Petite histoire du blazer (1)

Hugo JACOMET

Petite histoire du blazer (1)

Tiré des travaux d’Alan Flusser (Dressing The Man)

A la fin des années 30, les « fancy-back jackets » (voir cet article) sont au sommet de leur popularité, mais ce règne sera de courte durée. Très vite, l’ombre menaçante du blazer à dos simple (plain-back blazer) commence à apparaître. Et dès 1938 il fait littéralement oublier les « fancy-back jackets»et impose le design à dos simple comme le style le plus populaire de la veste dépareillée.

Pourtant le blazer ne date pas de cette époque. Il fait en effet partie du « décor » des clubs de cricket Britanniques (entre autres) depuis les années 1880.

Typiquement, ces vestes sports proposaient de grosses rayures aux couleurs du club de cricket. Certaines de ces vestes arboraient d’ailleurs des couleurs tellement criardes, qu’elles furent affublées du sobriquet de « Blazer » (de l’anglais « to blaze », flamber).

A l’époque Edouardienne, le blazer est en serge uni ou à rayures et se porte avec des pantalons de flanelle et un canotier…

Puis c’est l’émergence  du fameux modèle inspiré des cabans de la Navy Britannique, parfois croisé, parfois droit, avec les boutons dorés et l’insigne du club sur la poche poitrine.

Comme il est d’usage dans la marine, le blazer est bleu (uni ou à larges rayures) et le pantalon blanc :  une parfaite tenue de sport pour le riche Américain des années 20, qui l’adopte rapidement, dans son souci permanent de se différencier des masses populaires. Le blazer devient la sensation de l’été dans les stations balnéaires chics.

Au fil des années, les couleurs du blazer commencent à se diversifier. Le bleu foncé, si longtemps associé au pantalon blanc, perd son hégémonie au profit de coloris plus clairs et plus grisés, ou de bleus plus médians voir violacés. Le vert foncé connait également un grand élan de popularité .

Le blazer devient alors petit à petit un pont entre ce qu’il est acceptable de porter au bureau, et ce que l’on porte le week-end pour se détendre; en quelque sorte le chaînon manquant entre le costume et la veste sport.

Son degré de formalité est principalement conditionné par les petits détails, et le port (ou non) d’un accessoire.

Le modèle croisé, par exemple, fait gagner en stature, et fait globalement plus formel que son équivalent droit. Les poches à soufflets par rapport aux poches cousues donnent une impression similaire, tout comme les revers en pointe par rapport aux revers à cran, les pantalons sombres par rapport aux pantalons clairs, et les fentes latérales (ou l’absence de fentes) par rapport aux fentes centrales.

A suivre.