Les recommandations
de PG : La sélection de
costumes en prêt-à-porter
2014

Hugo JACOMET

Les recommandations de PG : La sélection de costumes en prêt-à-porter 2014

Gentlemen,

nous avons la joie de publier aujourd’hui la sélection Parisian Gentleman des costumes en prêt-à-porter 2014.

Cette sélection 2014 couvre 43 maisons et est le fruit d’un travail très important réalisé par notre équipe depuis plusieurs mois avec le concours, inédit et déterminant, de contributeurs en France et à l’étranger.

Nous espérons ainsi inaugurer avec cette sélection PG 2014, un nouveau type d’articles collaboratifs réunissant, autour des gros projets de « review » de PG,  les meilleurs blogueurs, auteurs et journalistes de notre domaine, afin de donner une vision vraiment internationale du sujet et de permettre à nos lecteurs d’accéder à des sélections mondiales de haute qualité, pointues, indépendantes et parfaitement à jour.

Pour cette édition 2014 de notre sélection mondiale de costumes en prêt-à-porter, nous avons réuni autour de Sonya, de Greg et de moi-même, cinq contributeurs exceptionnels : trois français, un finlandais et un américain.

A tout seigneur tout honneur, notre ami G. Bruce Boyer, de l’avis de tous l’une des plumes les plus érudites et sûres du monde de l’élégance masculine classique, nous fait l’honneur de deux « reviews » sur deux maisons américaines, tandis que notre ami du nord, Ville Raivio de l’excellent blog finnois KEIKARI, a eu la gentillesse de nous envoyer lui aussi une review sur une maison américaine.

Au coeur de ce projet, nous trouvons deux blogueurs français émérites, Dirnelli et Paul F, qui nous ont fait l’amitié d’étudier et de chroniquer à eux deux pas moins de vingt maisons.

Dirnelli est une « figure » (si j’ose dire) du petit monde des I-Gents. Son site DIRNELLI est devenu au fil des mois une formidable source d’inspiration pour tout gentleman en quête d’idées sartoriales et de contenus hyper-pointus. Je connais à titre personnel l’investissement colossal que représente le développement d’un blog digne de ce nom et je tiens à saluer ici le travail de Dirnelli qui a su, avec persistance et consistance, fidéliser un joli lectorat de vrais passionnés de la chose sartoriale.

Paul F. quant à lui propose une version plus détendue du « selfie » sartorial et une approche un tantinet moins jusqu’au-boutiste  que Dirnelli mais tout aussi pointue et érudite. Son blog, PAUL LUX, est un havre de bon goût et d’élégance animé par un authentique passionné, lui aussi collectionneur émérite. Les costumes y sont très souvent splendides et les choix toujours avisés.

Enfin, afin de donner aussi une part de voix à la jeune génération dans cette revue mondiale des costumes en PAP, nous avons, une fois de plus, ouvert nos colonnes à nos jeunes camarades de BONNE GUEULE qui nous font le plaisir d’une revue sur une jeune maison française.

Les fourchettes de prix indiquées sont estimatives et peuvent varier grandement en fonction des gammes et des tissus, mais elles vous aideront à vous y retrouver dans cette liste très longue et, nous l’espérons, très représentative du marché actuel.

Voici donc, dans l’ordre de prix croissant, la sélection de Parisian Gentleman des costumes en prêt-à-porter pour 2014.

TM LEWIN

Une entrée de gamme toujours pertinente

Prix : de 200 euros à 400 euros

http://www.tmlewinshirts.eu

Par Hugo Jacomet :

Les offres de costumes des chemisiers anglais, TM Lewin en tête, ont toujours constitué une excellente porte d’entrée dans le monde du costume classique de qualité honorable, notamment pour la jeune génération voulant d’essayer aux joies de l’élégance classique dans un budget serré.

Offerts à des tarifs très accessibles,  200 euros en période de soldes (quasi permanentes chez Lewin avec des offres discount toutes les semaines), les costumes proposés ici sont tous fabriqués sous d’autres cieux (TM Lewin fait partie du groupe Prominent, un gros opérateur d’usines en Asie et en Inde) et sont pour la plupart sont thermocollés (avec un plastron flottant quand même sur certains modèles).

Mais avec un panier moyen autour de 250 euros pour un costume complet, TM Lewin reste, avec son concurrent Charles Tyrwhitt, une excellente option pour démarrer et, littéralement, se faire la main en matière de costumes classiques.

