Mode versus
Style :
quelques réflexions

Hugo JACOMET

Gentlemen,

PG se développe vite et, bien entendu, reçoit quotidiennement son lot de critiques, notamment en provenance des purs afficionados de la mode (les fashionista). Ces derniers, souvent très jeunes, prétendent que les amoureux du style classique (nous donc) sont « coincés » dans des règles strictes alors qu’eux mêmes jouissent d’une totale liberté et de la capacité à se réinventer à chaque saison. En clair ils pensent que nous sommes « ringards » et que la culture sartoriale qui nous passionne n’est qu’un carcan qui nous empêcherait toute forme d’originalité, voire pire, toute forme de personnalité…

Sans entrer dans une polémique stérile, ces remarques pour le moins radicales m’inspirent cependant quelques réflexions.

Je pense d’abord que la différence essentielle entre les deux mondes, est une différence de démarche, et n’a franchement rien à voir avec l’âge ou les moyens (financiers).

Là où les fashion addict cherchent à tout prix à briller, les amoureux du style dont nous faisons partie, cherchent avant tout l’harmonie dans la discrétion. C’est une différence fondamentale.

Et cette différence se matérialise dans la manière de « gérer » un nouveau vêtement : le fahsionista afin de faire remarquer son nouveau tee-shirt ou son nouveau blouson fera tout pour en faire la pièce centrale de sa mise en scène personnelle.

L’amoureux du style classique fera exactement l’inverse : il cherchera la meilleure harmonie entre, par exemple, sa nouvelle cravate ou sa nouvelle chemise, et des éléments existants de sa garde robe. Briller versus Harmoniser, voilà le « coeur » de la différence de démarche : Eux travaillent dans l’instant (d’une soirée, d’une saison, d’une collection), nous nous travaillons dans la durée (plusieurs années) afin de maîtriser notre corps et son interaction avec les vêtements.

Et en ce qui concerne la soi-disant « liberté », il convient de se rappeler que la mode est collective (voire de masse), tandis que le style, lui, est une affaire éminemment personnelle, ce qui, vous l’avouerez, remet dramatiquement en cause l’idée selon laquelle les victimes de la mode seraient plus libres et moins « coincés » que nous…

Coincés ils le sont, car ils ne peuvent que « suivre » telle ou telle lubie de tel ou tel créateur alors que nous, nous ne subissons que très peu de soubresauts stylistiques et aimons nous inspirer du passé (notamment des années 30).

Les amateurs de mode cherchent  un « look », le amateurs de style une élégance si possible naturelle.

Ils travaillent dans le présent (voire dans l’instant), nous travaillons dans le futur.

Cheers, HUGO