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L’élégance n’est pas qu’une affaire de moyens

by hugoparis

Gentlemen,

si certains d’entre vous doutaient encore du fait que les sujets de l’élégance masculine et des moyens financiers n’étaient, somme toute, pas si liés que cela, voici à notre sens LA catastrophe sartoriale de l’année dont l’acteur principal (dans tous les sens du terme), est un homme dont nous apprécions par ailleurs énormément le talent puisqu’il s’agit de l’immense Tom Hanks.

Voici l’horreur en question, dont la photo a été prise il y a deux jours lors de la cérémonie des Emmy Awards  :coupe de la veste à peine correcte MAIS pantalon 3 fois trop grand (et beaucoup trop long), et, last but not least, des DERBYS à peine cirés pour une soirée black-tie !!

Il y a deux ans nous avions publié une photo catastrophique de Justin Timberlake que nous vous rappelons ci-dessous :

Ces deux photos nous rappellent donc que l’élégance n’est pas qu’une affaire de moyens même si, comme le disait fort justement Bo Derek (ou David Lee Roth à qui cette citation est également souvent attribuée) : « whoever says money can’t buy you happiness, doesn’t know where to go shopping ».

Peut-être devrions nous envoyer à ce cher Tom Hanks la photo ci-dessous pour lui montrer la voie ?

Ceci étant dit, un peu de fitness ne lui ferait sans doute pas de mal avant d’aller rendre visite à un tailleur… mais c’est un autre sujet.

Cheers, HUGO

 


Cet article est également disponible en : Anglais, Italien, Espagnol

21 commentaires

G. CONSTANTIN — 24 septembre 2012 14:04

Hugo,
Je commente sans commenter car que dire sur ces deux fautes impardonnables. L’aspect « baggy » est il à la mode cette automne?

Paolo Cusan — 24 septembre 2012 14:09

Tout à fait raison !!!

Tristan Faider — 24 septembre 2012 16:22

Cher Hugo,

C’est par ce post que je passe de visiteur passif de ce site à celui d’actif.

Tout d’abord, merci pour vos articles et astuces, tous aussi remarquables les uns que les autres.

Je me permets de rebondir sur le titre de votre article pour vous soumettre une idée qui, je l’espère, sera suivie.

Certes l’élégance n’est pas qu’une question de moyens. Mais l’élégance sans les moyens est quant à elle plus difficile à atteindre.

En tant que jeune indépendant, une fois toutes les charges payées, les ressources sont plutôt limitées. Mêmes s’il est incontestable que tous vos articles présentent des produits sublimes, rarement sont-ils abordables pour le commun d’entre nous.

Pourriez-vous conseiller quelques marques que vous considérez respirer bon l’élégance, tout à un prix disons plus raisonnable? A la limite, il serait drôle que vous vous prêtiez au jeu de trouver deux tenues (de travail?) avec une enveloppe modérée.

En tout cas, long live PG!

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G. CONSTANTIN — 24 septembre 2012 16:37

Tristan,
Puisque Sieur Hugo en a parlé précédemment et que j’ai eu l’occasion d’y goûter grâce un ami : Boggi est un super compromis.

Alex Sherpa — 24 septembre 2012 23:07

Money! disposer de moyens financiers permettra d’exécuter mais en aucun cas de définir. J’ai un profond respect pour celui qui exécute sans moyen, au point de nous faire croire que les siens sont illimités. Vous le croiserez plus souvent à Milan qu’à Los Angeles.
A.S.

Pierre — 25 septembre 2012 00:47

Je suis du même avis que Tristan, car, en lisant le titre de cet article, c’est à cela que je m’attendais : à une présentation de créations de PAP de très bonne facture et à un tarif plus modéré que la plupart des créations mises habituellement en avant par PG ; j’ai d’ailleurs tout particulièrement apprécié votre article concernant la capsule de Spuerdry + Timothy Everest qui allait dans ce sens.

xavier — 25 septembre 2012 15:33

Il est assez déplorable de relever que l’élégance n’est désormais plus qu’une affaire de tailleurs et de tissus. Certains sont quelques fois revenus sur l’importance de la tenue et de la beauté d’un corps, mais il s’agit bien souvent de remarques superficielles et expéditives. Beaucoup se sont bornés à croire que n’importe quel physique pouvait être élégant, que le simple fait de porter un costume sur-mesure pouvait leur apporter distinction et raffinement. En ces temps de médiocrité assumée et de consommation toujours plus accrue, personne ne semble plus se préoccuper d’une certaine sagesse. Un banal consommateur devient alors, si ses moyens le lui permettent, un consommateur de l’élégance.