Les coupes sont classiques, les tissus juste corrects, les finitions plutôt honorables. Vous en aurez, indiscutablement, pour votre argent.

++ : Des costumes honorable pour 200 euros, un choix très large de coupes et de tissus, un bon service client.

- – : Il vaut mieux aller dans une boutique (en UK donc) pour valider votre taille, même si le service retour fonctionne bien.

SUITSUPPLY

La révolution sartoriale

Prix : de 300 euros à 800 euros

suitsupply.com

Par Hugo Jacomet :

N’en déplaise à certains, Suitsupply est une formidable réussite entrepreneuriale et indiscutablement l’un des moteurs mondiaux de la révolution sartoriale en cours.

En mettant le style masculin à la portée de – quasiment-  toutes les bourses, avec un « flair » incontestable et un vrai talent de communication (notamment sur l’internet), Suitsupply est devenu aujourd’hui le « benchmark » (la référence) dans le domaine du style masculin accessible (avec, peut-être, Boggi à Milan).

Suitsupply a été fondée en 2001 à Amsterdam par le jeune Fokke de Jong selon une idée simple et audacieuse : installer ses premiers points de vente dans des lieux inhabituels (sur l’autoroute pour les premiers, en dehors des artères commerciales pour les suivants) et faire de Suitsupply non pas une adresse de passage, mais une adresse de destination. Ce pari atypique allait s’avérer gagnant : en réduisant de manière très importante les frais de boutiques et en adoptant très vite une démarche verticale (maîtrise des achats et de la fabrication de bout en bout), Suitsupply allait véritablement mettre la pression sur le marché du costume masculin en proposant une gamme très importante de produits au rapport qualité-prix jamais vu à l’époque.

En misant sur une communication impertinente et très directe sur l’internet (avec notamment quelques séries de photos que personnellement j’adore, comme « Trust the Suit » ou « Start Smoking »), l’entreprise néerlandaise allait connaître une progression fulgurante avec l’ouverture de 50 points de vente dont 10 aux USA (et un flagship sur Madison Avenue).

Un choix hallucinant, des tarifs très placés, un vrai travail sur le style, des tissus de bonne qualité, un ton nouveau : Suitsupply est une excellente porte d’entrée (la meilleure à ce tarif ?) dans le monde de l’élégance personnelle et ce , quel que soit votre âge ou vos moyens.

++ : Un choix fantastique, des costumes bien construits pour un tarif très placé.

- – : La manie de faire des pantalons trop courts… Une « signature » maison visiblement.

Par Paul F :

Ma première impression chez Suitsupply après y avoir passé 10 minutes fut une déception. Impossible de trouver quelle coupe m’allait.

Il faut dire que j’ai tendance à envoyer valser les vendeurs qui m’approchent, trop habitué à des sempiternels incompétents, obsédés par leur chiffre et dénués de toute élégance. Après avoir bien cherché, j’ai fini par trouver mon bonheur: HAVANA. C’est apparemment la seule coupe qui me va comme un gant en 44.

Elle est caractérisée par des épaules naturelles, une veste à deux boutons et pantalon sans pinces. J’avais dans un premier temps opté pour la SOHO mais le fait de ne pas avoir fait de natation m’a rattrapé et le résultat n’était pas particulièrement probant. Vous l’aurez donc compris, tout est une affaire de navigation dans ce magasin offrant un large éventail de coupes. Il faut donc prendre son temps et essayer.

La société, fondée à Amsterdam, s’est progressivement étendue et son modèle économique marche très fort. Elle se fournit en tissus en Italie et les envoie ensuite en Chine pour la fabrication avant de les distribuer dans les magasins et sur le site internet à la politique de retour extrêmement avantageuse qui permet de renvoyer sans frais (NDLR: UPS vient chercher le costume). Les prix sont serrés de 300 à 500 euros pour les costumes thermocollés à 700 euros pour les costumes entoilés. L’offre de tissus passe en revue tous les basiques ainsi que des tissus plus à la mode.

Suitsupply constitue l’entrée de gamme idéale pour construire sa garde robe. Ne vous arrêtez pas à sa publicité tapageuse, il y a un vrai potentiel derrière et une construction tout à fait honorable.

