Le gilet : révisons nos fondamentaux

Hugo JACOMET

Le gilet : révisons nos fondamentaux

Gentlemen,

c’est indéniable, le gilet fait un retour en force dans les garde-robes des élégants. Il s’agit d’un élément de style qui, de manière incompréhensible, était très largement tombé en désuétude alors même qu’il ajoute indéniablement une touche de sophistication et d’élégance à n’importe quelle silhouette (à la condition, bien entendu, qu’il soit parfaitement ajusté).

Il est donc temps de réviser nos fondamentaux sur cet élément vestimentaire, car bien porter le gilet demande assurément une certaine maîtrise des règles de culture sartoriale afin de tirer de l’objet la quintessence de son potentiel d’élégance.

Tout d’abord, contrairement aux apparences, le gilet est une pièce très difficile à fabriquer. Un maître tailleur parmi les plus réputés de France m’expliquait d’ailleurs récemment que dans la pyramide de la complexité, le gilet se situait au sommet car il constituait l’une des pièces les plus difficile à réussir.

Pourquoi ? Parce qu’un gilet doit réunir deux qualités qui, à priori, s’opposent : il doit être fin pour ne pas épaissir la silhouette et épouser parfaitement la forme du corps, tout en étant suffisamment lourd pour présenter un tombé parfait. Cette double obligation implique un savoir-faire très précis, que seuls les tailleurs, les vrais, maîtrisent à la perfection. Et à dire vrai, je n’ai vu, à ce jour, que peu de gilets vraiment réussis en PAP car même la retouche de l’objet est complexe au vu de sa proximité extrême avec le corps (et donc de l’ajustement parfait qu’il implique).

Comme vous pouvez l’imaginer, le renouveau – heureux – du gilet apporte avec lui une ribambelle de questions sartoriales : Le choisir croisé ou droit ? Revers en pointes ou à crans ou sans ? Comment l’harmoniser avec une veste droite  à revers en pointe ? Peux t’on porter un gilet sous un costume croisé ? Est-il envisageable de porter un gilet à revers à crans sous une veste à revers en pointe ? Etc, etc.

Voici, pour aujourd’hui, les quelques règles fondamentales concernant cette pièce vestimentaire qui peut s’avérer, si elle est bien ajustée et bien assortie, absolument magistrale en termes de prestance.

A retenir pour bien commencer :

Avec une veste droite avec des revers à crans (notch lapels), le gilet (droit OU croisé) devra être choisi soit sans revers, soit avec un col châle (assez rare). Cependant il est également possible s’assortir les revers en portant un gilet avec des revers à crans.

 Avec une veste droite avec des revers en pointe (peak lapels), le gilet devra être choisi soit sans revers (s’il est droit), soit avec des revers en pointe (s’il est croisé).

Quant à la question, épineuse, consistant à savoir s’il est possible de porter un gilet sous un costume croisé, les avis divergent. Pour ma part, je trouve qu’un gilet sous un costume DB est tout simplement inutile car une veste croisée se porte boutonnée avec un V généralement relativement haut placé rendant le gilet invisible (alors qu’il ajoute de l’épaisseur). En revanche pour ceux d’entre nous, de plus en plus nombreux, qui aiment le gilet car il leur permet de poser leur veste (au bureau, en réunion) tout en conservant une mise élégante, cette éventualité peut être envisagée.

Quoi qu’il en soit, je ne peux que vous conseiller de tenter l’expérience « gilet » car vous verrez que cela apportera quelque chose en plus à votre mise, tant en termes d’élégance que de prestance.

Et pour ma part, je préfère nettement les gilets croisés, mais là c’est strictement une affaire de goût.

Stay well, HUGO