Il me semble qu’un individu qui ne dispose pas d’une beauté naturelle et physique, d’une surface harmonieuse et belle en soi, ne fera à l’aide de ses vêtements, même impeccables, que de dissimuler, de tromper, de masquer son absence de grâce par une beauté superficielle.

hugoparis — 25 septembre 2012 15:47

Cher Xavier, pouvez vous résumer votre pensée ? Car même si je pense en saisir la substantifique moelle, je trouve, si je puis me permettre, que vous mélangez différents sujets. L’élégance n’est évidemment pas qu’une affaire de tissus et de tailleurs, mais d’attitude, d’éducation et de posture (au sens global du terme). A vous lire, HUGO

Pascal SOW — 25 septembre 2012 16:48

C’est véritablement dans le respect de règles fondamentaux qui pour être déjà élucidées dans le blog que l’article s’inscrit. Cher HUGO nous donne ainsi l’occasion de conforter notre analyse sur ses photos (Le gilet doit cacher la ceinture hein! la star Justin Timberlake. La faute du pantalon qu’il a simplement laisser asseoir sur ses hanches comme c’est facile). Des fautes qui nous sont strictement interdites de commettre.

Enfin, l’article parle tout à la fois, de la bonne mesure et taille de la veste et du pantalon; de l’accord veste-chemise au niveau du poignet totalement échoué chez Justin Timberlake (même pas un petit bout de chemise comme avec Tom Hanks; de la chaussure (Tom Hanks et la photo du relooking, la dernière, les Derby avec un costume???) et pour terminer, de la cravate.

Je ne sais si le code vestimentaire exigerait une cravate noire dans ces cérémonies. Mais, je trouve que ça ne donne pas d’éclat à l’ensemble qui devient du coup noir et blanc, terne, effacé. Bref, « l’harmonie des couleurs » est un des débouchés qui me porte à cœur pour cet article. J’ai par ailleurs beaucoup apprécié la série de sujets sur la maîtrise des motifs.
On reste coller aux souliers noirs alors que les boitiers ne manquent pas d’imagination en proposant divers couleurs. La vrai question c’est de savoir à quelle occasion les mettre, avec quoi pour quelle harmonie. La chaussure marron c’est pour la compagne ??? ou comment envisager les autres couleurs. C’est dans cette même démarche que je formule mes propos sur les cravates.

Certes, le choix des couleurs est un goût pour chacun, mais il conviendrait qu’il obéisse à certaines règles tout en prenant en compte que l’hiver c’est pas l’été…

En tapant « recommandations » dans la barre de recherche du blog, vous pourrez trouver des marques de souliers, chemises ou PAP à prix abordables.

Xavier — 25 septembre 2012 17:52

Je dirais simplement que l’élégance, la vraie, est innée. Le vêtement ne créer pas l’élégance mais vient sublimer une élégance déjà existante, celle du corps. Aujourd’hui, on décrète qu’un homme est élégant lorsqu’il sait s’habiller avec soin. Il y a, à mon sens, très peu d’hommes véritablement élégants. Si l’élégance ne se décrète que sur l’art de se vêtir avec soin et chez tous les tailleurs réputés, alors l’élégance devient accessible à tous ou du moins à ceux disposant de moyens suffisants.

Je pense par ailleurs, qu’un homme, qui, n’ayant pas d’autres choix que de s’habiller avec du prêt-à-porter bas de gamme, mais qui dispose d’une grâce naturelle, sera au final très élégant. Ce que je remarque, c’est que beaucoup ont tendance à croire que leurs vêtements irréprochables leur donne immédiatement accès à l’élégance.

