
Merci pour toute ton action Hugo, ce site est un flambeau de l’élégance dans un paris qui se meurt et qui ne devient qu’endroits de l’entre-soi

Romain — 02 mars 2012 13:47

« Merci pour toute ton action Hugo, ce site est un flambeau de l’élégance dans un paris qui se meurt et qui ne devient qu’endroits de l’entre-soi » Marc-albert, je partage à 1000% !

Parisian Gentleman – La nouvelle vie de Berluti — 12 avril 2012 13:56

[...] – Le « twist » du petit pan de cravate plus long que le grand (voir notre article sur le sujet ici : L’affaire du petit pan de votre cravate.) [...]

Articles associés

Le DSM 5 : Diagnostic and Statistical Manual of Sartorial Disorders

Gentlemen, les polémiques à propos de la publication le 18 mai dernier du DSM-5 – Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, autrement dit la « Bible » pour le diagnostic des maladies dites mentales – font rage dans de nombreux média, tant la nouvelle mouture de l’ouvrage, sous l’influence évidente des habituels lobbys pharmaceutiques sur-puissants, interpelle [...]

Lire – ‘Le DSM 5 : Diagnostic and Statistical Manual of Sartorial Disorders’
spoon005_edited-11

De l’obsolescence de l’homme

Gentlemen, alors que les projets et les sollicitations autour de Parisian Gentleman se multiplient et s’intensifient (projets éditoriaux, conférences, « master-class », événements PG), je dois avouer rester surpris par l’ampleur du phénomène « sartorial » sur l’internet et par l’audience littéralement mondiale dont les sites comme le nôtre jouissent aujourd’hui. Et comme, chemin faisant, je réfléchis beaucoup aux [...]

Lire – ‘De l’obsolescence de l’homme’
En tête