Les recommandations
de PG : la sélection
de souliers en
prêt-à-porter 2014

Hugo JACOMET

Les recommandations de PG : la sélection de souliers en prêt-à-porter 2014

Gentlemen,

nous avons la joie de publier ce jour la sélection PG de souliers en prêt-à-porter pour 2014.

Cette édition a été élaborée sur la base de notre récente sélection de 2013 (publiée en novembre) qui comprenait 22 marques auxquelles nous avons ajouté 14 maisons qui font leur entrée dans cette liste : Allen Edmonds, Alden, Bettanin & Venturi, Bontoni, Caulaincourt, Cheaney, Cleverley, Cobbler Union, Duggers of London, Finsbury, Grenson, Scarpe di Bianco, Tricker’s et Zonkey Boot.

Cette mise à jour porte notre sélection à 36 marques de souliers masculins, ce qui nous semble être un bon chiffre permettant un vrai tour d’horizon des meilleures offres.

A l’instar de notre sélection de costumes en prêt-à-porter (qui connait une énorme succès sur la toile), cette sélection fera l’objet de mises à jour périodiques afin de faire en sorte qu’elle soit vraiment représentative du marché et, surtout, qu’elle soit parfaitement à jour, notamment en termes de tarifs.

Notez que le tarif indiqué pour chaque maison est un tarif moyen. Pour les petites maisons ayant peu de gammes et des collections courtes, il s’agit du prix moyen au sens propre (les différents prix divisés par le nombre de modèles), tandis que pour les maisons plus importantes proposant des collections avec des tarifs (et des prestations) allant du simple au quadruple, il signifie que les collections les plus intéressantes se situent autour de ce prix moyen.

Notez également que dans la grande majorité des cas les embauchoirs ne sont pas compris, de même que les patines personnalisées.

Cette sélection est, comme à l’accoutumée, classée par ordre de prix moyen croissant.

MEERMIN

La nouvelle sensation Majorquine

Prix moyen : 150 euros

meermin.es

Cette jeune maison, fondée en 2001 mais reprise il y a à peine deux ans par la famille Majorquine Albaladejo, célèbre pour sa marque Carmina ainsi que pour ses cuirs Cordovan, est indiscutablement la sensation de ces deux dernières années en termes de promesse de rapport qualité-prix. Elle distribue ses collections de souliers via deux boutiques physiques (Madrid et Tokyo) ainsi qu’une boutique en ligne.

Avec une gamme « Casual », montée en Good-Year sur des semelles gomme, proposée à 130 euros et un coeur de collection classique, elle aussi montée en Good-Year mais cette fois sur semelle cuir, proposée à 160 euros, l’offre pléthorique et les tarifs ultra-serrés de Meermin impressionnent.

Fabriquées en Chine à Shanghai et finies à Majorque, ces deux gammes sont complétées par une offre « hand-welted » à 260 euros (l’offre la plus intéressante de la maison à notre avis), une offre « cousue norvégien » à 360 euros et une offre en Shell Cordovan à 320 euros.

D’inspiration clairement anglaise, les modèles sont sobres, les formes assez modernes, les constructions très honorables et les patronnages plutôt réussis. Evidemment à ce tarif la qualité des cuirs est moyenne, la solidité des semelles perfectible, le niveau de finition tout juste correct et le contrôle qualité irrégulier.

Mais le rapport qualité-prix reste excellent, avec, de surcroit, un service-client certes un peu « artisanal » mais de bonne volonté et très réactif.

Seul regret : l’utilisation abusive, en communication, de la filiation avec Carmina. Ce sont deux entreprises et deux productions séparées et pas du tout de la même qualité. Tradition-washing.

++ : Le rapport qualité-prix, le choix, les formes sobres.

— : Les cuirs, les finitions, deux boutiques seulement (Madrid et Tokyo).

LODING

Un rapport qualité-prix toujours excellent

Prix unique : 160 euros 

loding.fr

On ne présente plus la maison Loding, fondée il y a quinze ans sur la base du concept de produits dits de « de luxe accessible » proposés à prix unique.

Aujourd’hui forte de 66 boutiques (réseau de franchisés) en France et dans le monde entier (Hong Kong, Barcelone, Lausanne, Varsovie), l’enseigne Loding jouit d’une bonne réputation parmi les vrais amateurs de souliers (débutants et chevronnés) ayant un budget limité, mais ne voulant pas pour autant se priver du plaisir de choisir et d’acheter des souliers (relativement) bien dessinés et (plutôt) bien faits.

Loding constitue donc toujours, à 160 euros prix unique, une excellente porte d’entrée dans le monde hautement addictif du soulier masculin de qualité mais aussi (et surtout) une formidable offre pour , si j’ose dire, faire ses premiers pas, se forger son propre goût, gouter au formalisme d’un Richelieu, à la nonchalance d’un Derby ou à la décontraction sophistiquée d’un joli mocassin à plateau… sans se ruiner et en ayant donc le droit de se tromper.

Evidemment, à ce tarif, les cuirs ne sont pas exceptionnels même si la solidité et la longévité des Loding sont assez unanimement reconnues, pour qui saura les entretenir (très) régulièrement voire méticuleusement.

Le seul bémol concerne, à mon avis, les formes qui ont tendance, d’année en année, à s’étirer de plus en plus pour aboutir à certains modèles (mais seulement certains heureusement), flirtant dangereusement avec le mauvais-goût.

Une offre toujours aussi pertinente et qui fait preuve d’une belle régularité à tous les niveaux.

++ : Le rapport qualité-prix, le choix, un réseau de boutique très bien réparti sur le territoire français.

— : Des cuirs de moyenne qualité, des formes récentes moins élégantes, un accueil inégal selon les boutiques (franchisées).

DUGGERS OF LONDON

La bonne surprise hispano/british

Prix moyen : 180 euros

duggersoflondon.co.uk

Cette toute jeune entreprise constitue l’une des bonnes surprises de l’année dernière en matière de rapport qualité-prix (voir la review chez notre confrère The Shoe Snob ici).

Duggers of London, créé par deux entrepreneurs britanniques, propose une petite collection bien sentie de souliers à des prix (très) placés, avec une qualité de fabrication très honorable et surtout un joli style anglais dont quelques « Country Brogues » très réussis au design et aux patines vraiment très sympathiques.

La fabrication est espagnole, les modèles  contemporains, les formes classiques : tout est vraiment honorable et malgré quelques petits défauts ici et là, le rapport qualité prix est vraiment excellent. Vous en aurez à coup sûr pour vos livres sterling, même avec les frais de transport en sus.

Seul un business model sans aucun intermédiaire et aucune boutique physique peut permettre de proposer un tel rapport qualité-prix… Reste à savoir maintenant comment l’offre va se développer dans la durée.

++ : Le rapport qualité-prix, le « flair » de certains modèles (les brogues notamment).

— : Quelques défauts (tâches, perforations) mais rien de rédhibitoire surtout à ce tarif !