Pour terminer, lorsque je parle de sagesse, il serait utile à mon sens de ne pas tomber dans une sacralisation et un fétichisme excessif pour l’habillement. Gardons à l’esprit que tout cela concerne aussi la consommation. L’éducation est bien évidemment une qualité essentielle. Il me semble qu’un certain « dénuement » volontaire concerne aussi cette éducation et qu’il est selon moi, une marque de grandeur et d’élégance.

hugoparis — 25 septembre 2012 17:57

C’est un long débat mon cher. Car je pourrai aussi démonter votre argumentation point par point. Mais merci pour avoir pris le temps d’exprimer votre point de vue que nous ne pouvons que respecter. Hugo

Xavier — 25 septembre 2012 18:22

J’aurais aimé avoir quelques arguments de votre part mais je ne m’étendrai pas plus longuement. Je dirai simplement et pour terminer, que je regrette qu’il n’y ait au final et bien souvent, derrière cette recherche absolu de l’élégance, que le reflet de nos sociétés occidentales où l’on oublie et dénigre une grandeur et une beauté qui n’est pas uniquement matérielle et consommable.

« Il faut montrer un raffinement sans aller jusqu’à l’excès : ce qui est juste suffisant pour ne pas faire preuve d’une négligence grossière et inhumaine. La même règle s’applique à l’habillement ; comme en bien d’autre cas, la meilleure des choses est la juste mesure. » – Cicéron

hugoparis — 25 septembre 2012 19:43

Xavier,
prenez le temps de lire PG et ses quelques 900 articles. Je pense que vous n’avez, à vous lire, qu’une vue parcellaire de notre travail et de nos convictions. A vous, Hugo

Basile — 25 septembre 2012 22:25

à l’attention de Xavier :
La grâce et l’élégance se découvrent, se travaillent et s’acquièrent.
Si vous n’en êtes pas convaincu pour ce qui est de la grâce, lisez la biographie de n’importe quelle ballerina assoluta, cela achèvera de vous convaincre, et par extension pour l’élégance.
Sans travail, le talent n’est jamais qu’une sale manie.

G. CONSTANTIN — 26 septembre 2012 07:45

Xavier,
J’aimerai également revenir sur une phrase que je ne comprends pas : « Un banal consommateur devient alors, si ses moyens le lui permettent, un consommateur de l’élégance. »
Non sens, un banal consommateur, si ses moyens le lui permettent, devient non pas un consommateur de l’élégance mais un consommateur de produit de qualité. (et encore faut il qu’il en ait la volonté)
Je pense que vous oubliez un peu vite, que l’habit ne fait pas tout et qu’un homme sans prestance naturelle ou travaillée ne sera jamais élégant. Même s’il dévalise Savile Row.
Pour être passé par là, l’habit fait l’homme à la mode, mais pas l’homme élégant.

Xavier — 26 septembre 2012 11:08

Ce que j’ai essayé de dénoncer, c’est une justification systématique qui excuserait l’obtention infinie de vêtements dans le but d’être élégant. J’aimerais que derrière cette apparence se trouve aussi de l’esprit et du détachement. Un vêtement, aussi beau soit-il ne sera jamais qu’un vêtement. L’apparence sans profondeur, ne sera jamais que superficielle. Cette profondeur que j’aimerais voir apparaître, est philosophique. Le culte de l’apparence, l’acquisition effrénée de biens, même de qualités, n’est que vulgaire et vide.

Lorsque que vous dites que « l’habit ne fait pas tout et qu’un homme sans prestance naturelle ou travaillée ne sera jamais élégant », vous reprenez précisément ce que j’ai énoncé précédemment. Il serait très respectable à mon sens, de devoir enseigner aux hommes la préservation et l’affirmation de leur individualité autrement que par une recherche obstinée de l’élégance.

Un homme soigné et disposant d’une « prestance naturelle ou travaillée » mais sans esprit, sans caractère ni individualité ne vaut guère mieux qu’un homme quelconque. Le vêtement n’apporte que l’apparence. Ce que je constate, c’est la volonté (que je ne conteste pas) d’apprendre aux hommes à « consommer intelligemment ». Seulement, si cette consommation n’est là que pour « habiller » le vide d’un homme et de sa personnalité, alors tout cela est vain.

Ce que j’essaye de dire, c’est qu’une intelligence éclairée, la recherche et l’affirmation de sa propre individualité par l’intermédiaire d’une philosophie serait tellement plus noble que le culte de l’apparence sans profondeur ni sagesse.

Je suis, par ailleurs, tout à fait d’accord pour dire que l’élégance et la grâce se découvre et se travaillent. Seulement si ce travail et cette recherche ne demeurent pas le reflet d’une noblesse et d’une richesse intérieure, alors il ne reste alors plus qu’un masque vide.

