Peluso et Manna : deux pépites napolitaines (injustement) méconnues

Hugo JACOMET

Peluso et Manna : deux pépites napolitaines (injustement) méconnues

Mon prochain livre « The Italian Gentleman », est en pleine phase d’achèvement (pour une sortie publique en septembre 2017).

Son format devrait être peu ou prou similaire à celui de « The Parisian Gentleman », mais avec un nombre de pages supérieur puisque ce deuxième opus devrait finalement dépasser les 300 pages et les 500 photos originales (contre 256 pages et 350 photos pour mon précédent livre).

L’explication de cette augmentation assez sensible de la pagination est simple : ce projet un peu fou consistant à essayer de rendre compte de façon la plus précise et la plus honnête possible de la « scène » sartoriale transalpine, a finalement nécessité plus de 100 visites d’ateliers pour parvenir à la « sélection » (les guillemets sont importants) de plus de cinquante maisons qui feront partie d’un ouvrage que je vais finalement publier avec plus d’un an de retard.

Lorsque j’ai signé mon contrat d’auteur avec Thames and Hudson en 2013 et que je me suis engagé à livrer, coup sur coup, un essai sur le style parisien, suivi immédiatement d’un essai sur le style italien, je ne me rendais pas du tout compte de l’ampleur de la tâche – titanesque – liée au deuxième volume de mon contrat. Car si mon « Eloge de l’élégance à la française » a nécessité 18 mois de travail intense à Paris, mon « Traité de l’élégance à l’italienne » aura, quant à lui, finalement demandé plus de deux années de travail sur le terrain, de Biella à Palerme, en passant par Bologne, Florence et Naples.

En réalité, avec le recul, je me demande encore comment nous avons réussi à mener à bien ce projet qui a été réalisé dans les règles de l’art, c’est à dire en prenant le soin (et le temps) de visiter, avec Sonya et Lyle Roblin, chaque tailleur, chaque bottier, chaque chemisier, chaque gantier, chaque fabricant de cravates et d’accessoires, chaque artisan un par un, sans exception.

Nous allons donc vous livrer un livre qui aura été intégralement produit « à l’ancienne », sans aucun compromis et que nous aurons réussi à financer nous-mêmes avec l’aide logistique de quelques amis se comptant sur les doigts d’une seule main à Biella, à Milan et à Naples et sans lesquels ce projet, économiquement aberrant et impossible à rentabiliser (au moins pour l’auteur), n’aurait jamais pu voir le jour.

Durant cet interminable périple italien, nous sommes ainsi restés en « résidence » quatre mois à Milan et trois mois à Naples et avons découvert, notamment dans la fascinante ex-capitale du royaume de Naples et des deux  Siciles, de véritables pépites de l’art tailleur, injustement méconnues et/ou mésestimées sur lesquelles nous aimerions lever aujourd’hui brièvement le voile.

Car à côté des « stars » locales que sont Rubinacci, Solito, Dalcuore, Pirozzi, Panico, Ambrosi ou Ciardi, certaines petites maisons de bespoke valent – au sens propre comme au sens figuré – vraiment le détour.

C’est le cas de l’excellent tailleur Pino Peluso et de la petite, mais très talentueuse, maison Manna.

Pino Peluso

Pino Peluso et Hugo Jacomet

Pino Peluso fait partie, avec la famille Manna, de l’une de nos belles découvertes napolitaines de cette campagne de trois mois durant lesquels nous avons écumé tout ce que Naples compte de tailleurs et d’artisans couturiers.

Peluso, qui travaille seul avec un apprenti et quelques apiéceurs à domicile, propose en effet un « soft tailoring » parfaitement napolitain dans l’esprit (légèreté, peu ou pas de padding) mais étonnamment abouti dans sa réalisation et finalement assez international en terme de ligne.

Pino Peluso 1

Pino Peluso 2

Pino Peluso 3

Son épaule Con Rollino est, notamment, de toute beauté et la silhouette d’une veste Peluso est finalement relativement structurée pour un tailleur purement napolitain.

Une vraie belle découverte et un excellent tailleur, par ailleurs adorable et littéralement « habité » par son métier, avec lequel j’ai mis en route, en Avril, une veste de smoking en velours bleu dont vous pouvez voir le second essayage ci-dessous. La livraison est prévue en septembre.

Pino Peluso et Hugo Jacomet 2

Sartoria Manna

La petite sartoria Manna restera la (belle) découverte de dernière minute lors de notre séjour à Naples.

En effet, alors que nous étions presque en train de boucler nos valises pour nous diriger encore plus au Sud, j’ai décidé, par acquis de conscience, de partager ma « liste » de tailleurs pressentis pour mon livre avec mon ami Gianluca Migliarotti (le réalisateur d’O’Mast). C’est donc grâce à lui que nous avons rendu visite à Raffaele et Fabio Manna (père et fils), qui co-dirigent cette jolie petite maison de bespoke tailoring, dont nous n’avions, chez PG, jamais entendu parler.

Vraiment séduit par la qualité du travail que la famille Manna me donnait à voir, j’ai décidé de passer immédiatement commande d’un costume croisé (dont vous pouvez voir le second essayage ci-dessous).

Sartoria Manna et Hugo Jacomet

Ce costume croisé classique, particulièrement léger tout en étant plutôt structuré, est une pure merveille de confort. Il a été réalisé dans un tissu Super 150s, soie et laine de 210 grammes de la maison Caccioppoli (un très grand nom du tissu à Naples).

Les finitions sont au niveau des plus grandes maisons du secteur et le rendu final m’a tellement séduit que j’ai fait de ce costume l’une de mes tenues principales lors du dernier Pitti Uomo (comme vous pouvez le voir ci-dessous).

Une maison à découvrir absolument.

Hugo Jacomet Gui Bo et Greg Jacomet

hugo beige tie

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Pino Peluso Page Facebook

Sartoria Manna Site Web

Photos Peluso : Sartoria and Co et Lyle Roblin

Photo Manna : Parisian Gentleman, Lyle Roblin et Fabrizio Di Paolo