Le Corthay nouveau est arrivé !

Hugo JACOMET

Le Corthay nouveau est arrivé !

Gentlemen,

je sais que beaucoup d’entre vous attendent depuis très longtemps le reportage que nous avons effectué au printemps chez Pierre Corthay et notamment l’interview de Xavier de Royère (ex dirigeant de Loewe) qui a pris en main, aux cotés du bottier émérite, la destinée de cette maison que tous les amateurs de beaux souliers chérissent.

La raison pour laquelle nous avons finalement décidé de ne pas publier ce reportage en l’état était simple : à part vous expliquer que Corthay était de nouveau sur les rails et que le nouveau duo avait de belles et grandes ambitions pour cette maison d’exception, il n’y avait, franchement, pas grand chose à se mettre sous la dent tant en termes d’information qu’en termes de nouveautés.

Les seules choses qu’il y avait à retenir à l’époque étaient que la maison Corthay était « sauvée des eaux » (pour notre plus grand soulagement), que le duo Corthay-De Royère  semblait être sur la même longueur d’onde et que, malgré les apparences, un maître-bottier-maître-d’art-compagnon-du-tour-de-france et un ex-dirigeant de LVMH, issu de l’hyper-marketing donc, pouvaient parler si ce n’est la même langue, du moins le même langage… Ce qui n’était déjà pas si mal.

J’ai donc préféré laisser le temps à ces messieurs de commencer leur  oeuvre commune avant de réouvrir le « dossier »  et de me faire mon opinion sur la question qui nous taraude tous, nous les amoureux de la maison de la rue Volney : Pierre Corthay allait-il pouvoir grandir aux côtés d’un professionnel reconnu de l’industrie du luxe (dont l’un des faits d’armes majeurs a été – excusez du peu –  le lancement et le management du vaisseau amiral de Louis Vuitton sur les Champs Elysées) sans pour autant perdre son âme d’artisan inspiré et de bottier surdoué ? Ou pour le dire autrement, est-ce que l’identité et les valeurs de cette maison, dont les racines restent ancrées dans la grande mesure et l’artisanat noble, allaient pouvoir cohabiter avec  un business model ambitieux forcément fondé sur l’expérience – au demeurant indiscutable – d’un manager de haut niveau de l’industrie du luxe ?

La réponse semble être oui.

Et en voici les toutes premières preuves, puisque nous avons le plaisir de publier ce soir, en avant-première à l’inauguration officielle qui aura lieu début novembre, quelques photos de la boutique historique de Pierre Corthay  (rue Volney) qui vient tout juste d’être rénovée.

Selon Pierre Corthay et Xavier de Royère (très présent rue Volney, ce qui est plutôt bon signe), cette boutique lève le voile sur ce à quoi devraient ressembler les futures boutiques Corthay, dont la première devrait voir le jour à Londres d’ici peu de temps.

Alors bien sûr, l’ambiance a changé rue Volney et l’aimable fouillis artisanal que nous avons tous connu dans cette boutique à la taille inversement proportionnelle au talent de son géniteur, a laissé place à un environnement beaucoup plus sophistiqué et professionnel. Pour autant je peux maintenant vous assurer que l’âme de Corthay règne toujours en maître (bottier) dans ce temple du beau soulier avec la création , notamment, d’un salon réservé à la grande mesure enfin digne de la production maison.

Les matières (bois, cuir) sont belles et nobles, la vitrine, un tantinet « arty », reste tout de même centrée sur l’art bottier (avec ces bouts toujours aussi renversants), et les souliers sont mis en valeur de manière assez sobre (hormis de petites « niches » plutôt bien senties, présentant les modèles phares de la maison sur un fond monochrome).

Cette boutique originelle est donc assurément une vraie réussite et témoigne sans équivoque du fait que Corthay est toujours Corthay, ce qui n’est pas pour nous déplaire !

Pour le reste, les projets ne manquent pas, mais il semble encore trop tôt pour en connaître les détails. La seule « confidence » que nous avons recueillie de la bouche du maître (bottier) des lieux, est que le Good Year continuera à régner en maître chez Corthay et que l’éventuelle production en montage Blake sera, vraisemblablement, limitée à un sneaker et quelques loafers. En clair, la production maison devrait rester sur la même ligne (goodyear only) ce qui, vous en conviendrez, est une excellente nouvelle.

Nous allons donc suivre au plus près l’évolution de cette maison que, chez PG, nous aimons tant et nous vous donnerons des nouvelles au fur et à mesure avec toujours, nous l’espérons, un petit temps d’avance sur les médias traditionnels.

Mais pour maintenant, et comme il est écrit sur la vitrine, « Let them grow » !

Cheers, HUGO