Pour terminer, je dirais qu’un homme élégant ou souhaitant le devenir, devrait avant tout ennoblir son caractère et sa personnalité, au risque de ne demeurer qu’une figure vide et inintéressante.

mathieu — 26 septembre 2012 21:27

Messieurs,
cela fait un moment que vous écrire me travaille; je suis un lecteur récent, enthousiaste, intéessé, parfois déconcerté, et extrémement reconnaissant de PG (merci Hugo).
Cependant pour apporter ma modeste contribution, je ne rentrerai pas dans le débat de l’innée et de l’acquis (désolé vous ne l’avez pas… vous pouvez vous jeter dans la Seine!!!). Permettez moi de vous comter une petite histoire :
Comme des millions de personne, élevé aux centres commerciaux et grandes surfaces, le jeans et le tshirt furent mes habits pendant longtemps. et puis travail oblige on mets des chemises (grand progres)PAP « de masse » bien évidemment, des fois un pantalon de « costume » (le bout du monde.
suite à un problème j’ai perdu 20 kg, depuis quelques temps, il me tardait de « bien m’habiller » d’être simplement élégant. seulement quand on doit mettre des costumes très régulièrement, que l’on doit porter des chemises tous les jours (j’essaie d’être propre, j’en change tous les jours) mais que l’on travaille dans uns administration (ou je m’estime déjà mieux loti que la plupart) que l’on habite la région parisienne (mon loyer me permettrait de prendre un costume chez Marc Guyot tous les mois) et que l’on élève seul 3 enfants, on fait comme on peut. et une chemise à 50€ est déjà cher et on trouve que celio club (désolé tout le monde) c’est déjà le nirvana. alors on économise pour se payer une belle chemise, un costume,… mais il faut que je m’habille tous les jours
mes lectures, de PG, d’autres m’ouvrent les yeux, m’apprennent les termes, à regarder à comparer, à devenir, à apprendre l’élégance.
Bien sur il y en a qui avec un sac à patate serait élégant mais la qualité (surtout au niveau des coupes) apportent beaucoup.
tout cela pour dire que :
heureusement que l’on est pas déterminé à la naissance mais que l’on peut apprendre (encore à 39 ans , si, si) au gré des rencontres, des lectures (merci encore Hugo), à ne pas commettre d’impaire, à tendre vers l’élégance.
mais que lorsque l’on regarde toutes les marques que vous citez, ce que vous appellez pour beaucoup « un bon compromis » est pour beaucoup juste du rêve. Et je suis d’accord avec vous, que le minimum de la qualité se paie (c’est une lutte de tous les jours que je mène) et qu’il ne faut pas perdre les savoirs faires.
je me rappelle juste une de mes agents qui ne comprenait pas comment je pouvais mettre 50 €uros dans une chemise. elle me disait « rapportez là, ils comprendront que vous avez craquer, c’est normal!! » c’était en dehors de sa réalité. je vous laisse deviner son salaire.
Cependant, je reste un lecteur assidu de PG pour me cultiver, apprendre, connaitre les adresses, et puis réver un peu
meric à tous

Guillaume — 27 septembre 2012 11:47

Cher Xavier,

Je comprends votre point de vue, mais il me semble que vous devriez remplacer le mot « élégance » par le mot « allure ».
A mon sens, l’élégance s’aquiert (avec le temps notamment), l’allure est innée.
Je vous conseille à ce sujet un excellent article du Chouan des Villes : http://lechouandesvilles.over-blog.com/article-30878432.html

Cordialement,

Guillaume

LMNRQ — 28 septembre 2012 03:39

Bonjour Hugo,

Sans me plonger dans le débat ci-dessus, je tiens simplement à prendre la défense de ce cher Tom Hanks, qui peut également bien pratiquer le « black tie », notamment lors de la dernière cérémonie des Oscar: voir notamment ici : http://www.esquire.com/cm/esquire/images/4i/esq-5-oscars-2012-tom-hanks-mdn-36279644.jpg

Cordialement,

Romain

LM — 28 septembre 2012 16:57

Merci Mathieu, votre propos nous permettra de prendre un peu de recul et correspond à mon avis également aux idéaux défendus par notre cher hôte.

LM

A.S. — 14 octobre 2012 10:04

Merci à Mathieu pour l’histoire, j’aurais simplifié par un dicton mais le langage n’est pas approprié hélas …

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