FINSBURY

Une entrée de gamme honorable et un large choix de modèles

Prix moyen : 150 euros (par deux paires), 199 euros (pour une paire)

finsbury.com

A 299 euros les deux paires de chaussures en période de promotion (très fréquentes), et malgré des différences de qualité importantes au sein de ses propres collections, Finsbury reste l’une des toutes meilleures portes d’entrée dans le monde du soulier masculin de qualité.

Créée à la fin des années 80, cette entreprise très dynamique est vite devenue leader d’un marché dominé à l’époque par Bowen et le réseau Manfield et a continué son expansion de manière stable depuis. Forte aujourd’hui de 35 boutiques en France et d’un e-store nouvellement mis en ligne, Finsbury est indéniablement une belle réussite entrepreneuriale et un beau succès public qui mérite le respect.

Au fil des années et de l’évolution des volumes de production,  la fabrication (initialement en Angleterre) allait cependant se répartir dans différents pays (Espagne, Portugal notamment) et donner lieu à de vraies différences de qualité d’une ligne à l’autre.

Ainsi chez Finsbury, vous pourrez trouver au même prix, des souliers de style italien en montage Blake à la qualité de cuir discutable et à la solidité éphémère tout aussi bien que de très beaux brogues de style anglais, monté en Good Year avec du cuir très correct. Il y a donc un peu à boire et à manger dans les collections maison, même si, récemment, nous avons eu l’impression  que la qualité semblait en progression après une période durant laquelle la maison Finsbury ne fut pas exempte de critiques (justifiées).

++ : Un choix très large de modèles, un rapport qualité-prix toujours cohérent, une bonne entrée en matière.

— : A boire et à manger dans les collections, du très moyen au très correct. Ouvrez les yeux !

LOAKE

Pour vos premiers pas en chaussures anglaises

Prix moyen : 200 euros

loake.co.uk

Loake est un fabriquant Britannique de souliers masculin, installé depuis la fin du 19ème siècle à Kettering (tout près de Northampton) et qui produit des souliers classiques et de qualité honorable dans des gammes de prix particulièrement placées.

Ici pas de génie, ni d’effort particulier pour créer des souliers originaux ou séduisants : les formes sont Anglaises et simples, les cuirs sont corrects et les constructions en Good-Year sont honorables, surtout sur la gamme supérieure baptisée « Loake 1880 premium », la seule à être encore fabriquée en Angleterre et facturée un très doux 199£ (soient 235 euros).

Les autres gammes oscillent entre 110 et 150 £, et proposent de beaux modèles classiques (dont un Semi-Brogue modèle 201, dans la gamme L1 Essentials, très convaincant pour 110 £, soient 130 euros environ : Semi Brogue Loake)

Loake constitue donc une bonne alternative pour les plus conservateurs d’entre vous et pour ceux qui ne jurent que par les souliers anglais (ce en quoi, ils n’ont pas forcément tort, surtout en termes de solidité).

++ : Un produit sans génie mais sérieux et correctement fabriqué.

— : Des cuirs moyens, des formes très « lourdes », pas de présence physique en dehors de l’Angleterre.

MARKOWSKI

Un choix et des tarifs impressionnants

Prix moyen : 220 euros

markowski.fr

Markowski a littéralement déboulé sur le marché en 2007 sous l’impulsion d’une « figure » du monde du soulier masculin : Marcos Fernandez Cabezas, l’homme ayant lancé Bowen, relancé Doc Martens en France, rénové le style de Paraboot et créé Emling.

L’idée de l’infatigable Marcos Fernandez (qui créera deux ans plus tard Septième Largeur, cf infra, avant de revendre Markowski en 2012) était simple et séduisante : proposer au client final des souliers de qualité à « prix de gros » (soient deux fois moins chers), en éliminant tous les intermédiaires (les grossistes, les agents) et en réduisant au maximum les frais de structure en vendant uniquement en ligne (et dans une boutique/bureau/stock dans un quartier populaire de Paris).

Il a résulté de cette approche radicale une offre, à l’époque, en tous points remarquable (pour cette gamme de prix s’entend) qui a immédiatement séduit une belle clientèle en quête de souliers classiques, aux formes contemporaines (dont la fameuse forme 169 qui, déclinée notamment en One-Cut et en Saddle, est objectivement très réussie), aux patronnages sobres et élégants, et aux tarifs quasi-miraculeux.

6 ans plus tard, malgré une qualité de cuir le plus souvent à peine passable et un contrôle qualité pas toujours au niveau, Markowski reste cependant à notre sens, une offre quasi-imbattable en termes de rapport qualité-prix, si toutefois les dits-prix arrêtent de grimper… car 60 euros d’augmentation en 6 ans sur une paire initialement vendue 135 euros, cela fait quand même 45% d’inflation (même s’il est vrai que le prix du cuir s’est lui aussi envolé ces dernières années, mais c’est un autre sujet).

En 2012, Marcos Fernandez cède la maison Markowski pour se consacrer à Septième Largeur qui était, jusqu’alors, une collection intégrée à Markowski proposant des modèles plus sophistiqués avec , notamment, des patines plus contemporaines.

++ : Un rapport qualité/prix qui reste excellent.

— : Des cuirs de qualité moyenne, une qualité de finitions pouvant fluctuer, des ruptures de stock chroniques.

GRENSON

De bonnes chaussures anglaises (très) solides

Prix moyen : 250 euros

grenson.co.uk

Attention, vous entrez sur les terres d’une marque qui fait dans l’Anglais, le vrai, le lourd, le solide, le durable.

Ici, pas de chichis stylistiques à l’italienne, ni de sophistication à la française mais des triple-semelles ultra solides, des perforations généreuses et des oeillets surdimensionnés. Les « brogue boots » de campagne de Grenson font d’ailleurs partie à mon avis pour 210 £ des « casual boots » parmi les plus qualitatives (et les plus solides) du marché.

Grenson possède sa propre usine à Northampton depuis plus d’un siècle dans laquelle elle produit des souliers pour des maisons très « fashion » ainsi que ses propres gammes G ZERO et G ONE (les plus qualitatives qui viennent remplacer, pour les connaisseurs, la gamme MasterPieces). Les gammes G TWO, plus accessibles, sont quant à elles produites à la main en Inde.

Une maison qui après avoir changé de propriétaire en 2010, semble retrouver les faveurs du public et dont les produits restent sérieux et pertinents.

Et ses brogues boots sont absolument géniales !

++ : De bons souliers, solides, durables et à l’esthétique sympathique (pour qui aime les gros souliers).

— : Des formes un peu lourdes qui laissent peu de place à la subtilité, mais c’est le style maison.

SEPTIÈME LARGEUR

Un bon rapport Qualité/Prix/Style

Prix moyen : 250 euros

septiemelargeur.fr

Deuxième partie de l’oeuvre de Marcos Fernandez en faveur du beau soulier masculin abordable, la collection Septième Largeur s’est récemment muée en marque à part entière et propose en ligne, ainsi que dans ses deux boutiques parisiennes, des souliers classiques, de fabrication très honnête, avec de belles formes et des patronnages séduisants (dont certains modèles proposés « à patiner » pour 75 euros de plus).

