Petit traité de Sprezzatura (version 2016)

Hugo JACOMET

Petit traité de Sprezzatura (version 2016)

Ce petit traité de sprezzatura a été initialement publié dans ces colonnes en 2010 et fait partie des articles les plus populaires de notre site. Nous le re-publions ce jour avec un texte remanié et des photos renouvelées.

Depuis la parution de cet article, le mot “sprezzatura” est en effet entré dans le language courant des passionnés de la chose sartoriale, et est, malheureusement, mis à toutes les sauces par de nombreux blogs, sites et médias qui l’utilisent à tort et à travers pour décrire, de façon générique, le style italien.

Il nous a donc semblé opportun de le remettre aujourd’hui dans notre actualité, afin de re-clarifier les idées et les principes que ce texte véhiculent et aussi de permettre à nos nouveaux lecteurs de comprendre les racines de la désormais célèbre “sprezzatura”.

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Notre camarade G. Bruce Boyer nous a gratifiés, il y a quelques années, d’un magnifique article tentant de décoder la fameuse “nonchalance travaillée” si chère aux élégants italiens.

Sur la base de cet article, dont nous nous sommes très largement inspiré, (et dont certains passages sont traduits in extenso) voici un petit traité de sprezzatura destiné à tous ceux d’entre nous souhaitant cultiver cet art subtil de l’élégance, habile mélange d’éléments de style baroques, de décadence un brin cynique et de détachement totalement feint.

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« Ne te penche pas trop profondément sur la sincérité de l’apparence des gens ». C’est ainsi que l’épistolier de renom Lord Chesterfield mettait en garde son fils. « La vie est plus agréable en prenant les gens tels qu’ils semblent être (et donc tels qu’ils se présentent à vouset non pas tels qu’ils sont probablement en réalité  ».

Cette petite hypocrisie – au demeurant bien intentionnée – est rafraichissante et délicieuse.

Elle témoigne aussi d’une leçon importante que nous semblons avoir oubliée de nos jours : l’idée que la bienséance réside souvent dans le petit mensonge, le péché d’omission, le compliment inoffensif, la légèreté négligée et l’habileté à dissimuler ses efforts et ses passions inavouables. Les petits raffinements, ou les manières comme il était d’usage de dire autrefois, faisaient office d’huile sur la roue des “frictions” sociales.

Or, dans le monde d’aujourd’hui, il semblerait qu’il y ait désormais beaucoup plus de frictions que d’huile . Et que toutes les étincelles qui en résultent ajoutent à notre sur-excitation de consommateurs d’informations spectaculaires. La mode médiatique du moment n’est en effet plus fondée sur l’idée – si précieuse – du droit de l’individu à l’intimité mais plutôt sur le droit du public à la révélation permanente et au voyeurisme.  L’horrible euphémisme politique de circonstance pour décrire cette dérive en troupeau est « la transparence “, c’est-à-dire la conviction très naïve et nocive qui admet que vie privée et vie publique devraient être deux sphères indivisibles. Ou plutôt que les gens (surtout les personnes publiques) ne devraient plus avoir de vie privée du tout.

La question demeure cependant : sommes-nous les mieux placés pour aller fourrer notre nez dans le linge sale de tout un chacun et le passer au crible de notre lampe torche aveuglante et sans gène ? Voyez cela comme du bavardage si vous voulez, mais l’heure est peut-être venue pour nous, les chercheurs en style, d’être un minimum hypocrites, si nous tenons à conserver ne serait-ce qu’un peu d’intimité. Considérons donc ces petits mensonges nécessaires comme de l’ironie défensive, une sorte d’armure invisible contre la trivialité et la pensée unique du monde médiocre dans lequel nous sommes obligés de vivre.

Ne serait-il pas temps, d’ailleurs, de nous re-familiariser avec les vertus du style public courtois? Ou notre faim incontrôlable de “transparence” aurait-elle déjà oblitéré notre droit à la vie privée ? N’aurions nous pas intérêt à revenir, en effet, à un style de philosophie sociale dans laquelle les apparences et les convenances seraient de nouveau de mise en dehors de la sphère privée, même au prix d’un peu d’hypocrisie (comprise et acceptée de tous) ?

L’Histoire regorge d’excellents exemples du style courtois en société octroyant aux gens le droit à la fragilité et à la protection de leur intimité. Mais l’homme qui a le mieux défini les attributs du style courtois et qui a magnifiquement théorisé la différence entre la pose et la grâce était Baldassare Castiglione, le grand codificateur de la bienséance à l’époque de la Renaissance Italienne.

Son traité, Le livre du courtisan (publié pour la première fois à Venise en 1528), était conçu comme un manuel destiné aux gentilshommes, une somme d’idéaux de la bienséance publique à l’ époque rayonnante de la Renaissance Italienne.

