De l'esprit
de
Parisian Gentleman

Hugo JACOMET

De l’esprit de Parisian Gentleman

PG n’existe que depuis 5 ans et demi (EDIT : depuis 8 ans bientôt !) et fait déjà figure, et ce depuis un bon moment, de “grand ancien” sous le double effet de l’incroyable distorsion du temps liée à la rapidité de la circulation de l’information sur la toile et de l’engouement nouveau des hommes pour leur style personnel.

Il ne vous aura, en effet,  pas échappé qu’il ne se passent pas 48 heures  sans qu’un blog de “spécialistes” ne voit le jour sur le Web, en France ou ailleurs dans le monde. Ce phénomène ne serait pas pour nous déplaire si seulement ces nouveaux “intervenants” faisaient montre d’une réelle culture sur notre sujet ou, à tout le moins, d’une posture beaucoup moins prétentieuse.

Si nous ajoutons à cela les phénomènes Tumblr et Instagram qui génèrent une multitude de “blogueurs sans blogs” dont les contenus sont UNIQUEMENT composés de photos ou, pire, de “re-posts” de photos d’autrui, sans aucun mot ni aucun effort éditorial, nous comprenons que la montée en puissance de l’intérêt des hommes pour leur propre style génère elle aussi, classiquement d’ailleurs, son lot d’excès et de spécialistes (“d’influenceurs” comme on dit aujourd’hui) en toc.

Dans cette cacophonie ambiante et dans cette surenchère d’images en tous genres, PG continue donc à tracer son sillon avec l’idée que l’élégance des hommes ne se résume pas à leurs vêtements et qu’un média comme le nôtre, au vu de son rayonnement désormais international, doit continuer de s’imposer à lui-même exigence, excellence, mais aussi consistance des propos et mise en perspective permanente du sujet qui nous passionne dans ces colonnes. Car si l’élégance masculine se résumait à la simple connaissance d’un catalogue plus ou moins raisonné de coupes et de tissus, cela ne serait que fort peu intéressant, avouons le.

Gentlemen, comme vous le comprenez tous, notre sujet, l’élégance masculine, n’est pas un sujet futile ni même accessoire et ne peut pas être correctement abordé sans un effort réel de mise en abyme avec le monde qui nous entoure.

D’ailleurs, comme l’explique très bien un vieil article de feu la Revue Philosophique de la France et de l’Etranger, s’il arrive que l’on évoque l’élégance (ou les élégances) comme un phénomène futile, une beauté mineure voire un emblème de caste (très à la mode actuellement…), “il est bien remarquable aussi qu’on la sollicite afin de symboliser toutes sortes de supériorités.

Par malheur, pour qui veut éviter d’abord présomption et ironie, l’élégance apparaît vite comme un formidable objet paradoxal : elle signifie le soin mais aussi la désinvolture, le rigide mais aussi le gracieux, la justesse mais aussi le flou, le sobre mais aussi le fleuri, la pudeur mais aussi l’effet, l’attribut mais aussi l’acte.

Nous traitons donc dans ces colonnes, d’une catégorie apparemment bien hétérogène, où interfèrent l’agrément, la socialité, l’esthétique, la technique et, à certains égards, la morale.

Pour voir un peu clair dans cette opulence trop suggestive, au lieu de cataloguer les vêtements il conviendrait de cataloguer préalablement les élégances, en évoquant ce formidable foisonnement humain plus ou moins réductible, sans doute, par la réflexion, plus ou moins prometteur de développements dialectiques, mais dont les ambiguïtés, les nuances ou les oppositions vivantes apportent leur charme et leur indéniable fertilité.

C’est l’esprit de Parisian Gentleman.

Cheers, HUGO