Le cuir est globalement de qualité correcte et le niveau de finition très honorable (dont un cambrion en relief du meilleur effet pour qui aime exhiber ses semelles) dans cette gamme de prix très placée.

Une offre particulièrement pertinente car elle apporte indéniablement un supplément d’âme en termes de style que peu de maisons sont capables d’apporter en dessous de 250 euros.

++ : Un excellent rapport qualité/prix/style.

— : Une qualité de cuir souvent aléatoire.

COBBLER UNION

Un nouvel e-acteur américain, des souliers Made in Spain

Prix moyen : 290 euros

cobbler-union.com

Une autre offre « internet only » qui a retenu notre attention : la jeune entreprise « Cobbler Union », basée aux Etats Unis (Géorgie) et dont les produits sont fabriqués en Espagne (comme la grande majorité de ces nouveaux acteurs).

Comme dans le cas de Duggers of London, seul un business model sans intermédiaires et sans boutique, peut permettre d’offrir des produits de cette qualité pour des tarifs aussi placés. Proposés à 395 US$ (soit 285 euros au moment où j’écris ces lignes), les souliers Cobbler Union n’ont rien à envier à de nombreuses marques vendues 100 euros plus cher et peuvent s’avérer être une bonne alternative pour ceux d’entre vous qui résident aux USA (50 euros de frais de port forfaitaire pour les clients hors-US) et qui ne craignent pas de commander des souliers sans les essayer (ce qui n’est pas mon cas).

Les formes sont classiques (et plutôt assez fines et pincées pour des produits destinés prioritairement au marché US) et les patronages reprennent tous les grands succès actuels : richelieu bicolore noir et rouge, derby deux oeillets, richelieu bi matière, bottines balmoral.

A suivre pour voir si la qualité est stable et si les collections se développent sur la durée.

++ : Un bon rapport qualité-prix, des modèles attractifs, une qualité globale très honorable.

— : Pas de point de vente physique, une gamme très courte.

ALLEN EDMONDS

Un bon produit américain à acheter sur place

Prix moyen : 290 euros

allenedmonds.com

Allen Edmonds est l’un des plus gros acteurs américains sur le marché de la chaussure masculine classique de qualité correcte avec 50 points de vente répartis dans tout le pays.

En dehors de ses tarifs toujours attractifs, l’un des principaux avantages d’Allen Edmonds est que tous ses modèles sont accessibles en demi-pointure et, très important aux Etats-Unis, en différentes largeurs.

Les modèles sont ultra-classiques et les formes en majorité assez lourdes. La maison s’est en outre fait une spécialité du cousu « Good-Year 360° », aussi appelé « Cousu Baraquette » qui consiste en une trépointe cousue sur l’intégralité du soulier (alors que normalement un cousu good-year s’arrête avant le talon pour éviter que ce dernier ne déborde à l’arrière du soulier). La justification maison de ce choix assez inesthétique (un talon massif qui déborde) est que le poids du corps (même lorsqu’il est très lourd) est alors mieux reparti dans tout le soulier et qu’il est donc  inutile d’insérer un « cambrion » (une petite pièce de métal) au niveau de l’avant du talon, pour plus de confort et de souplesse lors de la marche.

Certains allaient même jusqu’à dire à une époque que les Allen Edmonds (sans cambrion donc) étaient les seuls souliers vraiment « airport friendly » car ils ne sonnaient pas dans les portiques de sécurité ! Pour ma part, je préfère nettement enlever mes souliers à l’aéroport mais posséder des souliers plus fins, surtout à l’arrière du talon…. Mais c’est sans doute une histoire de gabarit.

Allend Edmonds reste donc objectivement une option sérieuse pour des souliers classiques de qualité honorable, mais uniquement aux Etats-Unis. Les quelques revendeurs aperçus ici et là en Europe pratiquaient en effet des tarifs jusqu’à 50% supérieurs… Car si en dessous de 300 euros Allen Edmonds reste compétitif, à 450 euros c’est une toute autre histoire…

++ : Un large choix de modèles classiques, une qualité honorable, différentes largeurs pour les gabarits costauds.

— : Des formes globalement massives, des finitions souvent tout juste acceptables, tarifs trop élevés en Europe.

CARMINA

Le futur grand ?

Prix moyen 350 euros

carmina.com

Avec Carmina, nous changeons de catégorie avec une maison en pleine évolution et qui pourrait bien devenir l’un des géants du soulier masculin classique de demain.

Unanimement saluée pour son indéniable savoir-faire de chausseur, la maison Carmina-Albaladejo (de Majorque donc) est en effet en train de prendre des positions très fortes sur le segment de marché-clé situé entre 300 et 400 euros avec de sérieux arguments : une qualité de cuir correcte, de jolies formes (la Simpson et la Rain en particulier), des patronnages très variés et surtout une fabrication très sérieuse.

Quant aux souliers en Shell Cordovan – la spécialité maison – proposés à 550 euros, ils sont de toute beauté et fleurent bon la qualité (mon coup  de coeur personnel allant au Richelieu Rouge Rubi à bout rapporté sur forme Simpson que vous pouvez admirer ici.)

Une bien belle maison, au demeurant très sympathique, et sans réel compétiteur dans cette gamme de prix.

Viva Espana !

++ : Superbe rapport qualité-prix.

— : A priori quelques petits soucis de solidité des semelles, mais à confirmer.

J.FITZPATRICK FOOTWEAR

Un parcours exemplaire et des débuts prometteurs

Prix moyen : 360 euros

Theshoesnob.com

La présence de Justin Fitzpatrick (l’Américian le plus British de Londres) dans cette sélection est autant due au parcours exemplaire du célèbre « Shoe Snob » qu’à la maturité (et à la qualité très honorable) de ses premières collections qui sont désormais disponibles à la fois chez Timothy Everest (où Justin vient de s’installer) et grâce à un site de vente en ligne enfin opérationnel : http://www.jfitzpatrickfootwear.com.

Elève du regretté Stéfano Bemer (auquel le Richelieu Saddle rouge et noir ci-dessus rend hommage de manière directe), le jeune Justin développe en effet sa jeune marque avec sérieux, passion et dévouement. Fabriqués dans une petite usine espagnole, ces jolis souliers montés en Good Year sont travaillés sur trois formes classiques très « British » (dont une créée par Tony Gaziano) et proposent tous des patronnages élégants avec quelques jolis « twists » (des patronnages bi-matières, de jolies découpes balmoral, des médaillons originaux).

A noter, un joli mocassin « one cut » avec médaillon particulièrement réussi baptisé « Laurelhurst. »

++ : Un beau produit, bien réalisé, des patronnages « with a twist », des couleurs originales, un e-store enfin disponible.

— : Des formes peut-être un peu trop classiques dans l’ensemble.