BOGGI

Parfait pour les budgets serrés

Prix : de 300 euros à 850 euros

http://www.boggi.it

Par Dirnelli :

Une marque de prêt-à-porter qui impressionne  par son offre pléthorique, son style élégant et ses produits proposés à des prix particulièrement raisonnables. Si je devais recommander une seule maison d’entrée de gamme pour sartorialiste au budget serré, ce serait Boggi. Dans la même gamme de prix, l’autre concurrent sérieux serait Suit Supply, mais l’avantage de Boggi est que tout est « Made in Italy ». Et si vous êtes amateur du style italien, alors vous aimerez sans doute presque tout chez Boggi.

L’un des secrets de Boggi, c’est d’être capable de travailler avec un grand nombre de fournisseurs différents, comme Lardini, Flannel Bay, Isaia, Tagliatore, et même Caruso, ce qui permet à la marque de proposer des lignes pour tous les goûts à chaque collection. Certaines pièces sont thermocollées et par conséquent peu onéreuses, mais Boggi propose également des lignes plus haut de gamme, entièrement entoilées et utilisant des tissus de qualité comme le Tasmanian Super 150′s de Loro Piana.

++ : Excellent rapport qualité / prix pour un choix varié de costumes, chemises, et accessoires.

- – : La qualité de construction, bien qu’honorable, n’est pas forcément à toute épreuve et les retouches ne sont pas incluses dans le prix.

Par Paul F :

Boggi a su taper là où le marché mondial n’offrait quasiment pas de solution: le milieu de gamme.

Enfin une réponse aux questions itératives et répétitives des fora où de (très) jeunes diplômés tentent de s’enquérir de l’existence d’une solution miracle pour trouver un costume à 400 euros pour une interview ou leur premier emploi.

Boggi, grâce à des économies d’échelle liées à une production relativement importante et à une marge volontairement restreinte, offre des tissus tout à fait honorables de maisons reconnues (e.g. Vitale Barberis Canonico, Loro Piana) dans des coupes variées permettant d’habiller la plupart des gabarits du 44 au 58. Les coupes se veulent intemporelles, bien que plus cintrées que la norme, et vous ne trouverez pas chez Boggi de revers très fins, issus de l’ère Slimane (NDLR: designer des années 2000 qui relança Dior Homme).

Il est également possible pour l’oeil avisé de repérer des clins d’oeil aux grandes maisons italiennes: revers plus généreux, tissu Solaro aux reflets rouges/verts sur un tissu à base beige et autres. La plus haute ligne, fabriquée dans des ateliers parfois très renommés, offre notamment une porte d’entrée très accessible à l’entoilé intégral aux environs de 800 euros. De quoi démarrer une garde robe de qualité sans se ruiner.

Les vendeurs sont également plus au fait et de meilleur conseil que dans la plupart des magasins dans cette tranche de prix; la plupart de ceux-ci sont d’ailleurs italiens. Chez Boggi, les vestes de flannelle marine avec un col zip détachable en flannelle grise côtoient les costumes marines, gris et beiges, unis, à rayures, à carreaux ou encore à motif prince de galles; le tout à des prix tout sauf stratosphériques.

BEAMS

La bonne surprise nippone

Prix : de 300 à 600 euros

http://www.beams.co.jp

Par Paul F :

Beams fut une des vraies surprises d’un séjour récent à Tokyo.

Cette marque, présente un peu partout au Japon avec pas moins de 30 magasins à Tokyo, a l’avantage de proposer des concepts et des marques variant d’un magasin à l’autre. Je m’attendais à une version améliorée de Zara et ai trouvé une formidable source d’inspiration avec une sélection bien pensée et en phase avec chacun des quartiers de Tokyo (i.e. plus ou moins casual).

Les costumes que j’ai pu y voir sous la marque BEAMS sont certes thermocollés mais sont extrêmement bien placés en prix à environ 300 euros.

J’ai acheté un costume en flannelle grise à carreaux fenêtres. Je suis ravi de cet achat, d’autant plus que le prix en soldes était encore plus intéressant. Je pense qu’il s’agit là d’une fabuleuse alternative aux costumes d’entrée de gamme que l’on trouve la plupart du temps dans les grands magasins.

Il faut toutefois avoir la chance d’aller au Japon ou avoir l’audace de commander sur leur online shop sans essayer. Comme on pourrait s’y attendre, les costumes taillent relativement petit. Une fois de plus, les boutiques sortent du lot par le choix très amusant et varié et les vendeurs dotés d’un certain style, discutable parfois mais affirmé pour le moins.

