Hugo's recommandations 2009
part 3 : les souliers

Hugo JACOMET

Hugo’s recommandations part 3 : les souliers

Gentlemen,

voici donc le troisième volet de mes recommandations consacré, aujourd’hui, aux souliers. Comme tous les posts de cette série, ces recommandations sont classées par gamme de prix, afin que tout le monde puisse, évidemment, trouver chaussure à son pied en fonction de ses moyens.

M’étant moi-même passionné pour les beaux souliers depuis très longtemps, j’ai du, pour cette sélection, faire des choix drastiques afin que ce post reste lisible et ne se transforme pas en une anthologie du beau soulier, tant le secteur de la chaussure masculine vit aujourd’hui une période très faste (et c’est tant mieux) et offre aux élégants un choix pléthorique de produits de qualité.

En effet, là où il y a encore seulement 10 ans, le marché était structuré par quelques poids lourds (Weston, Church’s, Berluti, Lobb) qui s’adressaient à un petit nombre de passionnés, on assiste aujourd’hui à une véritable explosion de l’offre et, dans le même temps, à une progression de la culture et des exigences des hommes pour qui l’achat d’une paire de soulier représente, aujourd’hui bien plus qu’hier, un acte esthétique de premier ordre (au moins aussi important que l’achat d’un costume).

Autre signe des temps, la montée en puissance des activités annexes à la vente de souliers, avec l’ouverture d’ateliers spécialisés dans l’entretien de souliers haut de gamme, les glaçages et les patines. Impensable à la fin des années 90 où lorsque l’on demandait aux hommes, lors de sondages, de citer 5 marques de souliers haut de gamme, ils allaient jusqu’à citer Paraboot et Méphisto après Weston et Church’s (si, si je vous jure) tant leur culture du sujet était pauvre voire inexistante.

Dans ce contexte, effectuer une sélection qui soit à la fois sérieuse (c’est à dire s’appuyant sur des  critères de qualité, de durabilité, d’esthétique et de confort) et représentative de l’offre actuelle relève de la gageure.

Comme pour nos recommandations pour les costumes en PAP, nous avons donc établi, en amont, quelques partis-pris :

Premièrement, faire l’impasse sur les chausseurs de masse car, croyez nous, « il faudrait être fou pour dépenser moins de 150 euros » dans l’achat d’une paire de souliers. En dessous de ce tarif (auquel vous pouvez désormais prétendre à de la vraie qualité), il ne s’agit pas de chaussures, encore moins de souliers. Il s’agit d’objets pour les hommes se chaussant uniquement par nécessité (rien de mal à cela, mais ce n’est pas le sujet ici) et qui n’ont pas du encore goûter au plaisir incommensurable de marcher dans des souliers dignes de ce nom.

Deuxièmement, faire l’impasse sur mes amours déçues, c’est à dire des maisons qui, soit n’ont pas vu venir l’engouement masculin pour les beaux souliers, soit ont pris, souvent à la (dé)faveur de rachats, des directions incertaines tant esthétiquement qu’en termes de qualité. Dans cette catégorie, trois maisons qui ont eu mes faveurs dans le passé, sont sorties de mes choix (et pour les deux premières d’entre elles sans doute pour toujours) : Church’s, Stefanobi et Edward Green.

Troisièmement, faire l’impasse sur les chausseurs très haut de gamme italiens (Lattanzi, Bontoni et d’autres maisons d’exception très confidentielles hors d’Italie) tout simplement car ces produits sont quasiment introuvables en France.

Voici donc nos recommandations (subjectives, incomplètes mais sérieuses) pour les souliers.

GAMME DE PRIX : 150 EUROS

Depuis quelques années, il est devenu possible de faire l’acquisition de chaussures dignes de ce nom pour la modique somme de 150 euros grâce à une maison française qui a fait du rapport qualité-prix son crédo et son obsession , permettant ainsi à de nombreux hommes de découvrir les joies de la belle chaussure sans se ruiner.

LA RECOMMANDATION DE PG : LODING

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Cette entreprise française en plein essor, est fondée sur un concept commercial très fort : celui du prix unique. Ainsi chez Loding, TOUS les modèles de souliers sont proposés au tarif unique de 150 euros. Et pour ce prix, non seulement le choix est très large (avec certaines lignes très contemporaines) mais en outre, les produits sont de qualité très honorable : cuirs très corrects, montages Good Year, bon choix de coloris. Un excellent choix pour ceux d’entre nous qui, temporairement ou pas, ne peuvent dépenser plus pour bien se chausser. PG salue cette maison au rapport qualité-choix-prix unique en France.