CHEANEY

Une maison en plein renouveau, à suivre de près

Prix moyen : 400 euros

cheaney.co.uk

Joseph Cheaney and Sons, l’un des fabricants historiques de Kettering dans le Northamptonshire (la ville où vient de se ré-installer Gaziano & Girling), faisait partie du groupe Church and Co (donc du Groupe Prada) jusqu’en 2009, date à laquelle les cousins Church (William et Johnattan Church, les héritiers de la famille) décident de quitter le groupe Prada et d’extraire Cheaney.

Depuis les deux cousins bien-nés ont décidé de re-développer  la manufacture historique de Cheaney fondée en 1866 et notamment de venir chasser sur les terres de certaines maisons positionnées dans le segment supérieur (suivez mon regard), avec des prestations haut de gamme et des tarifs compétitifs.

Ainsi la gamme « Imperial » (550 euros) redevient-elle intéressante pour nos rétines d’esthètes jusqu’alors peu impressionnées par les formes maison, pataudes, faussement « fashion » et ressemblant à s’y méprendre à certains modèles Church’s version Prada.

Les souliers sont tous fabriqués à Kettering avec, pour la gamme Imperial, des finitions main et une bonne qualité de cuir. Les gammes inférieures, Classic (415 euros) et City (345 euros) proposent quant à elles une avalanche de bouts patates et de formes rondes très anglaises et un peu trop massives à mon gout, mais qui restent un bon choix en termes de qualité générale.

A noter, pour les amateurs de Kilts, une belle gamme de Ghillies dont certains modèles bi-matière en Donegal tweed absolument splendides.

Une maison en pleine mutation, à suivre de près pour les amateurs de belles anglaises.

++ : Une bonne qualité globale, des souliers sérieux, des prix cohérents.

— : Des formes encore pataudes (surtout sur les lignes Classic).

ALDEN

Surtout pour le Shell Cordovan

Prix moyen : 400 euros (550 euros pour le Cordovan)

aldenshoe.com

Autre acteur important du marché américain, mais positionné sur le segment juste au dessus celui d’Allen Edmonds en termes de tarifs, Alden est la marque de référence pour les souliers masculins classiques de qualité aux Etats-Unis. Largement distribués dans le monde entier, les souliers Alden  ne manquent pas d’argument en termes de qualité de fabrication (un bon Good-Year made in USA) , de solidité et de finitions.

Les formes restent, année après année,  classiques, assez monotones et peu excitantes (doux euphémisme) tandis que les patronnages jouent la sécurité et le classicisme à tous les étages.

En revanche la gamme en cuir Cordovan (l’une des spécialités maison) est très réussie et toujours impeccablement finie. J’ai à titre personnel, un souvenir ému d’un modèle Tanker boot en cuir Cordovan fait par Alden pour Leffot à New York dont je ne me suis jamais remis (voir ici l’article PG  ici).

++ : Des souliers sérieux, une gamme en cuir Cordovan très réussie, un choix large.

— : Des formes très américaines, des patronages très (trop) conservateurs.

TRICKERS

De bons souliers anglais, sérieux et solides

Prix moyen : 400 euros

trickers.com

Autre usine historique de Northampton (où décidément l’effervescence règne en cette période de marketing outrancier de la tradition), Tricker’s est cependant une maison qui mérite largement d’être considérée par les vrais amateurs de chaussures anglaises classiques et de bonne qualité.

Chez Tricker’s, comme chez Grenson et consorts, pas de manières, pas de formes fuselées ni d’effets de style sur les patronnages : les modèles sont simples, les formes rondes et classiques et le tout respire la qualité et la solidité. Comme beaucoup d’amateurs de Trickers, j’ai un (gros) faible pour les brogues de campagne (country brogues) maison dont le génial modèle Bourton ci-dessus, un soulier très agréable à porter et d’une solidité incroyable.

Evidemment, tout est fabriqué dans la manufacture maison qui fabrique par ailleurs bon nombre de produits « fashion » pour des marques qui ne nous intéressent pas dans cette sélection.

Une maison très respectable et dont la boutique de Jermyn Street reste un « must see » pour tout amateur de belles chaussures anglaises.

++ : Des beaux souliers bien fabriqué et solides, des country brogues fabuleux !

— : Des formes rondes et peu attractives.

CAULAINCOURT

De jolis souliers, une belle personnalité

Prix moyen : 400 euros

caulaincourt.fr

Caulaincourt fait partie de ces quelques jolies maisons parisiennes fondées et animées par d’authentiques passionnés et qui proposent des vraies gammes de souliers dont la personnalité évidente ne laisse personne indifférent.

Créée en 2009 par le jeune Alexis Lafont, Caulaincourt commence petit à petit, et avec beaucoup de consistance saison après saison, à se forger une identité qui lui est propre ce qui, sur un marché en pleine explosion, est une vraie performance.

Avec un approche volontiers « dandy » du soulier masculin, Caulaincourt se démarque de bon nombre de ses concurrent en proposant des modèles particulièrement bien équilibrés, plus fins que les souliers anglais, mais moins longs que les souliers italiens.

La maison propose deux gammes, l’une permanente (la Paris), l’autre plus saisonnière (la Club) et fait preuve depuis quelques saisons d’une belle créativité avec, notamment, une gamme de bottines Balmoral bi-matières très audacieuse et plutôt bien sentie. Les montages sont majoritairement en Blake sous gravure avec un peu de montage Bolognais. Le travail est sérieux, les finitions bonnes et le tout est très compétitif dans sa gamme de prix.

Une maison en plein progrès dont la persévérance, la passion et le sérieux du propriétaire-fondateur est indéniablement à saluer.

++ : Un travail sérieux, une belle personnalité.

— : Certains modèles très marqués et difficiles à porter, mais c’est subjectif.

HESCHUNG

Immortel Ginkgo

Prix moyen : 400 euros

heschung.com

Heschung est une auguste maison Alsacienne qui jouit d’une réputation désormais mondiale pour la qualité impeccable de ses fabrications, pour sa maîtrise parfaite du cousu norvégien et pour la longévité de ses produits.

Evidemment, les formes et les patronages maison sont majoritairement « outdoor », ce qui réserve les Heschung à une utilisation casual ou de plein air (les autres gammes plus urbaines étant encore très nouvelles).

Pourtant, la maison Heschung possède en son sein une pépite. Le soulier parfait de week-end en extérieur. Un modèle emblématique que tout amateur de soulier de plein air se devrait de posséder un jour : le célébrissime modèle Gingko qui constitue, dans cette gamme de prix, la « hunting boot » ultime.

Souvent proposé dans de très belles combinaisons bi-matière, le Gingko a incontestablement de l’allure tandis  que ses qualités de confort, de solidité « tout-terrain » et de durabilité sont unanimement reconnues.

Gingko forever.

++ : Un cousu norvégien fabuleux, une solidité excellente.

— : Un seul modèle vraiment convaincant auquel il est, en revanche, très difficile de trouver le moindre défaut…

VASS

Des souliers faits main pour moins de 500 euros

Prix Moyen : 450 euros

vass.hu

Vass, maison fondée à Budapest en Hongrie par le bottier éponyme, est une maison qui fait beaucoup parler d’elle depuis quelques années et qui a récemment acquis, notamment grâce aux fora anglo-saxons, une belle notoriété parmi les amateurs (et connaisseurs) de souliers du monde entier.

