Petit mémento pour l’entretien de vos souliers chéris

Hugo JACOMET

Petit mémento pour l’entretien de vos souliers chéris

Prise de vue d’un étourdissant glaçage réalisé par un membre du forum de Pied en Cap

Gentlemen,

voici (pour les moins érudits d’entre nous), un petit mémento, agrémenté de conseils de Pierre Corthay, sur le sujet, épineux, de l’entretien de vos souliers adorés.

A consulter sans modération…

FAITES SECHER VOS SOULIERS

A la fin de la journée, un soulier est TOUJOURS humide. Il est donc indispensable de le faire sécher, sous peine de dégradation rapide et inexorable. C’est l’une des étapes fondamentales parmi les plus « oubliées » des élégants qui se concentrent beaucoup plus sur l’entretien à proprement parler. Pourtant, un soulier met jusqu’à 6 voire 7 jours pour sécher complètement et se débarrasser de toute la transpiration visible ou invisible.

Dans le meilleur des mondes (c.a.d un monde où tous les hommes seraient CSP +++), cela impliquerait donc de posséder 7 paires de souliers afin de laisser le temps à chaque paire de sécher correctement entre deux ports. Pour autant si vos moyens ne vous permettent pas d’être à la tête d’une telle collection, nous ne pouvons que vous inviter à vous offrir à minima  4 paires de souliers correctes afin d’être sûr d’être toujours parfaitement chaussé et de faire en sorte que vos souliers chéris gagnent en longévité (et en patine pour les plus esthètes).

Dans tous les cas, la première règle est de ne JAMAIS porter une paire de souliers deux jours d’affilée, quelle que soit sa qualité en termes de peausserie, de montage et de finitions. De la même manière, il est fortement déconseillé de cirer ses souliers avant d’avoir pris le temps de les faire sécher correctement.

Deux techniques pour faire sécher vos souliers, notamment après une journée pluvieuse :

Soit utiliser du papier journal avec lequel vous bourrerez (de manière très compacte) vos souliers, soit utiliser des embauchoirs en cèdre qui ont des propriétés fongicides éprouvées. Si vos souliers sont, en outre, sales (voire crottés), brossez les délicatement en portant une attention toute particulière à la trépointe au moyen d’une simple brosse à dent usagée.

LE CIRAGE

Pierre Corthay insiste sur le fait « qu’un soulier a besoin d’un bon cirage, mais en quantité raisonnable. 80% des hommes ont tendance à appliquer beaucoup trop de cirage ce qui a pour effet d’obstruer les pores du cuir, d’empêcher ce dernier de respirer et de créer, à termes, l’effet inverse à celui initialement recherché : dessèchement et craquements ».

En termes de fréquence, un cirage tous les 5 ou 6 ports suffira amplement.

Munissez vous d’abord d’une éponge légèrement humide et passez la délicatement sur le soulier afin d’enlever la poussière et les saletés captées sur les trottoirs urbains, les ruelles rurales, les caniveaux douteux et autres chantiers bouillasseux.

Ensuite appliquez un peu de crème nourrissante (par exemple à base d’huile de vison) afin d’ouvrir les pores de la peausserie. Puis appliquez UN PEU (voire très peu) de cirage à base de cire d’abeille (Saphir, Grison) d’abord avec une vieille brosse à dents (pour les bords) puis avec un chiffon doux recouvrant le bout de votre index. Cette application doit se faire avec un mouvement tournant, et délicat sur tout le soulier.


Ensuite il vous faudra laisser sécher vos souliers au minimum une demie-heure avant de les frotter avec un chiffon doux (une vieille chemise en coton est idéale) pour les faire briller et les débarrasser du surplus éventuel de cirage.

LE GLACAGE

Après le cirage vient le temps du glaçage. Cette opération est assez précise : enroulez autour de votre index un chiffon propre et sec et prélevez une minuscule quantité de cirage. Trempez ensuite votre index dans un bol d’eau et appliquez sur le soulier avec un mouvement délicat et circulaire.

Cette technique vous permettra de faire « monter » le mélange eau-cirage et de donner à votre cuir un aspect brillant exceptionnel. Vous pouvez également ajouter une tout petite quantité de cirage d’une autre teinte pour rehausser la couleur principale. Par exemple, il est très recommandé d’ajouter un petit peu de cirage rouge (ou burlat) à une patine noire, cette dernière s’en trouvera nettement magnifiée et le noir sera plus profond.


Pour la touche finale, utilisez un bas de nylon roulé en boule (on n’a jamais trouvé mieux !) et frottez doucement sur les parties du soulier que vous souhaitez « glacer ». Certains élégants ne glacent que le bout de leurs souliers, d’autres préfèrent ajouter une « touche » de glaçage sur certaines parties du soulier… Pas de règle dans ce domaine mais évitez tout de même le glaçage intégral (qui peut vite s’avérer too much…).

LES EMBAUCHOIRS

Les embauchoirs constituent un accessoire non négociable pour chaque paire de souliers. Ils permettent aux souliers de garder leur forme et d’éliminer la transpiration. Ne pas utiliser d’embauchoirs, c’est un peu comme laisser son costume en boule au pied de son lit. Impensable. A prévoir donc pour tout achat de souliers, quels que soient leurs prix.

L’ETERNELLE QUESTION DU PATIN

Toppy or nor Toppy ? That is the question…

Ecoutons le sage et érudit Pierre Corthay sur le sujet : « Affirmer qu’un Toppy abîme systématiquement les souliers est exagéré. Cependant, on ne dit pas assez que le pied respire aussi par la semelle. Vous faire coller un Toppy confinera votre pied et empêchera un peu plus la transpiration de s’évacuer ». Donc le Toppy est assurément dispensable, sauf peut-être pour les souliers « sport » ou « chasse » destinés à une utilisation sur des terrains difficiles (à la campagne par exemple).

En revanche, n’hésitez pas à faire poser des fers encastrés (nous avons bien dit « encastrés ») très utiles pour la longévité de vos semelles surtout pour ceux d’entre nous, dont je fais partie, qui usent beaucoup le bout de leur semelles. Insistez auprès de votre cordonnier pour que vos fers soient vissés.

Cheers, HUGO