Il est également possible de trouver des articles en partie ou entièrement entoilés chez Beams mais ils sont dans ce cas fabriqués par Ring Jacket ou par des marques italiennes comme Lardini ou Boglioli. Si vous avez l’occasion d’aller au Japon, assurez-vous de visiter plusieurs Beams car les surprises sont nombreuses!

LANDER URQUIJO

La sensation basque

Prix : de 400 à 750 euros

http://www.landerurquijo.com

Par Hugo Jacomet :

Cette jeune petite maison est un enfant naturel d’Instagram, de Tumblr, des forums et des blogs et l’une des bonnes surprises récentes en provenance d’un pays ayant à ce jour peu contribué au mouvement sartorial : l’Espagne (par ailleurs en pointe, si j’ose dire, dans le domaine du soulier).

Son succès parmi la communauté des amateurs d’élégance classique a très vite traversé les frontières hispaniques et a même permis à la maison madrilène d’ouvrir un joli petit point de vente à Paris.

Lander Urquijo propose une formidable petite gamme de vestes sport et de costumes à des prix très bien placés. Les couleurs sont rafraichissantes, le style très sympathique et la construction très honorable.

Une bonne option pour se faire plaisir avec des couleurs et des patronages inhabituels.

Une maison et des produits rafraichissants. Viva Espana !

Par Dirnelli :

Cette jeune marque espagnole intelligente est ce que Hackett aurait pu devenir avant de perdre de son souffle…

Lander Urquijo, c’est du British avec un twist ; des classiques nobles, avec du panache, de l’excentricité à la méditerranéenne et des références à Savile Row et à Naples. C’est toujours amusant d’observer (et de soutenir) une marque qui débute tout juste son expansion — Lander Urquijo est lui-même un homme dans la quarantaine, dont il est encore possible de serrer la main. Sa famille est dans le secteur depuis une génération au moins – et l’héritier et actuel propriétaire a décidé d’étendre le business familial en développant sa branche de prêt-à-porter. Une marque à surveiller de près.

++ : Des prix très accessibles pour un style « napolitain » contemporain réalisé avec des tissus audacieux.

- – : Difficile à trouver – la marque est encore relativement confidentielle, avec seulement 3 magasins (Madrid, Bilbao et maintenant Paris).

O’CONNELL’S

De bons costumes pour les gabarits costauds

Prix de 400 à 800 euros

http://www.oconnellsclothing.com

Par Sonya Glyn Nicholson :

Pour la petite histoire, O’Connell’s fut fondé par trois joueurs de football américain de l’équipe des Buffalo Bills vers la fin des années 50. L’affaire fut rachetée ensuite par Bernie Huber, dont la famille possède encore la boutique à ce jour.

O’Connell’s ne jure que par les années 50, et possède encore un stock non négligeable de costumes d’époque pour les amateurs de vintage qui sont de plus en plus nombreux.

La marque jouit d’une clientèle fidèle et passionnée, ne jurant que par les produits de cette maison unique, qui produit encore des pièces selon les canons de la mode de l’époque (si vous aimez les pantalons patchwork à carreaux vichy, félicitations, vous avez trouvé votre maison). Certains modèles sont légèrement pincés au niveau des hanches – faites donc attention à ce détail, qui a une grande influence sur la silouhette.

Produits au Canada, les costumes O’Connell’s ont leur lot de détails typiques de la maison : une fente centrale, pas de pinces et des manches raglan.

La sélection de costume n’est pas inintéressante, et possède un côté nostalgique non dénué de charme, plus intéressant que ce qui se fait typiquement en PAP ou en mesure industrielle aux Etats-Unis. Nous aimons particulièrement les crans de revers placés très haut et les vestes 3 roll 2, avec le revers recouvrant le bouton du haut. Aucun des costumes de la maison ne sont thermocollés, ce qui est toujours un plus.

Les délais de livraisons tendent à être un peu long dans certaines zones géographiques– si vous êtes interessés, pensez à demander immédiatement une estimation du délai.

++ : Des costumes bien adaptés aux hommes grands et/ou forts. Un bon rapport qualité-prix.

- – : Des coupes un peu larges et assez conventionnelles.

MACO

Caruso par Caruso

Prix : de 500 à 800 euros (estimation)

pas de site à notre connaissance

Par Dirnelli :

Une marque du grand fabricant Caruso (tout comme « Raffaele Caruso »).

Très beau produit,  confortable à porter avec un choix de tissu très bien senti. Une offre très contemporaine, injustement confidentielle et peu distribuée. Caruso ne doit sans doute pas vouloir entrer en compétition avec les marques qu’il fournit lui même par ailleurs. C’est la seule explication possible.