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Le thème du Livre du courtisan tourne autour de la question suivante : comment doit-on se présenter aux autres ? Comment se comporter au sein de l’arène publique ? La contribution de Castiglione à la littérature de l’étiquette est la suivante : il avance l’idée que la courtoisie ne peut être vraiment parfaite qu’accompagnée d’un sens de la grâce (la Grazia) et que la perfection dans le raffinement n’est atteinte et perçue que grâce à un sens particulier du style qu’il définit comme la Sprezzatura.

Il écrit : “j’ai découvert une loi universelle qui semble s’appliquer, plus que tout autre, à toutes les actions et les situations humaines : celle consistant à se méfier, à tout prix, de la prétention comme de la peste et d’adopter au contraire, dans toutes les situations, une attitude nonchalante qui dissimulera tous vos efforts et rendra tout ce que vous dites ou faites absolument naturel”.

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En anglais, ce mot est souvent traduit par « nonchalance », mais la Sprezzatura n’est pas simplement de la spontanéité sincère, ou bien de l’instinct, du naturel ou encore la volonté de duper ou de dissimuler. Pour faire court, il ne s’agit pas de légèreté.

Il s’agit au contraire de la tentative réfléchie d’apparaître naturel. Il s’agitd’une désinvolture étudiée et d’une indifférence feinte destinée à laisser deviner un mérite bien plus important que celui que l’on veut bien montrer. Il s’agit de l’habileté à dissimuler ses efforts : le contraire donc, du maniérisme et de la prétention.

En des temps plus récents, l’écrivain britannique Stephen Potter a livré un livre humoristique sur le sujet qu’il a intitulé Théorie et pratique du Jeu ou l’art de gagner aux jeux sans véritablement tricher. Potter faisait allusion à l’étude de la nonchalance calculée comme « Jeu ». Il a ainsi codifié un certain nombre de tactiques et de stratagèmes adaptés à chaque occasion dans laquelle quelqu’un voudrait faire preuve d’un sens inné de la supériorité. D’une certaine manière Potter a réussi à mettre par écrit des règles non écrites qui gouvernent en réalité toutes les luttes et les compétitions de la vie. C’est du Castiglione allégé mais c’est une excellente lecture et une belle satire de la vie quotidienne.

Pourtant la sprezzatura est différente de la “gamesmanship” (l’habileté au jeu) de Potter en ce sens qu’elle n’est pas forcément utilisée dans l’optique de gagner ou d’être supérieur. La sprezzatura est plutôt motivée par un souci de politesse et de bienséance.

La sprezzatura c’est ce sens subtil de la facilité, du charme et de la tradition qui dissimule les forces à l’oeuvre en arrière-plan : le désordre, les difficultés, l’effort.

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Ce sens de la grâce travaillée, ces petits accès de relâchement et de déséquilibres volontaires, se sont transformés en idéaux esthétiques à maintes reprises dans l’histoire. On le remarque dans toutes sortes de domaines, et pas seulement dans celui de l’habillement.

Le jardin anglais du 18e siècle par exemple, avec ses champs, ses bosquets, ses pelouses sages et ses charmilles, démontre parfaitement cette tentative de dissimulation par l’art de l’effort en faisant croire que la forme suit l’injonction de la nature. Comparez le style des prairies anglaises aux jardins à la française très officiels de l’époque : à l’inverse, tout est dans l’ornementation tortueuse destinée à impressionner le spectateur, qui devait à tout prix être frappé par la détermination de l’homme à soumettre la nature à sa propre ambition et à son sens esthétique de l’opulence cartésienne. Ou bien, comme le dramaturge George S. Kaufman l’a souligné : « destiné à montrer ce dont Dieu serait capable si seulement il avait de l’argent ».

Comme Castiglione l’explique, le grand avantage de la Sprezzatura est qu’elle implique une grandeur dissimulée, un potentiel implicite jusque dans les défauts qu’elle révèle subtilement.  C’est une attitude qui était appréciée par les cavaliers anglais, les hommes de la Régence, par l’Amérique de Jackson et par la France du Directoire.

C’est aussi, par exemple, le style “maison de campagne anglaise”, et son cousin américain, le style faussement casual qui règne sur les campus de la Ivy League : ses « sack suits » discrets et sans padding, ses chemises aux cols “button-down” déboutonnés. C’est la pure désinvolture de ceux qui portent des mocassins de collégiens et des chaussettes à carreaux avec un costume. Un mélange astucieux de bienséance terne et de décontraction haute en couleur. Deux expressions tout aussi admirables d’une réserve volontairement exagérée…

Le style “Néo-Preppy” règne désormais mondialement, sans être cependant véritablement accompagné de la sprezzatura originelle. De nos jours, une certaine fébrilité y est associée. Tout le monde est très anxieux de paraître le plus insouciant possible. La Sprezzatura s’est confondue dans le monde contemporain avec  « l’école du Cool ».

