Un peu de tension ne nuit pas à la santé

Hugo JACOMET

Un peu de tension ne nuit pas à la santé

Gentlemen,

comme nos amis transalpins le comprennent si bien, l’élégance véritable – au moins vestimentaire – ne peut être atteinte qu’avec une bonne dose de naturel et de nonchalance et en évitant à tout prix d’être trop ajusté ou trop sophistiqué.

Dans le cas du costume croisé, qui revient enfin de manière significative dans les collections de prêt-à-porter, cette façon de voir les choses prend tout son sens.

En effet, afin de s’assurer que cette pièce maîtresse de l’élégance masculine donne la pleine mesure de son fabuleux potentiel stylistique, il existe une petite règle que je vous conseille vivement de suivre : celle consistant à créer, à dessein, une petite zone de tension au niveau du bouton actif de la veste.

Cette petite règle s’applique en réalité à tous les types de vestes : laisser une légère zone de tension au niveau du boutonnage apporte un indéniable supplément d’âme à n’importe quelle veste, comme Alan Flusser l’expliquait dans son célèbre « Dressing The Man »(voir ci-dessous, la veste de droite).

Dans le cas de la veste croisée, ce subtil détail fait encore plus la différence : la structure par définition très « armure » du vêtement croisé (avec une double épaisseur de tissu sur le devant et un effet beaucoup plus « couvrant ») peut très vite lui donner un aspect figé, voire engoncé si le boutonnage est trop parfait et le devant trop « lisse ».

En outre, comme il devient de plus en plus aisé de trouver des costumes croisés en prêt-à-porter (ce qui était loin d’être le cas il y a quelques années), cette petite règle vous permettra d’éviter l’erreur la plus fréquente consistant à choisir des vestes trop grandes pour vous.

A l’inverse, un savant dosage de tension au niveau du bouton actif confèrera à votre veste croisée un supplément d’âme indéniable, et ce quelle que soit votre corpulence (sauf, peut-être, pour les plus volumineux d’entre vous).

Cheers, HUGO