De la sprezzatura pour vos noeuds de cravate

Hugo JACOMET

De la sprezzatura pour vos noeuds de cravate

Gentlemen,

au mois de décembre dernier nous avons eu l’honneur de publier dans ces colonnes un article intitulé « la Philosophie de Michael Drake » (le fondateur de la formidable maison « Drakes of London »). Dans ce billet, l’affable et (très) sympathique Michael nous avait prodigué un conseil quant à la manière de nouer nos cravates qui avait surpris, pour ne pas dire désarçonné, certains de nos lecteurs. Voici l’extrait :

«Ne surtout PAS utiliser la petite boucle (« the keeper » ndt) à l’arrière du grand pan de la cravate pour y glisser le petit pan. Conservez donc un peu de nonchalance et surtout n’oubliez pas que le fait de laisser voir de temps en temps le petit pan (« the tail » ndt) de votre cravate est tout à fait acceptable. Pensez donc au Duc de Windsor ou à Gianni Agnelli plutôt qu’à votre banquier dont les cravates rigides semblent avoir été repassées à plat.

La longueur de votre cravate est un autre puissant révélateur. Dans le meilleur des mondes, l’extrémité de votre cravate devrait effleurer le haut de votre ceinture et les deux pans devraient être parfaitement de la même longueur. Et si cela n’est pas réalisable, alors il est nettement préférable que le petit pan soit légèrement plus long que le pan de devant.»

Cette dernière phrase, résolument iconoclaste avait même poussé certains de nos lecteurs à nous écrire pour nous indiquer (de bonne foi) qu’il s’agissait visiblement d’une erreur de traduction de notre part. Le petit pan plus long que le grand ! Rendez-vous compte ! Pourtant, Michael lui-même avait confirmé ce conseil par un commentaire posté directement sur PG.

Eh bien, depuis quelques jours, étant habité par un élan un tantinet frondeur, je me suis décidé à suivre ce conseil. Et à ma grande surprise, je me suis aperçu que cette manière de nouer mes cravates apportait à mes mises un petit « supplément d’âme » plutôt agréable.

N’étant pas transalpin et étant plutôt adepte de « l’understatement » Britannique , j’ai d’abord tenté l’expérience timidement avec un costume croisé avant de me risquer à la réitérer avec un costume droit…

Et je dois avouer que le résultat, si il est assumé, est plutôt (très) convaincant…

Aujourd’hui je souhaite partager avec vous une vidéo très intéressante tirée des vidéos de GQ Magazine (les fameuses « GQ Rules ») qui vient confirmer l’élégance légèrement nonchalante de cette manière de nouer nos cravates et qui nous apprend que pour réussir à faire en sorte que le petit pan soit plus long que le grand, il faut deux ingrédients indispensables :

– une cravate assez épaisse

– et l’exécution, non pas du classique « four in hand », mais du double « four in hand » qui consiste tout simplement à faire deux tours au lieu d’un seul lorsque vous nouez votre cravate.

Voici le lien vers cette vidéo très intéressante : KNOT IT LIKE AN ITALIAN.

A essayer pour ceux d’entre vous qui souhaite apporter, de temps à autre, un petit « twist » salvateur à leurs mises.

De mon côté, je suis en train de devenir un adepte…

Cheers, HUGO