« Cool » était un terme qu’employaient les Afro-américains pour désigner quelqu’un qui savait contrôler ses émotions en cas de stress ou en des temps troublés. La notion de « cool » a fini par être associé avec le terme « hip », forme américaine de l’existentialisme français, synonyme de dédain envers les conventions. C’était, après la deuxième guerre mondiale, la révolte d’une contreculture envers l’éthique professionnelle bourgeoise et le consumérisme corporate, incarnés, en dernier,  par les enfants de la flower power des années 1960 et 1970. Les associations de styles vestimentaires symboliques forment ainsi une gamme allant de James Dean aux t-shirts Hippies teints à la javel.

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Mais lorsque l’on est ni un hippie, ni un “hipster”, et encore moins un poseur, comment faire pour atteindre la sprezzatura, cette insouciance travaillée qui sert de barrière de défense entre le privé et le public ? Quelques règles existent, ou bien plutôt, non pas des règles mais des conseils :

(1) une préférence pour le légèrement froissé au neuf bien lisse (sur ce point, le commentaire de Nancy Mitford sur la décoration intérieure mérite d’être mentionné : « Toutes les belles pièces sont des pièces quelque peu défraichies. ») ; (2) une touche d’excentricité personnelle sentimentale ; (3) une préférence marquée pour les vêtements qui ont au moins l’air confortables ; (4) l’idée d’harmonie/contrepoint, fondée sur un sens absolu de l’assurance.

Dans sa biographie lumineuse de Noël Coward, Cole Lesley donne non seulement un exemple pénétrant de la personnalité de Coward mais aussi une leçon utile de ce que nous pourrions appeler l’art du contrepoint.

Après ses premiers succès en tant que jeune écrivain, Coward fut invité à une réunion au club Tomorrow, un club d’écrivains qui comptait parmi ses membres la plupart des champions de la littérature d’alors : John Galsworthy et Rebecca West, Somerset Maugham,  H. G. Wells, Compton Mackenzie, E. F. Benson et Arnold Bennett. Ne connaissant pas les usages, Coward revêtit un smoking et se retrouva seul au milieu de tous les autres habillés de façon décontractée. Parcourant fièrement la pièce, il s’arrêta juste assez longtemps pour déclarer : « Je tiens à ce qu’aucun d’entre vous ne se sente mal à l’aise. »

Pour le dire autrement : ce qui importe à l’autre ne devrait pas être important pour vous et inversement. Quelques bonnes vieilles rides distinguent toujours l’homme du garçon, car invariablement, le novice essaye d’apparaître impeccable et conforme – et c’est là sa grande erreur et le piège. Un vieux stratagème consistait à mettre en évidence cette tentative de bienséance immaculée et à l’anéantir. « Comment réussissez-vous à apparaître toujours aussi soigné ? Moi je n’arrive jamais à trouver le temps de m’apprêter. » Et de répéter cette remarque encore et encore jusqu’à ce que tout le monde se rende compte de la vanité et du caractère superficiel du novice qui en fait trop.

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La sprezzatura c’est être en quête de la perfection, tout en cultivant l’art de donner l’impression qu’on ne se prépare jamais et que l’on a même pas réfléchi à ce que l’on porte…

C’est ce sens de la facilité qui fait tout. Un homme qui coordonne toutes les couleurs qu’il porte est, selon nous, quelqu’un qui en fait de toute évidence trop, car ce sont ses efforts, plutôt que son talent, qu’il expose. Le message qu’il envoie avec ses vêtements est un message d’insécurité.

Finalement, tout est dans les petits détails : nous préférons nettement Fred Astaire portant une chemise déboutonnée avec un costume croisé que le duc de Windsor accumulant les motifs tape à l’oeil uniquement pour voir jusqu’où il peut aller vestimentairement parlant.

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C’est l’illusion la plus simple, telle que la décrivait le maître de l’élégance, le Beau Brummell dans une mise en garde apocryphe sous la forme d’un quatrain plein d’autodérision :

Mon foulard, bien sûr, requiert toute mon attention,

Car c’est à cela que nous, les représentants de l’élégance, nous reconnaissons,

Et cela me coûte, chaque matin, quelques heures d’efforts,

Pour qu’il ait l’air d’avoir été noué à la va-vite.

Comme Beau le savait très bien, les débutants essaient toujours d’avoir l’air parfaits tandis que les élégants chevronnés (si j’ose dire) font le choix de l’erreur calculée. Au lieu de cet essai de perfection voué à l’échec, quoi de mieux que d’apparaître légèrement approximatif et quelque peu obscur, plutôt que d’exhiber sur sa poitrine ce logo trivial et vulgaire.

