3 parfums Lorenzo Villoresi à porter au printemps

Greg JACOMET

3 parfums Lorenzo Villoresi à porter au printemps

Lorenzo Villoresi, créée en 1990 par le maître parfumeur éponyme, est une maison de parfumerie florentine que nous apprécions beaucoup.

Nos lecteurs fidèles se souviendront que nous avons déjà mentionné le très bon Mare Nostrum l’année dernière, à la faveur d’un article sur les parfums faciles à porter au bureau (voir ICI). Les jus de la maison sont variés, avec, cependant, une forte tendance à donner dans l’oriental aux effluves exotiques et souvent épicées. Il en résulte des parfums de caractère, pas forcément portables en toutes circonstances, mais toujours intéressants.

Le printemps étant arrivé, penchons-nous aujourd’hui sur quelques fragrances maison, particulièrement adaptées au retour des beaux jours : le noble Theseus, le rustique Wild Lavender et le nostalgique Uomo.

Theseus

THESEUS Villoresi

Theseus est un bel unisexe : une fragrance fraîche et harmonieuse aux senteurs nobles.

On y trouve en tête un bel accord hespéridé-fougère, mêlant divers notes florales, une pointe de muscade et de la bergamote légèrement poivrée. Le coeur se découvre rapidement après une première impression riche en notes fortes, et s’adoucit avec du vétiver, des notes boisées, de l’iris et du jasmin.

On en apprécie la relative linéarité et surtout la belle longévité des hespéridées. Là où de nombreuses créations du genre tendent à laisser tomber les notes de citron et de bergamote au bout d’une vingtaine de minutes, Theseus réussit à capturer les siennes sous une chape ambrée de cuir, de tonka et de musc.

Sans être d’une densité extrême, Theseus propose néamoins une belle ténacité : une fraîcheur teintée d’une belle amertume qui dure, et qui met de bonne humeur. Les épices y sont douces mais bien présentes. Pour quiconque cherche une fragrance hespéridée qui sache se faire discrète mais qui soit néanmoins dotée d’une belle personnalité, Theseus est un excellent choix.

On aime : La belle amertume générale, présente à tous les niveaux et les accords hespéridés qui durent. Les épices y sont parfaitement maîtrisées.

On aime moins : Après une certaine période, Theseus a tendance à développer des accords herbaux / cuir un brin médicinaux, qui ne seront pas du goût de tous.

Wild Lavender

WILD LAVENDER Villoresi

Wild Lavender est une lavande à mille lieues des grands classiques Pour un Homme de Caron et autres Jicky et Mouchoir de Monsieur de Guerlain. Point d’accords extravagants, point de douceur florale à outrance : ici la lavande est austère, mais plus naturelle aussi.

C’est une fragrance avant tout discrète mais également réputée, malheureusement, pour une longévité qui laisse à désirer (et il est difficile de contester ce point).

Pour le peu de temps que Wild Lavender dure, en revanche, c’est une fragrance incroyablement harmonieuse, dont la lavande est complétée par d’élégants arômes citronnés et doucement poivrés, une feuille de sauge, un peu de romarin séché et une ombre de clou de girofle, qui se découvre pleinement après une heure environ.

Répétons-le : il s’agit d’un parfum discret et subtil, peut-être à l’excès, mais qui parvient à capturer le léger aspect résineux de l’huile essentielle sans en imiter le côté surgras. Certes, il existe sur le marché d’autres lavandes plus audacieuses, plus iconiques et certainement plus originales. Mais pour qui cherche une lavande naturelle, qui tend vers la rusticité d’un pot-pourri en fin de vie, Wild Lavender est une vraie belle option.

On aime : La simplicité et la discrétion du parfum, une belle lavande, très harmonieuse.

On aime moins : Une longévité effectivement en deçà de ce que l’on serait en droit d’attendre d’un parfum de ce niveau, quoiqu’une application généreuse en matinée (sous la chemise) pourra remédier à ce défaut.

Uomo

UOMO Villoresi

Uomo est un hespéridé chypré, frais et aromatique. L’ouverture est perçante de bergamote fraîche, tempérée uniquement par la légère amertume du petitgrain, un peu à la manière d’une eau de cologne : des effluves douces, mais toniques.

Au coeur de la progression, on y trouve des accords herbacés, peut-être une ombre de lavande, du genévrier, agrémenté d’un peu de sauge. A la manière de Wild Lavender, les accords d’Uomo ne sont pas d’un grand romantisme ni d’une grande poésie.

Les notes en présence font dans le naturel, le brut, sans grand raffinement, mais mis bout à bout, les accords sont homogènes et le résultat fonctionne à merveille. Uomo vieillit avec élégance et équilibre, et quoi qu’il perde un peu en force aromatique, il gagne, à mesure qu’il sèche, en nuances épicées si chères à la maison, cette fois-ci à base de néroli et de bois de santal.

Soyons clair : Uomo ne fait pas dans la dentelle. C’est un parfum qui rappelle les créations masculines du milieu / fin du siècle dernier, avec tout ce que cela sous-entend en pugnacité. Avis à ceux qui se lassent vite des masculins chyprés de ces dernières décénies ! Mais ce que Uomo perd en subtilité, il le gagne en caractère, un trait qui manque cruellement à bien des hespéridés masculins de ces dernières années.

On aime : Un beau chypré fortement aromatique qui n’est pas sans rappeller une eau de cologne old-school par instants. Un parfum de caractère, mais tout à fait portable en toutes cironstances.

On aime moins : Une longévité appréciable, mais qui accuse une certaine érosion des notes de tête et de coeur. Uomo perd de sa force aromatique à mesure qu’il vieillit.