GAMME DE PRIX 200 – 250 EUROS

Naguère trustée par des maisons ultra classique dites « de deuxième rang » comme Bowen, cette catégorie est en pleine explosion et attire à elle de plus en plus d’hommes nouvellement émus par les joies que procurent les beaux souliers. Et dans cette catégorie, comme dans la précédente, c’est encore une fois une maison française qui sort nettement du lot et qui constitue indiscutablement l’une des plus belles « Success Story » du secteur dans les dernières années.

LA RECOMMANDATION DE PG : FINSBURY

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Avec 80 000 paires vendues cette année, la maison française (comme son nom ne l’indique pas) FINSBURY est devenue l’un des plus gros succès commerciaux de la spécialité en quelques années. Les raisons de ce succès éclatant ? Des tarifs très placés et des gammes particulièrement larges, propres à contenter tout le monde, des plus conservateurs aux plus dandys : formes, patronages, variétés des peausseries, couleurs, finitions. Chez Finsbury vous aborderez le haut de gamme sans faire rougir votre carte bleue. Un développement constant, maîtrisé et qualitatif pour cette maison qui nous étonne de saison en saison. Good job.

GAMME DE PRIX : 250-350 EUROS

Dans cet autre segment très « encombré » en termes d’offre, une troisième maison française sort du lot sous le double effet d’un virage stylistique pris il y a quelques années et d’une politique de sourcing très qualitative lui permettant de proposer des souliers de qualité irréprochable à des tarifs très bien placés.

LA RECOMMANDATION DE PG : EMLING

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Cette remarquable – et discrète – maison française vit depuis quelques années une révolution tranquille lui ayant permis de fidéliser une clientèle classique (séduite par la qualité des produits et leur classicisme de bon goût) tout en captant une nouvelle clientèle (séduite par le virage stylistique pris par la maison qui propose désormais également des modèles à plus forte personnalité).

Sous l’impulsion créative de Marc Guyot, Emling est en train de devenir un acteur de poids sur ce segment « intermédiaire » qui est sans doute l’un des plus complexes à maîtriser en terme de développement. Car à 300 euros, nous ne sommes déjà plus dans le grand public mais nous ne sommes pas encore tout à fait dans le luxe (ce qui est évidemment un casse-tête en termes de positionnement et de communication).

Mais Emling va bien, cela se sent et cela se voit saison après saison, avec des collections superbes et toujours très sérieuses en termes de qualité. A noter l’ouverture d’une boutique en ligne pour permettre aux non-parisiens d’avoir accès à la marque.

GAMME DE PRIX : 500 EUROS

Cette fois-ci nous entrons de plain-pied (sic) dans le monde du soulier haut de gamme et dans celui des connaisseurs qui choisissent leurs produits de manière libre (sans contraintes financières donc) et selon des critères souvent stylistiques (étant donné qu’à ce tarif, la qualité est réputée être au rendez-vous, ce qui est souvent le cas). Dans ce segment, le plus classique (Weston) le dispute au plus British (Crockett & Jones) et au plus  au plus typé (Marc Guyot).

LA RECOMMANDATION DE PG : MARC GUYOT

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Il n’est un secret pour aucun de nos lecteurs fidèles, que PG porte le travail de Marc Guyot en grande estime tant pour ses costumes, que pour ses chemises et autres cachemires. Dans le domaine des souliers, MG propose également une gamme de souliers très typée années 30 avec des lignes à très forte personnalité qui font le bonheur des plus dandys d’entre nous.

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Sourcing impeccable (les meilleures manufactures italiennes), détails de puristes, formes audacieuses, cuirs magnifiques, tout l’univers de Marc Guyot est résumé dans cette production complètement à part, mais qui fleure bon l’élégance, la vraie, de ces années où même le vulgum pecus était vêtu avec goût et distinction. Incontournable.

ALTERNATIVES : WESTON (en plein renouveau) et CROCKETT & JONES.

GAMME DE PRIX : 700 EUROS ET AU DELA

Nous étant fixé comme cahier des charges de nous en tenir à UNE recommandation par gamme de prix (avec des alternatives tout de même), nous avons longuement hésité pour établir la recommandation relative au très haut de gamme.

Rendez-vous compte : à ce tarif là, comment choisir entre Corthay, Lobb, Aubercy, Berluti et Gaziano & Girling ? D’ailleurs à bien y réfléchir, je pense que tout passionné de beaux souliers devrait posséder au moins une paire issue des maisons citées ci-dessus car elles ont toutes participé (surtout Berluti pendant les années 90) à l’envol du marché des souliers masculins.

N’arrivant pas à nous décider, nous avons finalement décidé de nous abstenir, tout en ajoutant à ce « hall of fame » du soulier d’exception, un nouveau nom qui devrait faire parler de lui dans les années qui viennent : Carlos Santos.

LES RECOMMANDATIONS DE PG : 

AUBERCY

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BERLUTI

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CARLOS SANTOS

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CORTHAY

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GAZIANO & GIRLING

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JOHN LOBB

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Cheers, HUGO