Par Hugo Jacomet :

Petite précision : le nom Maco provient en fait de MA.CO (pour Manifattura Confezioni), qui est l’ancien nom de l’entreprise avant qu’elle ne soit rebaptisée Raffaele Caruso Spa.

Il s’agit donc de la marque originelle de Caruso. Mais à part vous rendre sur place (près de Parme) dans les outlets du coin, il vous sera difficile de mettre la main sur un costume Maco (ou étiqueté Maco).

A noter que Pierre Degand à Bruxelles a développé avec Maco, une petite ligne de costumes marquée « Degand par Caruso » très réussie dans une gamme de prix aux alentours de 1000 euros …. A suivre.

++ : Rapport qualité / prix, style, construction et choix des tissus.

- – : Introuvable sauf dans l’outlet de Caruso à Soragna (Parme).

EDE & RAVENSCROFT

Le prêt-à-porter de qualité du doyen des tailleurs londoniens

Prix : de 500 euros à 800 euros

http://www.edeandravenscroft.com

Par Greg Jacomet : 

Fondée 1689, Ede & Ravenscroft est la plus ancienne maison de « tailoring »  londonienne encore en activité aujourd’hui. La vénérable institution est historiquement connue pour sa confection d’habits officiels, des robes d’avocats aux perruques si chères au système judiciaire anglais, ainsi que pour son service de location de robes de cérémonie pour étudiants fraîchement diplomés.

Ede & Ravenscroft propose également une collection de prêt-à-porter dont la qualité n’a rien à envier à ses principaux concurrents dans la même gamme de prix. Pourtant, et malgré une solide clientèle fidèle, la maison est trop souvent ignorée au profit de marques au budget marketing plus conséquent.

Le style de la maison est résolument très « british » sans pour autant tomber dans l’excès de formalisme. La collection de costumes (semi-entoilés) est éclairée, quoique sans trop de prises de risque, et certains modèles au dessus de 500£ sont proposés avec deux pantalons, ce qui est très appréciable.

La maison propose également une belle selection de vestes sports à la coupe classique, du blazer navy à la veste en tweed, en passant par des curiosités quelques peu inattendues de la part d’une maison au style parfois conservateur, comme des vestes en lin aux belles couleurs d’automne.

Ede & Ravenscroft est une maison singulière et ce n’est pas un hasard si la vénérable institution est encore en activité aujourd’hui. Les produits proposés ont du « flair » et sauront satisfaire tous les amateurs de beaux costumes à l’anglaise, ce qui est une gageure dans cette game de prix, dominé par des maisons donnant dans le simili-Italien.

++ : Bon rapport qualité-prix, très beaux tweeds, un style anglais de bon goût.

— : Coupes parfois un peu amples.

MELINDA GLOSS

Une jeune maison qui parie sur un « Made in France » de qualité

Prix : de 600 à 1000 euros

http://www.melindagloss.com/fr/

Par Benoit Wojtenka (bonnegueule.fr)

Jeune maison fondée en 2008, Melinda Gloss a toujours su proposer des costumes intéressants, même s’ils ne sont pas forcément mis en avant dans les lookbooks de la marque.

Les deux fondateurs nourrissent tous les deux un goût quasi-obsessionnel pour le choix des matières, variées, de bon goût, et avec toujours un petit « quelque chose en plus ».

Rémi, qui s’occupe de la création, s’emploie avec ferveur à améliorer saison après saison les coupes de ses vestes, c’est un vrai maniaque à ce sujet : c’est le sens de coupe du tissu qui change, l’épaule qui devient plus confortable, ou le revers qui tombe mieux année après année.

En plus de costumes aux coloris classiques permanents (anthracite, gris souris, bleu marine, etc), Melinda Gloss propose chaque saison des choses plus créatives, comme un très beau smoking bordeaux, ou un costume turquoise en coton. Parmi les caractéristiques visibles de la marque, il y a toujours un choix de boutons original, mais tout à fait crédible : boutons en boire, en corozo, et évidemment en corne. Jamais de plastique.

La fabrication est intégralement française, à Limoges, et les vestes sont semi-entoilées. Les fournitures internes (padding, toile, etc) proviennent également de France.

La coupe étant assez moderne, il est tout à fait possible de dépareiller veste et pantalon. Ainsi, une veste de costume Melinda Gloss peut se porter sans problème sur un jean ou un chino.

