Interview pour Bonne Gueule

Hugo JACOMET

Interview pour Bonne Gueule

Nos camarades du blog BonneGueule, avec lesquels nous entretenons depuis toujours des relations amicales et confraternelles, viennent de mettre à jour la liste de leurs blogs préférés dans laquelle nous avons la joie de figurer en bonne place.

A cette occasion, j’ai répondu à une courte interview sur l’histoire et l’esprit de PG que j’ai le plaisir de partager avec vous.

Quelle est ta vision du style masculin ?

« Ma vision du style masculin dépasse de très loin le seul sujet du vêtement. C’est d’ailleurs, je pense, ce qui fait la spécificité de Parisian Gentleman qui est, je l’espère, un média atypique dans la blogosphère française et mondiale.

Car même si nous animons sur PG une section « Académie », visant à expliquer les fondamentaux du style masculin classique, notre but ne se limite pas à parler uniquement de vêtements, de « how to », de « do’s and dont’s » et à donner des conseils à nos lecteurs.

Le but de PG est de prêcher les bienfaits d’une vie plus élégante en tentant de dépasser le simple sujet du vêtement et de son utilisation. Je crois, en effet, aux vertus d’une vie plus élégante et au fait qu’une bonne éducation sartoriale peut vraiment transformer en profondeur la vie de quelqu’un et que la recherche d’une élégance personnelle n’est pas un sujet mineur ni secondaire.

C’est même un sujet qui ne peut être correctement abordé sans un effort réel de mise en abyme avec le monde qui nous entoure. D’ailleurs, s’il arrive fréquemment (pour ne pas dire toujours) que l’on évoque l’élégance (surtout lorsqu’elle est masculine) comme un phénomène futile ou une beauté mineure, force est de constater que le sujet, lorsque l’on prend le temps de l’étudier sérieusement, devient très rapidement incroyablement paradoxal.

Car l’élégance signifie le soin mais aussi, pour nous, la désinvolture. Le rigide, mais aussi le gracieux. La justesse mais aussi le flou. Le sobre mais aussi le fleuri. La pudeur mais aussi l’effet. L’attribut mais aussi l’acte.

Nous traitons donc, chez Parisian Gentleman, d’un sujet hétérogène où interfèrent l’agrément, la socialité, l’esthétique et la technique. Le style masculin fait aujourd’hui l’objet d’un formidable foisonnement humain dont les ambiguïtés, les nuances et les oppositions vivantes apportent au sujet un charme et une fertilité indéniables. »

Quelles sont tes cinq marques préférées ?

« Je n’ai pas de « marques » préférées, mais des « maisons » préférées. Une marque, même si ses produits sont de qualité, est le résultat d’une stratégie de communication. Une maison, pour moi, est avant tout un endroit où des professionnels – idéalement des artisans – fabriquent des produits de qualité AVANT de penser à leur marketing.

Le lecteur type de Parisian Gentleman aura, par essence, développé un style qui lui est propre et qui, par définition, échappera à tout prix aux diktats des « créateurs » qui auront décidé pour lui ce qu’il allait porter et comment il allait se présenter à autrui. Ses valeurs sont donc des valeurs de résistance (face au prêt-à… porter-manger-jouir-penser) et un dédain élégant face à la médiocrité ambiante.

Ses icônes sont, précisément, de moins en moins des marques mais des hommes, des artisans, des tailleurs, des bottiers, des chemisiers, des vraies personnes.

J’aime des dizaines de maisons de couture, de chemises, d’accessoires, de souliers. Mais s’il fallait en choisir cinq, ce qui est un crève-cœur pour moi, je dirais Cifonelli (Paris) et Dalcuore (Naples) pour les tailleurs, Marol (Bologne) pour les chemises, Enzo Bonafè (Bologne) et Corthay (Paris) pour les souliers en prêt-à-porter. »

As-tu des passions à mettre en avant ?

« Les activités autour de PG me prennent 100% de mon temps (le site, les livres, les conférences publiques, les voyages, les visites d’ateliers, les événements privés…). Mais comme j’ai la chance inouïe de travailler en famille (avec mon épouse Sonya Nicholson et mon fils Greg Jacomet), je suis un homme heureux.

Vivre de mes passions est un grand privilège dont j’ai pleinement conscience. »

Pourquoi avoir créé un blog ?

« Pour pallier un manque d’information pointue sur le sujet du style masculin classique à l’époque où j’ai créé PG en Janvier 2009 (il y a donc 8 ans désormais).

À cette époque le sujet n’était traité que par quelques rares magazines isolés dont le business model (lié à la publicité) ne leur permettait pas vraiment d’entrer en profondeur dans les sujets et qui était positionnés « lifestyle » (donc avec une ligne éditoriale beaucoup plus large). »

Quelle est l’histoire de ton blog ?

« Huit ans de boulot acharné, de passion dévorante et de prises de risques : nous avons été parmi les premiers, avec je crois BonneGueule, à croire au fait qu’il était possible de transformer un blog en un média à part entière capable de faire vivre ses fondateurs et, plus tard, ses équipes.

Chez PG, nous n’avons pas de métier en marge de PG. Sonya, Greg et moi-même (plus quelques free-lancers et quelques contributeurs) nous consacrons à PG à 100% depuis 2012. »

Une anecdote sympa par rapport à ton blog ou ton rapport avec la mode ?

« Notre vie quotidienne est criblée d’anecdotes, de rencontres et de surprises. Ils nous arrive de plus en plus fréquemment, avec Sonya, d’être arrêtés dans la rue (à Paris, à Londres, à New York, à Naples, à Milan) par des lecteurs qui souhaitent nous témoigner leur amitié ou leur attachement à PG.

Dans ce registre, l’anecdote la plus surprenante nous est arrivée à Santiago du Chili en mars 2015 où un lecteur de PG nous a arrêtés pour nous demander de prendre une photo avec lui. Au Chili !!! »

Qu’est-ce que ton blog t’a apporté de plus beau ?

« La possibilité de vivre de ma passion et de ne plus avoir du tout l’impression de travailler depuis 2012, date à laquelle nous avons fait le pari avec Sonya et Greg de nous consacrer uniquement à PG. »

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