La raison de cet engouement pour Vass est simple : la maison Hongroise propose des souliers intégralement faits main à moins de 500 euros.

Les formes maison restent très classiques, avec, évidemment, une mention spéciale pour la forme U, développée par le génial Roberto Ugolini, et qui est devenue l’une des formes emblématiques de la maison. Les patronnages, quant à eux, sont élégants et les cuirs plutôt corrects.

Evidemment, les finitions d’une paire de Vass faites main sont perfectibles (c’est la loi du genre), mais le rendu global ne manque généralement jamais d’allure.

Le revers de cette belle médaille concerne le contrôle qualité – et plus globalement l’organisation – assez aléatoire pour une maison de cette réputation. Vass est donc l’exemple type d’une petite maison montée aux nues par les fora mais qui a parfois quelques difficultés pour faire face à une demande de plus en plus importante et surtout beaucoup plus exigeante.

Ceci étant, lorsque des souliers Vass sont réussis (et ils le sont très souvent), ils développent un charme et un caractère époustouflants.

++ : Le rapport qualité-prix, Le charme du fait-main, l’allure des modèles, la gentillesse de Monsieur Kuti (le directeur des ventes).

— : Des finitions parfois un peu grossières (roulette, petit point), Un contrôle qualité encore perfectible et des ratés logistiques (malgré une bonne volonté évidente).

CROCKETT & JONES

Qualité, élégance et discrétion anglaise

 Prix Moyen : 450 euros

crockettandjones.com

Une valeur sûre. Voilà la formule qui vient à l’esprit de tout connaisseur de beau soulier lorsqu’il est question de Crockett and Jones, maison fondée en 1879  à Northampton et dont la manufacture est la deuxième plus grande de la région (après celle de Church’s).

Les souliers Crockett and Jones sont de beaux souliers Anglais, à la fabrication très sérieuse, aux formes classiques et aux patronnages élégants et discrets. L’intemporalité de tous les modèles emblématiques de C&J (Chelsea, Connaught, Pembrook) fait qu’un jour ou l’autre, tout amateur de beaux souliers possède ou possèdera une paire de Crockett.

Deux niveaux de gamme sont proposées, la « main line » tarifée aux alentours de 400 euros et la « hand grade » aux alentour de 550 euros (de nombreux connaisseurs restant d’ailleurs dubitatifs sur la réelle valeur ajoutée des opérations main justifiant 150 euros de plus, mais c’est un autre sujet…)

Une valeur sûre, indeed.

++ : La qualité objective et ressentie, la régularité, la discrétion, l’étendue des gammes.

— : Peut-être un léger manque de personnalité, mais c’est évidemment très subjectif…

ALFRED SARGENT

 Une (autre) belle maison de Northampton

Prix Moyen  : 450 euros

alfredsargent.co.uk

Autre manufacture installée à Northampton, la maison Alfred Sargent produit des souliers Anglais de tradition depuis quatre générations. Son nom était, jusqu’il y a quelques années, quasiment inconnu du grand public  (elle fabriquait principalement des souliers pour d’autres).

Depuis quelques années cependant, et après avoir traversé une période difficile qui faillit lui être fatale, Alfred Sargent semble retrouver un nouveau souffle avec, notamment, une montée en gamme de la production elle-même (la présence d’une ligne de production Gaziano & Girling au sein de la manufacture pendant des années y étant sans doute pour quelque chose…) et un vrai travail stylistique sur la collection maison.

Il en résulte de bien beaux souliers Anglais avec un petit supplément d’âme comme le très beau Richelieu à plastron et à bout rapporté Moore (ci-dessus), dont le pincé au niveau du cambrion n’est pas sans rappeler le style de Tony Gaziano (en moins fin évidemment).

Une belle maison pouvant s’avérer être une bonne alternative pour les amoureux du style Anglais à la recherche d’un soulier cependant légèrement moins « understated ».

++ : Une belle fabrication Anglaise avec un petit supplément d’âme, le réseau Mandfield et Bowen en France.

— : Une offre tarifaire illisible (avant Manfield), des produits difficile à trouver (avant Manfield).

ALTAN BOTTIER

Une pépite Parisienne (encore) trop méconnue

Prix moyen : 450 euros

http://altan-bottier.com

Altan Bottier est une petite maison Parisienne qui jouit d’une notoriété certaine parmi les passionnés de souliers à Paris, mais dont le travail mériterait sans doute une exposition et une audience plus importantes.

Très réputée pour fabriquer l’un des Richelieu à plastron parmi les plus élégants du marché (voir ci-dessus) et pour la qualité de l’accueil, la maison Altan Bottier creuse tranquillement son sillon et fait plaisir, chaque jour, à de nombreux clients avec des gammes de souliers de bonne qualité montée en Good Year et en Blake, fabriquées en Italie, en Espagne et au Portugal et proposées en cuir brut à patiner.

Ce sont d’ailleurs les patines-maisons généralement assez spectaculaires, qui ont fait la notoriété d’Altan, à une époque où, il y a quelques années, peu de maisons proposaient ce service qui change considérablement ce que les marketeurs appellent aujourd’hui « l’expérience client ».

Une très jolie maison à considérer absolument pour toute personne ayant la possibilité de venir à Paris où Altan Bottier possède deux points de vente dont l’un dédié à la mesure.

++ : Un style incontestable, des patronnages superbes, une bonne qualité générale, un bon rapport qualité-prix

— : Pas de point de vente en dehors de Paris (mais une boutique en ligne désormais performante ici : Altan Bottier La Boutique en Ligne)

MARC GUYOT

L’esprit Apparel Arts

Prix Moyen : 500 euros

marcguyot.com

Marc Guyot ne fait jamais rien comme les autres, et encore moins les souliers.

Et la raison pour laquelle les souliers de Guyot ne jouissent pas de la notoriété qu’ils mériteraient (notamment hors de nos frontières), c’est que Marc Guyot, dans son souci obsessionnel de revisiter l’âge d’or du style masculin (années 30 à 50) a une fâcheuse tendance à avoir un coup d’avance et donc à arriver parfois un peu trop tôt avec certains patronnages… Ce fut, par exemple, le cas avec la bottine Balmoral que Guyot avait relancée bien avant tout l’engouement qu’elle génère aujourd’hui.

Les montages Blake sont corrects, les cuirs de qualité honorables, mais l’essentiel est ailleurs : les patronnages superbes (semblant directement sortis d’illustrations de Lawrence Fellows) donnent aux souliers Marc Guyot une personnalité vraiment unique (voir le Richelieu ‘ années 30 ‘ ci-dessus).

Les souliers de Marc Guyot ne sont pas faits pour tout le monde, mais séduiront un jour ou l’autre toute rétine intéressée par l’élégance masculine classique.

++ : Le style, les patronnages, la finesse de modèles.

— : un stock irrégulier, une disponibilité souvent limitée.

