Bonne Gueule ouvre sa première boutique à Paris

Hugo JACOMET

Bonne Gueule ouvre sa première boutique à Paris

Alors que nos camarades de Bonne Gueule viennent tout juste d’ouvrir leur première boutique « physique » à Paris, je ne peux m’empêcher de penser à mon grand ami Philippe Bloch (le célèbre auteur du Best-Seller « Service Compris » et de nombreux autres ouvrages savoureux, aujourd’hui chroniqueur sur BFM et animateur de télévision) qui commençait invariablement ses conférences (toujours enthousiasmantes) par la même citation anonyme, issue de la sagesse chinoise :

« l’homme qui ne sourit pas, ne doit pas ouvrir boutique. »

Cette petite pensée, en apparence inoffensive et simpliste, est pourtant, à mon humble avis, l’un des fondements principaux du formidable succès que connaissent, depuis leur lancement, Geoffrey Bruyère, Benoit Wojtenka et l’équipe de Bonne Gueule, aujourd’hui composée de 22 personnes.

Car Bonne Gueule au delà d’un « business model » original et visionnaire, au delà d’une gestion exemplaire de la relation-client, au delà de l’honnêteté totale de la démarche, au delà même de la création de l’une des plus belles (et des plus fidèles) communautés sur l’internet, c’est d’abord et avant tout un état d’esprit qui vient transformer, bousculer, secouer, voire révolutionner l’un des problèmes majeurs de notre pays : la pauvreté du service et du conseil apportés aux clients.

Philippe Bloch, toujours lui, est d’ailleurs devenu célèbre avec l’une de ses conférences dans laquelle il expliquait, sans sourciller, que la gentillesse (un mot formidable et précieux ayant lentement glissé, dans nos civilisations occidentales, vers un sens aujourd’hui largement péjoratif) ne faisait pas partie de l’ADN des Français.

Pour cela il prenait l’exemple d’une situation dont il avait été le témoin à New York au début des années 80 : un homme, en apparence peu argenté, voyant qu’un agent de la circulation était sur le point de verbaliser une luxueuse voiture à cause d’un ticket de parcmètre périmé de quelques minutes, se précipita sur ledit parcmètre pour y insérer un quarter (25 cents) et ainsi éviter la contravention. Philippe Bloch, ayant lui-même été témoin de la scène, ne pu retenir un « eh bien dites moi, il était moins une avant que votre voiture ne reçoive une contravention ».

L’homme lui répondit avec un sourire : « Ce n’est pas ma voiture et j’ignore à qui elle appartient. Mais j’en ai tellement marre de ces contraventions injustes que je suis content d’en avoir évité une au propriétaire de cette belle voiture »… Philippe Bloch a tellement été marqué par cette situation, qu’il l’a ensuite racontée pendant des décennies au début de chacune de ses (nombreuses) conférences en expliquant qu’en France, une telle situation était tout simplement impossible, surtout pour une voiture luxueuse…

Evidemment, cet homme, que l’on qualifierait en France de « Bon Samaritain », n’existe sans doute que fort peu également de l’autre côté de l’Atlantique. Mais cette petite histoire vécue m’a également durablement marquée, moi qui suis né et qui ai grandi dans un pays où la gentillesse est une denrée rare, où dans le commerce la relation client-vendeur est souvent inversée et où vous avez, la plupart du temps, l’impression de déranger plutôt que d’être les bienvenus.

En France, expliquait toujours Philippe Bloch, le mot « client » n’existe d’ailleurs presque pas et nous sommes l’un des rares pays où les clients restent affublés, presque trente ans après son premier livre, d’appellations qui n’existent nulle part ailleurs : ainsi pour Electricité de France, expliquait-il, vous n’êtes toujours pas un client mais « un abonné basse tension » (sic), pour une société d’assurances vous restez, quand tout va bien, un « assuré » et quand tout va mal vous vous transformez en « sinistre ».

Pour un restaurateur (surtout parisien) vous n’êtes toujours pas un client mais un « couvert », pour la RATP ou la SNCF vous êtes un « usager », pour un taxi une course, pour une prostituée une passe, pour un pompiste un plein et pour un plombier un pigeon.

En France, que cela nous plaise ou non, les clients, au sens noble du terme, n’existent toujours pas, même chez Darty qui a pourtant bâti sa réputation sur le fameux « contrat de confiance » mais qui, si vous avez besoin d’un dépannage vous donne encore, en 2015, des créneaux de passage à la demi-journée (notre technicien passera entre 8 heures et 13 heures)… Comme si nous n’avions que cela à faire et comme si nous étions au service de ces entreprises et pas l’inverse…

Bonne Gueule c’est très exactement tout l’inverse de ce que je viens de décrire. C’est le contrat de confiance de Darty, mais en vrai. C’est une démarche honnête, transparente, sympathique, éclairée et surtout passionnée.

