Ces souliers venus... d'ailleurs

Hugo JACOMET

Ces souliers venus… d’ailleurs

Gentlemen,

alors que dans l’imaginaire collectif (surtout du grand public), les trois patries principales du soulier masculin restent, et de très loin, l’Italie, l’Angleterre et la France (auxquelles il convient d’ajouter dans une moindre mesure l’Espagne, les Etats-Unis et bien sûr le Japon), l’engouement dont jouit actuellement le secteur révèle au grand public des maisons jusqu’alors très confidentielles dont certaines sont situées dans des pays auxquels l’on associait jusqu’ici, souvent à tort, aucun savoir-faire manufacturier, ni aucune tradition artisanale en la matière : la Roumanie, l’Autriche, la Hongrie ou le Portugal pour ne citer que ces quelques exemples.

Ainsi en Roumanie, pays jouissant d’une image particulièrement exécrable en France pour les (mauvaises) raisons que l’on connait, deux petites maisons commencent petit à petit à accéder, grâce à l’excellente qualité de leurs productions, à un début de notoriété mondiale plus que justifiée : St Crispin’s et Maftei.

Saint Crispin’s

Alexandru Maftei

Même chose au Portugal avec la Maison Carlos Santos qui fabriquait jusqu’ici pour de nombreux grands noms et qui, depuis quelques années, propose sous son nom des gammes complètes de souliers de grande qualité.

Carlos Santos

En Autriche, c’est la Maison Scheer à Vienne qui commence à jouir d’une audience internationale, tandis qu’en Hongrie la Maison Vass créée par le légendaire bottier éponyme, commence elle aussi à atteindre une certaine reconnaissance de la part des amateurs de souliers dans le monde entier…

Scheer

Laszlo Vass

A une époque où les raccourcis intellectuels vont bon train et où les idées reçues (surtout celles qui nous arrangent) ont la vie dure, il est aussi de notre devoir de rappeler que dans le monde du soulier masculin comme dans beaucoup d’autres « Made in Romania » ne veut plus, par exemple, forcément dire «fait à la va-vite dans des conditions de travail indécentes et pour des salaires misérables», mais peut être également synonyme, de temps à autre, de qualité et de belle façon. Un vrai bottier comme Alexandru Maftei en est le témoignage vivant.

De la même manière et pour d’autres raisons, « Made in Austria » n’est plus uniquement aujourd’hui synonyme de produits certes solides mais un peu « lourds » et peu élégants. Une maison comme Scheer à Vienne propose en effet aujourd’hui de très beaux souliers fins et racés dont les formes n’ont rien à envier à certaines maisons Françaises ou Italiennes.

L’offre de souliers haut de gamme pour les hommes est donc désormais pléthorique et planétaire et certaines des meilleures surprises de ces dernières années nous sont justement venues… d’ailleurs.

A méditer,

Cheers, HUGO