SANTONI

Le chausseur Italien le plus international

Prix moyen: 500 euros

santoni.com

Santoni est un chausseur Italien qui fabrique des souliers de bonne qualité, majoritairement en montage Blake mécanique avec finitions main, qui sont surtout reconnus pour leurs lignes très effilées et parfois spectaculaires. Dans le registre, l’entreprise est allée très (trop) loin, jusqu’à se fourvoyer avec des modèles indignes d’elle que ce soit en termes en design ou de qualité de construction (sans parler des cuirs).

Depuis quelques années cependant, Santoni semble cependant enfin calmer ses ardeurs « high-fashion », remettre de l’ordre dans des collections incohérentes et revenir à des formes plus sobres (avec même du Good Year sur certains modèles) et, au final, très élégantes, dont ce Richelieu à bout rapporté particulièrement réussi.

Une maison qui peut redevenir intéressante en termes de style, mais dont la qualité des cuirs a toujours fait l’objet de nombreux débats parmi les amoureux de beaux souliers Italiens.

Des produits à choisir et à manier avec discernement donc. Mais une belle Santoni restera toujours une belle Santoni…

++ : Un style indéniable, l’esprit italien.

— : Des cuirs à la qualité irrégulière, certaines gammes « fashion » de mauvais goût.

J.M. WESTON

Une institution du beau soulier Made in France

Prix moyen : 600 euros

jmweston.com

Sérieux. Solidité. Discrétion. Elégance.

Les produits de la maison J.M. Weston sont sans aucun doute parmi ceux qui recueillent le plus d’éloges (et le moins de critiques, une exception!) parmi les communautés d’amateurs de très belles chaussures en France et dans le monde entier.

Et c’est sans aucun doute très mérité tant l’entreprise de Limoges ne manque pas d’atoûts exceptionnels comme celui, unique au monde, de posséder deux tanneries, l’une pour les cuirs des semelles et l’autre (au Puy en Velay, rachetée au bord de la faillite en 2011) pour les tiges.

Les collections Weston sont toujours habilement organisées autour des quatre ou cinq modèles emblématiques voire iconiques de la maison (les derbys ville, demi-ville, chasse et golf, les mocassins 180) auxquelles de très belles collections plus contemporaines – dont la très belle « Graphic » – sont venues, au fil des années, se rajouter sous l’impulsion de Michel Perry, un directeur artistique au goût très sur et qui officie aux manettes du style maison depuis 2001.

Alors que le « Made in France » est en passe d’être galvaudé à force d’être mis à toutes les sauces, ce sont des maisons comme J.M. Weston, et uniquement celles-ci, qui lui donnent ses vraies lettres de noblesse.

Weston au Panthéon.

++ : Une qualité irréprochable, des classiques intemporels.

— : Franchement pas faciles à trouver (si ce n’est que je ne comprends toujours pas cet engouement pour le 180 qui est le soulier qui raccourcit le plus les pieds au monde !!)

ZONKEY BOOT

Un beau produit « with a twist »

Prix moyen : 650 euros

zonkeyboot.com

Je ne suis pas, d’habitude, un grand fan des marques se proposant de revisiter les grands classiques « with a twist » car je trouve souvent les twists en question plutôt ratés… Je ferai cependant une exception pour Zonkey Boot qui réussit dans cette entreprise avec un flair certain et dont les boots bi-matières en cuir et laine ci-dessus constituent un excellent exemple de la production maison : des souliers indéniablement différents et techniquement très bons, dessinés à Vienne en Autriche et réalisés dans un atelier de la région de Venise où l’on pratique couramment  le cousu trépointe et autres gâteries techniques de ce niveau.

Fondé et dirigé par Alexandra Diaconu et Michael Rollig, qui fonda l’usine Saint Crispin’s en Roumanie dans une vie antérieure, Zonkey Boot a très vite surpris par ses lignes singulières et ses discrètes audaces : des formes intéressantes, dont cette forme « Sailor », que je trouve personnellement très belle et très équilibrée, des jolis cuirs bien travaillés et des idées de patronnage originales.

La qualité technique est indéniable (cousus trépointes, tiges cousus main) et le rendu final très intéressant : un style vraiment hybride, plutôt décontracté et finalement assez élégant. Une mention spéciale pour le modèle derby à bout rapporté « zerofourseven »

Une maison que l’on a sincèrement envie de voir réussir et se développer.

++ : De très beaux souliers, à la fois techniques, originaux et élégants.

— : Un e-shop lent et pas facile à utiliser, quelques modèles bizarres (les sneakers notamment, mais ca n’a jamais été mon fort…)

SCARPE DI BIANCO

Le nom qui monte

Prix moyen : 800 euros

scarpedibianco.com

Fondée par deux anciens employés de la maison Sutor Mantellassi, Scarpe di Bianco est la sensation du moment avec une collection de souliers absolument splendide et qui commence à faire parler d’elle.

Les  formes sont d’une belle élégance, très fines mais pas exagérées, les patronnages sont très travaillés (et même un peu trop perforés par moments), les cuirs de belle qualité (surtout les grainés très réussis) et les patines subtiles. Le tout est proposé dans tous les types de construction : Blake rapid, Good-Year et norvégien.

Fabriqués en Toscane mais disponibles quasi exclusivement sur le marché américain (avec un bon réseau de revendeurs), les souliers Scarpe di Bianco apportent indéniablement du panache dans cette gamme de prix et pourrait bien devenir, s’ils accrochent un ou deux bons revendeurs de prestige, un grand nom italien de demain. Terriblement séduisant.

++ : Les formes, les patronnages, le style. Des souliers objectivement splendides.

— : Certains excès de perforations…

BONTONI

Magnifiques et introuvables (sauf aux USA)

Prix moyen : 900 euros

bontoni.com

Ces souliers possèdent un flair et une classe indéniables mais sont toujours aussi introuvables en dehors des USA où ils sont distribués parfois à prix d’or dans des boutiques de grand luxe.

Fabriqués dans l’atelier maison situé à Montegrano (dans la région des Marches) qui ne produit toujours qu’une petit nombre de paires par jour (dont la majorité en Blake rapid montées sur des semelles épaisses de grande qualité), les Bontoni représentent à mon sens la quintessence du flair italien contemporain : des formes superbes, des patronnages incroyables et des patines à couper le souffle.

Si vous êtes un amateur de beaux souliers, il vous faut posséder au moins une paire de Bontoni dans votre vie.

A noter la très belle sélection de Bontoni disponible chez Shoes and Shirts à Maastricht aux Pays-Bas et dont la prise de vue ci-dessus est issue.

++ : Un style unique, une élégance inouïe.

— : Des cuirs parfois inégaux, une distribution quasi inexistante en dehors des USA.

EDWARD GREEN

Classicisme, qualité et bon goût Britannique

Prix moyen : 900 euros

edwardgreen.com

Cette honorable  maison de Northampton, quasiment vénérée par une communauté de fidèles,  représente sans aucun doute la quintessence du bon goût et de la qualité Britannique en matière de souliers masculins.