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L’approximatif garantit la sécurité.

« Où ai-je acheté ces chaussures ? Eh bien, un cordonnier me les a fabriquées dans l’une de ces boutiques de rien du tout qui ressemblent à des cahutes dans les ruelles inquiétantes de Budapest. L’endroit puait le buffle mort et les piles de cuir s’entassaient littéralement du sol au plafond. »

Se montrer parfaitement ignorant de ce qui est évident, ne pas connaître sa taille, ou feindre de ne pas savoir de quelle matière est faite une veste («on raconte que les soldats utilisaient ça pour nettoyer les canons en Crimée»)  c’est toujours une bonne idée. C’est tellement rageant pour les autres de voir que vous avez l’air si bien mis sans aucune connaissance sur le sujet.

L’impression de modestie et d’usure est toujours à préférer au neuf et au reluisant.

Il est encore vrai que les meilleurs et les plus anciens des tailleurs de Savile Row considèrent que si l’on complimente un client sur son nouveau costume c’est que son tailleur a d’une certaine façon échoué.

Je me rappelle la première fois que j’ai été victime de ce stratagème – de manière très efficace d’ailleurs. J’interviewais un gentleman, membre de l’une des plus grandes familles de Philadelphie pour un article sur les habits formels. Je fus assez stupide pour lui demander où il avait acheté sa tenue du soir. « Oh, monsieur … », dit-il d’une voix traînante, « je n’achète pas de tenues de soirée. J’ai des tenues de soirées.»

Et il me laissa là, me faisant me sentir très clairement en position d’infériorité. « Je n’ai pas acheté de vêtements depuis des années » est une ruse quasiment imbattable puisque n’importe quelle réponse pourrait vous faire paraître arriviste et mesquin. Bien sûr, cela ne fonctionne que si votre mise est effectivement supérieure à ce qui se fait en matière de mode du moment.

Et puis il y a la finesse du mélange des genres volontairement absurde. Rendons à César ce qui appartient à César, les Italiens ont inventé puis utilisé cette petite ruse à la perfection. Le Barbour bien porté par dessus une veste de ville ou bien un manteau en polo beige magnifiquement coupé  sur un jean délavé avec un vieux col roulé en cachemire peuvent donner une impression délicieusement déroutante.

C’est aussi le cas à la vue d’un bouton de manchette défait ou d’une pochette délicatement froissée ou de chaussons usés qui font passer le message juste, à savoir que l’on répond au chaos de l’univers par un dédain élégant. Cette pochette en soie orange vif que vous portiez sur une veste croisée en flanelle, c’était superbe mais était-ce le résultat d’une sélection attentive ou bien juste un heureux choix précipité ?

Cultiver l’air de ne pas s’être préparé est un must. Un de mes amis designer passe chaque matin un temps considérable à essayer différentes combinaisons vestimentaires avant de s’aventurer dehors. Or il n’admet jamais rien si ce n’est « avoir tout simplement attrapé la chemise qui était sur le dessus dans la commode ». Il est souvent possible d’inventer de nouvelles combinaisons en puisant dans le passé : des bretelles venues d’un magasin vintage, la vieille veste de pêche de votre père, un manteau long d’officier de l’armée française, une vieille ceinture à la Sam Browne achetée dans un surplus.

Une astuce légèrement plus élaborée consiste à utiliser quelque chose d’ancien d’une façon nouvelle : une boite à cigares vintage pour ranger ses lunettes, l’ancestral sac de pêche en tant que mallette, une vieille boite à clous pour transporter quelques cachets d’aspirine, voilà autant de travers acceptables.

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La sprezzatura c’est le grand trompe l’oeil du style qui s’exprime au sein des conventions de la vie publique. N’y a-t-il pas là une solution au dilemme terrible que nous éprouvons quand les aspects les plus intimes de la vie des gens sont jetés en pâture au confessionnaux de la télé ou des sites internet, alors qu’en même temps ceux qui ressentent la notion de devoir civique sont de moins en moins nombreux ?

Peut-être que si longtemps après, nous devrions vraiment ressortir ces vieux manuels de bonnes manières poussiéreux et repenser à l’ancienne notion de vie publique, quand le comportement était alors fondamentalement différent une fois les portes closes. Nous pourrions même recommencer à enseigner les bonnes manières et à encourager des comportement civils dans lesquels quelques petits artifices bien placés et un peu de grâce seraient de nouveau appréciés…

C’est là le but n’est-ce pas ? L’art qui dissimule l’art, comme le comprenait si bien le poète anglais du 18e siècle Alexander Pope : « La vraie aisance vient de l’art, pas de la chance, ceux qui ont appris à danser se meuvent plus facilement. »