La guerre
des épaules
serait-elle terminée ?

Hugo JACOMET

 

Gentlemen,

si vous êtes des lecteurs fidèles et assidus de PG, vous connaissez sans doute l’importance que revêt le type de montage des épaules dans la ligne générale d’un costume ou d’une veste.

Sans entrer dans tous les détails que vous trouverez dans de nombreux articles du site, nous pouvons – très schématiquement – distinguer deux grandes « écoles » : l’épaule structurée (plutôt Britannique d’origine) et l’épaule dite « tombante » (Italienne et, plus précisément, Napolitaine). Evidemment de nombreuses subdivisions existent au sein de ces deux écoles (l’épaule Romaine, l’épaule Con Rollino, l’épaule Spalla Camicia etc…) et certaines maisons se distinguent même par un montage d’épaule qui leur est propre (Cifonelli, Anderson & Sheppard).

Dans cette « guerre » esthétique à l’impact très fort sur les silhouettes des élégants – une épaule tombante ne donnant pas du tout le même rendu visuel qu’une épaule structurée, même légèrement – certaines maisons de grande tradition n’ont jamais « changé de camp », le type de montage des épaules de leurs créations faisant quasiment partie de leur ADN…

L’auguste maison napolitaine Kiton était sans discussion, jusqu’à aujourd’hui, l’un des porte-étendards absolus de l’épaule tombante, et n’avait jamais « trahi » ce montage d’épaule typique de la cité Napolitaine.

Pourtant aujourd’hui, de manière assez discrète il est vrai, Kiton commence à lorgner du côté de « l’ennemi » en proposant pour la première fois de son histoire une petite collection baptisée « Cipa » (du nom du fondateur de la maison Ciro Paone), destinée – selon le communiqué de presse maison – à toucher une clientèle plus jeune, plus audacieuse et plus moderne (mais pas moins fortunée !).

Voici deux images de la « trahison » plutôt réussie de Kiton : une veste de soir –  « dinner jacket » – en pure soie et col châle contrasté et un costume blanc en chanvre (!) de toute beauté. Et il est vrai que même des yeux avertis comme les nôtres n’auraient jamais pu deviner que ces deux très belles pièces venaient de Naples et à fortiori de chez Kiton.

La guerre des épaules serait-elle terminée ?

Cheers, HUGO