Après un passage difficile juste après le décès de John Hlustik (son talentueux propriétaire et styliste) et quelques errances stylistiques bien vite oubliées, la maison Edward Green est bel et bien redevenue elle-même depuis quelques années sous l’impulsion d’Hilary Freeman, l’épouse du regretté Hlustik, qui a décidé de revenir à l’essence du style maison : des souliers d’un classicisme absolu, d’une élégance éminemment discrète et surtout, d’une qualité de fabrication impeccable. Les cuirs sont beaux et solides, les finitions fabuleuses et les patronnages, même s’ils ne prennent jamais de risques, sont toujours de bon goût.

Notez bien qu’en ce qui concerne EG, classicisme ne veut en aucun cas dire ennui et que certains modèles sont particulièrement excitants, comme, par exemple, les Spectator Shoes « Malvern » (une spécialité maison) qui crèvent l’écran surtout en version bicolore et/ou bi-matière.

Une maison dont le secteur ne peut se passer. Des souliers dont les vrais amateurs se doivent de posséder un jour ou l’autre, une paire.

++ : Un produit impeccable, des finitions excellentes, un classicisme absolu.

— : Je ne vois pas.

AUBERCY

Une belle maison Parisienne (très) à part

Prix moyen : 900 euros

aubercy.com

Dire qu’Aubercy est une maison à part relève du doux euphémisme, car dans la famille Aubercy on ne fait jamais rien tout à fait comme les autres, surtout quand il s’agit de la passion, voire de l’obsession familiale : la fabrication de souliers haut de gamme pour les hommes.

Fondée en 1935 (et occupant toujours le même point de vente rue Vivienne), Aubercy produit des souliers artisanaux d’une élégance indéniable et d’une qualité technique réelle. Ces derniers sont fabriqués depuis de nombreuses années dans le même atelier familial Italien (avec Aubercy, c’est toujours une histoire de famille…) dans lequel Aubercy possède sa propre ligne de production, ses propres formes, ses propres matières et ses propres méthodes.

Ainsi la maison a développé dans son atelier Italien différentes techniques de montage utilisées en fonction des modèles (Blake, Good-Year, Cousu Norvégien et Cousu Trépointe à la main) et a même mis au point un intéressant montage « hybride », mixant Good-Year sur l’avant et Blake sur l’arrière de certains modèles, afin d’affiner la silhouette du soulier au niveau de la cambrure.

Il en résulte une gamme de souliers mixant des modèles d’un classicisme époustouflant (dont le modèle James ci-dessus, un Richelieu à bout rapporté d’une fulgurante simplicité) et d’autres résolument audacieux avec des patronnages asymétriques (dont certains sont assez déstabilisants, y compris pour votre serviteur, assez amateur de symétrie en matière de souliers).

Une maison étonnante, attachante (le légendaire caractère bien trempé d’Odette Aubercy faisant partie du charme de la maison) et même, à certains égards, émouvante, pour qui aura eu la chance de voir la famille réunie au grand complet, avec Odette donc, la mère, Xavier, le fils, passionné et très à l’écoute des clients et avec Philippe, le père, toujours aussi vert lorsqu’il s’agit de parler de souliers….

Une maison de qualité, très attachante, dirigée par une famille vraiment amoureuse des beaux souliers et qui mérite une audience bien plus large que celle dont elle jouit actuellement.

++ : Des souliers à forte personnalité, très chics et souvent très originaux.

— : Quelques patronnages un peu « too much », mais c’est subjectif.

JOHN LOBB

Une légende (bien) vivante

Prix moyen : 1000 euros

johnlobb.com

John Lobb est la maison de souliers masculins de tous les superlatifs. C’est aussi l’une des (deux) seules maisons du domaine faisant vraiment l’unanimité parmi les amateurs et les connaisseurs  ce qui, croyez-le bien, est une performance…

Créée en 1866 à Londres, installée à Paris depuis 1903 et rachetée par le Groupe Hermès en 1976, la maison Lobb introduit le prêt-à-chausser dès 1982 avant d’ouvrir sa manufacture  à… Northampton en 1994, où sont désormais fabriquées – à la main – les magnifiques collections Lobb dont de nombreux modèles sont directement inspirés des créations Bespoke de l’atelier de la Rue Mogador, sans doute le plus bel atelier de souliers sur mesure au monde.

Les collections regorgent de modèles classiques emblématiques – le double boucle William, le mocassin Lopez – ainsi que de créations plus contemporaines afin de rendre la marque accessible (au moins en termes de style) à tous les amateurs de souliers de très haut niveau.

Ne pas manquer le sublime Richelieu Philip II (photo ci-dessus) ou encore le Saunton qui est, à mon sens, l’un des plus beaux Richelieu qui soit : John Lobb’s Saunton.

Les cuirs sont sans doute parmi les plus beaux et les plus qualitatifs du marché (merci Hermès) et la fabrication ne souffre d’aucun bémol.

La concrétisation de la notion « d’élégance intemporelle ». Un sommet du soulier masculin classique.

++ : Des souliers de grande classe, les plus beaux cuirs du marché, une vraie culture bottière.

— : Néant.

BETTANIN & VENTURI

Panache italien et montage norvégien faits main

Prix moyen : 1100 euros

bettaninshoes.com

Cette étonnante maison italienne produit uniquement à la main des souliers littéralement hors du commun avec une maitrise parfaite du cousu norvégien dont elle a fait sa spécialité.

Certains patronnages et certaines patines sont évidemment un peu exagérés et les modèles frôlent parfois les limites du bon goût, mais quels souliers incroyables !

Disponibles chez Barneys, chez Isetan et dans un petit réseau de revendeurs sélectionnés.

Pour la beauté du geste norvégien.

++ : De magnifiques montages en norvégien, des formes et des patines étonnantes.

— : Des patronnages et des patines clairement « too much » sur certains modèles.

CORTHAY

La Formule Un du soulier masculin

Prix moyen : 1100 euros

corthay.com

Pierre Corthay fait partie (avec Tony Gaziano notamment) des héros de la renaissance actuelle que connait le marché du soulier masculin de luxe.

Célèbres, et célébrés, dans le monde entier par une clientèle de gentlemen passionnés, les souliers Corthay sont reconnaissables entre tous par des lignes, des formes et des patronnages uniques qui sont venus littéralement « bousculer » le monde très conservateur (à l’époque) du soulier pour hommes.

Le modèle Arca (ci-dessus), sublime derby deux oeillets et modèle emblématique de la maison de la rue Volney, est l’archétype du style Corthay : une  ligne stupéfiante, un patronnage immaculé et superbe (avec cette fameuse languette !!) et un bout absolument renversant (avec ce petit plongé très doux).

Après avoir connu des moments (très) difficiles il y a quelques années, l’entreprise connait aujourd’hui, sous l’impulsion de Xavier de Royère et de son équipe, un second souffle et une expansion sans précédent avec l’ouverture de boutiques en propre dans le monde entier (Londres, Hong Kong, Dubai, Tokyo).

