Je t'aime,
moi non plus.

Hugo JACOMET

Je t’aime, moi non plus : « l’affaire » de la soi-disant purge sur Facebook

Gentlemen,

une fois n’est pas coutume, nous consacrons ce jour un court billet à « l’affaire » qui fait actuellement grand bruit sur la toile : la soi-disant « purge » opérée depuis quelques jours par Facebook sur les désormais fameux « likes » des pages du plus grand réseau social du monde.

Pour ceux qui n’en auraient pas eu vent, ce qui est fort peu probable au vu de la cacophonie générée par le sujet sur la toile, voici en résumé comment l’entreprise, dont l’introduction en Bourse a été l’une des plus catastrophiques de ces dernières années (une chute de plus de 50% par rapport à son cours d’introduction), explique ce grand nettoyage…d’automne pour le moins inattendu et plutôt radical : Facebook, qui est actuellement au coeur d’une tourmente médiatique pour cause de violation de la vie privée des individus (des millions de messages privés se seraient, à priori, retrouvés accessibles sur le web du jour au lendemain), a donc décidé, visiblement dans l’urgence, de remettre de l’ordre dans son réseau et d’effacer purement et simplement des millions de pages soi-disant « fantômes » : des pages d’animaux (!), des pages de personnes ayant plusieurs dizaines de comptes (alors qu’une page doit être liée à un seul individu, ce que nous-mêmes, par exemple, ignorions), des pages non utilisées depuis plus d’un an, des pages « fantômes » créées par milliers par des entreprises commercialisant les « likes » (eh oui, il fallait y penser !) et tout un tas de comptes réputés « fake » selon des critères, avouons-le, assez obscurs.

Le but affiché de l’entreprise, visiblement aux abois, est de « redonner confiance à ses annonceurs » et de réinjecter une dose salutaire d’éthique et de « privacy » (!) dans son gigantesque réseau.

Ainsi certaines pages, comme par exemple une page de Poker en ligne, auraient « perdu »  plus de 300 000 fans en quelques heures !

Cette situation qui touche tous les détenteurs de pages FB, comme nous-mêmes qui avons subi à notre grande surprise, un petit coup d’aspirateur de plusieurs milliers de « fans » de PG (tout de même !), nous inspire quelques commentaires, à défaut de réellement comprendre les tenants et les aboutissants de ce revirement soudain de posture de l’entreprise de Mark Zuckerberg.

Car si l’intention est effectivement d’amener plus de transparence et de protection de la vie privée sur le plus grand réseau social du monde, nous sommes donc face à l’un des plus grands paradoxes qu’il nous ait été donné d’observer depuis très longtemps : car enfin, le concept même de Facebook ne consiste t’il pas justement … à partager sa vie privée avec autrui ?

D’autre part, comment Facebook, dans un souci de « transparence » et de « viabilité » de ses statistiques (qui ont du, au passage, largement servir de base d’analyse pour sa (sur)valorisation boursière) peut-il bien s’y prendre pour décider d’effacer tel compte plutôt que tel autre ? Evidemment, la réponse ne peut en aucun cas être « humaine », car arbitrer un par un des millions de comptes réputés « suspects », prendrait des années, voire des décennies. La solution adoptée par l’entreprise doit donc être purement informatique et algorithmique avec, évidemment, un manque intrinsèque de finesse et de justesse des analyses.

Chez PG, à vrai dire, nous ne sommes que peu affectés par cette situation (quelle que soit son ampleur), car nous n’utilisons FB que comme relais vers notre site et comme outil de promotion (plutôt efficace, nous le concédons volontiers) de nos travaux. Pour autant, si certains d’entre vous ont envie de nous déclarer leur flamme avec un « like » (circonstancié donc et pas avec le compte de votre poisson rouge !!), nous vous redonnons ici le lien vers notre page : Parisian Gentleman, the french voice of sartorial excellence. Mais si certains d’entre vous, et nous savons qu’ils sont nombreux, font un rejet du concept même de Facebook, veuillez noter que notre dessein n’est surtout pas ici de vous enjoindre à en créer un !

Par ailleurs, nous avons, fort heureusement pour nous, des baromètres de lectorat beaucoup plus précis et fiables pour jauger de la popularité de notre site et du nombre de lecteurs article par article. Nous profitons d’ailleurs de ce billet pour saluer nos lecteurs anglais, américains, espagnols, chinois et italiens qui sont de plus en plus nombreux et, surtout, de plus en plus fidèles à nos publications, grâce à l’excellent travail de nos traducteurs Bruno, Stéfano, Sophie et Yasmine.

Nous espérons cependant que certains de nos amis et confrères qui, quant à eux, ont misé beaucoup plus que nous sur Facebook (avec certaines pages exclusivement présentes sur ce réseau), ne souffrent pas trop de cet événement impromptu qui, disons le, a un fort parfum d’urgence et de décision prise à la hâte par une entreprise dont la transparence et la protection des données n’a, précisément,  jamais été, doux euphémisme, tout à fait le fort…

Alors, à quand le bout de (l’euro) tunnel pour Facebook ?

Cheers, HUGO