Et c’est surtout une entreprise exemplaire dont devraient s’inspirer tous les acteurs de l’internet, notamment les nouveaux blogueurs, qui, grisés par des statistiques WordPress sur-évaluées et particulièrement approximatives, commencent à vendre des cravates et des lunettes après quelques mois d’existence seulement, persuadés qu’ils sont d’être devenus des acteurs importants, et atteints qu’ils sont du syndrome de la célébrité rapide dont Andy Warhol a si bien décrit les dérives.

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Le 28 décembre 2009, nous publiions un article intitulé « Bienvenue à Toga Picta », qui, vous ne le savez peut-être pas, était le premier blog de notre copain Geoffrey Bruyère, le co-fondateur de Bonne Gueule. Pour la petite histoire, et sauf erreur de notre part, c’est grâce à ce post court, et en apparence, inoffensif, que Benoit Wojtenka (l’homme au nom le plus imprononçable de notre secteur) et Geoffrey entrèrent en relation et décidèrent, peu après, de créer Bonne Gueule (Benoit étant lui aussi à la tête d’un blog à l’époque).

La suite de leurs aventures est racontée en détails, et avec beaucoup d’émotion, par Geoffrey dans le post de Bonne Gueule intitulé Ouverture de la boutique Bonne Gueule à Paris et dont nous ne pouvons que vous conseiller la lecture.

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Depuis maintenant plus de 6 ans, PG et Bonne Gueule entretiennent une relation que je qualifierais de confraternelle (même si je pourrais aisément être le père de Benoit et de Geoffrey) et nous avons à de nombreuses reprises collaboré sur certains sujets comme vous pouvez le constater, par exemple, ICIICI ou encore ICI.

Depuis la création de leur ligne de vêtements particulièrement pointue en termes de qualité, de sourcing et de rapport qualité-prix, le succès est au rendez-vous avec plus de 11.000 pièces vendues, 55% de taux de re-commandes (donc une satisfaction-client de haut niveau), deux livres best-sellers et surtout une communauté d’une fidélité à faire rougir les plus grandes marques de France et de Navarre.

J’aurais, à titre personnel, tellement de (bonnes) choses à dire à propos de Bonne Gueule qu’il me faudrait un livre pour en parler tant leurs produits sont excellents (Chemise en Lin en tissu AlbiniBlazer en laine Hopsack VBCChino haut de gamme SchoellerJean Selvedge Renhsen pour ne citer que quelques-uns de leurs produits irréprochables) et tant j’aime l’état d’esprit de ces jeunes gens toujours impeccables et droits dans leurs bottes.

col chemise rayée Albini

Blazer mesh

coupe pantalon technique_2

Bonne Gueule c’est, pour moi, la voie médiane entre le vendeur américain qui en fait trop, et le vendeur français que vous dérangez. Car outre le fait qu’ils vont désormais pouvoir vous vendre des produits (toujours) exemplaires dans leur boutique parisienne, ils vont aussi vous aiguiller vers les meilleurs confrères pour tout produit non disponible chez eux et tenter de vous aider au maximum de leurs possibilités.

Dans un monde du commerce de luxe lobotomisé par le marketing et par les « histoires » de marques la plupart du temps inventées à grands coups de millions par des services marketing surfant sur le soi-disant retour du gentleman élégant, l’ouverture de la première boutique Bonne Gueule est une super bonne nouvelle pour la jeune génération et un superbe succès qui fait plaisir à voir.

Donc qui que vous soyez et où que vous habitiez, vous devez rendre visite à Bonne Gueule dans leur boutique désormais située 14 rue Commines 75003 PARIS (métro Filles du Calvaire), ne serait-ce que pour leur dire bravo et merci pour la qualité exceptionnelle de leur travail et pour ce qu’ils apportent dans le monde du style masculin, dans un registre, vous l’aurez compris, plus « casual » que PG.

Longue vie à Bonne Gueule et bravo les gars ! Nous sommes, chez PG, super fiers de vous.

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Boutique Bonne Gueule : 14 rue Commines 75003 PARIS. Ouverte tous les jours, même le dimanche (après-midi).

Gamme des produits BG : voir le Shop Bonne Gueule en ligne

Et bien sûr voir le Site Bonne Gueule