Fabriqués dans la manufacture maison installée en banlieue Parisienne (dont le contrôle qualité s’est considérablement amélioré depuis 2 ans), les modèles prêt-à-porter de Corthay font aujourd’hui l’objet d’un engouement international pour leur personnalité unique, qui est sans doute, et de loin, la plus « Dandy » du marché.

La Formule Un du soulier masculin.nouïe,  une fabrication (enfin) impeccable.

++ : Des souliers à très forte personnalité, des formes d’une pureté inouïe,  une fabrication (enfin) impeccable.

— : Un manque de nouveautés. Nous attendons tous beaucoup plus de Corthay sur le sujet.

GAZIANO & GIRLING

La nouvelle étoile Britannique

Prix moyen : 1150 euros

gazianogirling.com

Sans doute l’une des trois maisons dont on parle le plus actuellement dans le petit monde du soulier (très) haut de gamme.

Dean Girling et Tony Gaziano sont deux bottiers-formiers Britanniques ayant fait leurs armes chez les plus grands, de Green à Cleverley et de Lobb à Foster and Son. Ils ont créé en 2006 la maison Gaziano & Girling avec une idée simple en tête : rafraichir le monde très conservateur du soulier Anglais haut de gamme avec des collections « classic with a twist » fabriquées dans les règles de l’art mais avec un « flair » plus contemporain.

Ainsi les collections G&G, hier fabriquées sur une ligne dédiée chez Alfred Sargent et aujourd’hui dans une toute nouvelle usine en propre ouverte l’année dernière à Kettering tout près de Northampton, sont-elles très vite devenues les véritables coqueluches de toute une génération de passionnés d’élégance classique contemporaine.

Cet engouement très rapide des communautés de passionnés n’est cependant pas usurpé, car G&G a de sérieux arguments à faire valoir avec des collections très sophistiquées, des formes d’une élégance inouïe et des détails techniques du plus haut niveau (lisses rondes, cambrions très pincés, roulette superbe, petit point).

Que ce soit en Bespoke (à partir de 3000£), en MTO ou en prêt à chausser, les produits Gaziano & Girling semblent donc , à ce jour, amplement mériter la magnifique réputation dont ils jouissent désormais.

Leur toute première boutique sur Savile Row est – enfin – en train d’ouvrir ses portes et Tony Gaziano est objectivement un type formidable avec un état d’esprit impeccable.

What else ?

++ : Des souliers superbes, une belle personnalité, une fabrication excellente.

— : Pas grand chose à se mettre sous la dent ni sous la roulette…

SAINT-CRISPIN’S

Des souliers d’exception intégralement faits main

Prix moyen : 1200 euros

saint-crispins.com

Saint Crispin’s est une maison Autrichienne (à l’origine une maison de Bespoke) installée à Vienne et qui possède depuis de très nombreuses années, un atelier artisanal en Roumanie où 19 ouvriers travaillent, uniquement à la main, à la production de souliers masculins d’une qualité et d’une technicité rarement atteintes en dehors du strict Bespoke traditionnel.

Car même si nous parlons, dans cette sélection, de prêt-à-chausser uniquement (le Bespoke et le MTO feront l’objet de sélections spécifiques), les souliers Saint Crispin’s que nous avons vus et essayés répondent tous aux critères de qualité du plus haut niveau : des souliers intégralement faits main, dans des cuirs de belle qualité (pas ceux de Lobb tout de même), avec une qualité de montage et de finitions impressionnantes, des patronnages parfois assez audacieux et des formes, certes assez classiques, mais de bon goût.

L’originalité de Saint Crispin’s est que l’atelier produit tous les souliers à l’unité (aucune série) en fonction des commandes et que pour le client final, il n’y a aucune différence de prix entre le prêt-à-chausser et le « made-to-order » : si un modèle vous plait, mais que vous le souhaitez dans un autre cuir mais également avec un autre patronnage et d’autres détails de finitions, le soulier sera fabriqué pour vous en 10 semaines et sans surcoût.

Une approche du soulier haut de gamme complètement différente que nous pourrions qualifier de « Bespoke sur formes standards modifiables ».

Bien vu, bien joué. L’un des noms à suivre de très près.

++ : Un produit fabuleusement qualitatif, une expérience proche du Bespoke.

— : Comme le MTO est au tarif du prêt-à-chausser (où l’inverse), les distributeurs ont souvent peu de stock (10 semaines de délai donc).

BERLUTI

L’émotion d’un bijou

Prix moyen : 1200 euros

berluti.com

Berluti est, sans aucune contestation possible, la marque de souliers déchainant le plus les passions, les commentaires, les diatribes autant que les panégyriques et les débats, souvent houleux, entre supporters et détracteurs de la maison de la rue Marbeuf.

Et il y a une explication simple à cela : l’émotion.

Les souliers Berluti, qu’on le veuille ou non, génèrent et véhiculent en effet une dimension émotionnelle que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. Quiconque a déjà eu la joie (et l’émotion donc) de marcher dans une paire de Berluti comprendra aisément ce que dont je parle : cette impression de porter des bijoux plus que des souliers et d’être, instantanément, au meilleur de soi-même…

Devenue célèbre sous l’impulsion de l’inénarrable Olga qui a littéralement ré-inventé le marché du soulier masculin haut de gamme avec l’introduction, dans les années 80, de formes, de patronnages et de patines jamais vues à l’époque, la maison Berluti offre une gamme de souliers à la personnalité unique (et immédiatement reconnaissable), au patronnages superbes et au style extrêmement raffiné.

A posséder absolument une fois dans sa vie, le one-cut Alessandro : Oxford Alessandro

Des souliers certes parfois très fragiles (surtout en cas de pluie…) mais d’une classe époustouflante. Tout le reste n’est que commentaire.

++ : Une personnalité unique, des patronages et des patines exceptionnels.

— : Fragilité. Des souliers qui ne se portent pas n’importe quand ni n’importe comment.

GEORGE CLEVERLEY

 Formes et style Über British, addition salée

Prix moyen : 1400 euros

gjcleverley.co.uk

Cleverley

L’une des légendes londoniennes du bespoke propose depuis quelques années, une gamme en prêt-à-chausser très convaincante et réussissant à reprendre avec bonheur les lignes et les formes si particulières des souliers George Cleverley.

Fabriqués dans une manufacture de Northampton (Crockett ou/et Edward Green à priori), ces souliers ne manquent évidemment ni de caractère ni de qualités techniques ni de classe.

Le très actif Mr Porter, toujours à l’affut de bonnes histoires avec des marques historiques (il nous prépare même le come-back de Sulka Ties… ), a d’ailleurs mis Cleverley au catalogue avec certains modèles exclusifs plutôt réussis, dont un brogue toute en finesse (une sorte d’oxymore bottier) à voir ici.

C’est über-british et objectivement très réussi. Mais cela vaut-il vraiment les tarifs annoncés ?

++ : Des souliers über élégants, la magie de Cleverley.

— : Les tarifs excessifs. 

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Nous espérons que cette sélection vous aura permis, comme le veut la formule, de trouver (belle) chaussure à votre pied.

Cheers, HUGO