Deux parfums à porter pour faire venir l’été

Greg JACOMET

Deux parfums à porter pour faire venir l’été

Cette année, le printemps ne fut pas des plus agréables. Avec des températures toujours plus instables, tour à tour lourdes et humides, fraîches et venteuses, l’été semble encore bien loin, et l’élégant ne sait plus comment s’habiller.

Pour conjurer le mauvais temps, voici deux rapides recommandations olfactives au doux parfum estival, afin d’ajouter une petite touche de soleil à vos tenues en cette mi saison maussade.

1725 (Casanova) par Histoires de Parfums

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Il s’agit de l’un des premiers parfums de la maison fondée en 2000 par Gérald Ghislain, sorti en 2001, mais que je n’ai eu le loisir de découvrir que tout récemment, à mon plus grand tort.

1725 est une fougère ambrée de toute beauté, s’ouvrant sur un puissant mélange hespéridé à base de citron et de pamplemousse rehaussé d’une touche discrète de réglisse et d’anis étoilé, qui glisse avec une fluidité exemplaire vers un coeur de lavande vanillée, tandis que les notes les plus agressives se taisent pour laisser parler une belle amande douce, qui s’en va et qui revient derrière des notes plus boisées, qui se laissent approcher alors que le parfum sèche.

Ces même notes boisées, riches en santal ambré et en cèdre capturent alors les notes de tête et les ancrent fermement, permettant aux accords les plus volatiles de vieillir et d’évoluer près de la peau, pour un résultat impressionnant de justesse.

Un parfum doux et masculin – presque lumineux – et très séduisant. Sans être d’une originalité folle, la beauté de 1725 provient de son équilibre exceptionnel, agréable en toutes circonstances. A proscrire, peut-être, en fonction de votre peau, pour les mois d’été les plus étouffants, mais une fragrance idéale pour les semaines à venir – suffisamment légère pour ne pas faire tourner la tête, et suffisamment puissante pour jouir d’une bonne longévité et d’un sillage tout à fait honnête.

Un vrai beau parfum, tout simplement.

++ : Rond, équilibré, fin, très facile à porter.

— : Ne réinvente pas la poudre, mais était-ce le but recherché… ?

Méchant Loup par L’Artisan Parfumeur

Mechant-Loup-100ml-Low-ResLes lecteurs réguliers de PG connaissent sans doute mon amour immodéré pour L’Artisan Parfumeur, la belle parfumerie de niche Parisienne née en 1976 – j’ai d’ailleurs déjà parlé de mon affection particulière pour Fou d’Absinthe de la même maison à l’occasion d’un article similaire paru dans ces colonnes il y a presque deux ans (voir le lien en fin d’article).

Méchant Loup est un parfum de niche par excellence. Une curiosité signée par le grand Bertrand Duchaufour, sortie en 1997. Boisé, épicé, mais d’une belle rondeur, Méchant loup s’ouvre sur un beau mélange de réglisse, d’orange et de basilic, baigné d’un arôme un rien doucereux, comme si les ingrédients avaient été confits dans un bon miel de montagne. Le noisetier se fait également sentir et donne à la première heure de vie du parfum un air résolument champêtre, comme une brise sur un sentier boisé, un frais matin de printemps.

Lyrisme mis à part, Méchant Loup est une vraie belle curiosité, qui vieillit avec beaucoup de subtilité, laissant poindre ça et là des notes plus épicées et résineuses – un peu fumées, et parfois presque animales. Un Méchant Loup de conte de fée en vérité : un loup qui n’a rien de sauvage, parfaitement civilisé, et tout à fait excentrique.

A essayer absolument avant d’acheter – mais pour qui sera séduit, il s’agit ici d’un parfum au profil aromatique tout à fait unique qui sera la source de beaucoup de plaisir.

++ : Une création originale, subtile sur la durée, porteuse d’une force évocatrice indéniable, et terriblement agréable à porter

— : Un profil peu orthodoxe qui ne sera pas du goût de tous

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Voir aussi :

Quatre parfums à porter cet été