Une excellente alternative vraiment « Made in France » pour ceux qui veulent un costume de bon goût, bien réalisé, avec de belles matières, à un prix abordable.

RING JACKET

Un rapport qualité-prix-style exceptionnel

Prix : de 600 à 1000 euros

http://www.ringjacket.co.jp

Par Paul F :

J’ai découvert cette marque en même temps que le fabuleux magasin de Hong Kong, the Armoury, bien connu ici (photo ci-dessus © Ethan @ The Armoury.)

La coupe RJ est résolument moderne sans être « à la mode », les tissus sont très beaux et à motifs intéressants, le montage est entoilé et les finitions plus qu’honorables; le tout à un tarif très raisonnable.

C’est ainsi que j’ai fait l’acquisition de mon premier costume Ring Jacket. La largeur des revers est particulièrement généreuse mais ne se retrouve pas sur toutes les coupes donc rassurez-vous, hommes élégants au goût classique, point de pelles à tartes en guise de revers !

J’ai poursuivi mes achats au Japon d’où Ring Jacket est originaire et j’y ai trouvé des prix encore inférieurs, 700 et 800 euros, ce qui est très raisonnable compte tenu de la qualité du montage et des tissus fabuleux.

Ring Jacket est l’une de mes marques préférées en termes de rapport qualité-prix. Les tailles s’étalent du 42 au 56, de quoi satisfaire le plus grande nombre.

J’ai beaucoup apprécié les vendeurs, résolument passionnés, ce qui se confirme en regardant leur Tumblr même si je ne partage pas leur goût pour les pantalons extrêmement courts. Pour ceux qui souhaitent s’enquérir du choix proposé, il va du costume bleu marine classique à la veste « Creamy Waffle », expression absolument intraduisible signifiant une laine volontairement généreuse en volume et relief.

Le principal inconvénient de la marque reste la distribution en Europe: inexistante à ce jour. Un revendeur aux Etats-Unis, Khakis of Carmel, vient de commencer un partenariat avec Ring Jacket mais incluant une marge appréciable. Il faut bien vivre et payer les taxes d’import.

BROOKS BROTHERS

Des costumes corrects à des tarif corrects

Prix : de 600 à 1200 euros

http://www.brooksbrothers.com

Par G. Bruce Boyer :

Brooks Brothers, fondé en 1818, est le plus vieux magasin de vêtements aux USA et le premier à s’être spécialisé dans le prêt-à-porter masculin.

Brooks est devenu le bastion de l’establishment de l’Est des Etats Unis au 19ème siècle avant de devenir le magasin fétiche du style Ivy (Wasp Ivy). Dans les années 50, le magasin gagna en popularité et fut même décrit comme l’épicentre du style vestimentaire typiquement américain « Madison Avenue- Flanelle Grise-Campus », qui fut ensuite largement copié à l’étranger. Ironiquement, ce fût juste au sortir de la guerre, en 1946, que la famille Brooks décida de vendre l’affaire, alors que la confection américaine était en plein essor. Les années suivantes furent difficiles, et l’entreprise passa d’un propriétaire à un autre pendant de nombreuses années, sans retrouver le chemin du succès et de la qualité.

Finalement le magasin est racheté par des italiens en 2001 et depuis a fait des efforts considérables pour se re-définir avec un style  « International Preppy » et un focus sur le jeune cadre actif américain.  L’intention était donc de revenir aux racines des années 50 avec un accent mis sur la qualité, les chemises button-down peu onéreuses, les cravates classiques et autres accessoires, mais aussi de proposer des silhouettes nouvelles,  mais qui se sont avérées  finalement standardisées et, finalement, très éloignées de l’esprit Ivy League originel.

Pour autant, l’on peut tout de même dire que Brooks Brothers continue d’être fidèle à ses racines en fournissant à de nombreux hommes des costumes corrects, à des prix corrects.

Par Hugo Jacomet :

Préférez la ligne « Made in Italy », de très loin la plus intéressante en termes de qualité et de construction.

HACKETT

L’un des porte drapeaux du style British accessible

Prix : de 600 euros à 1400 euros

http://www.hackett.com

Par Hugo Jacomet :

Fondé en 1979 par Sir Jeremy Hackett (à l’origine un simple business de vêtements d’occasion), Hackett est devenu dans les années 90 l’un des porte drapeaux du style anglais accessible.

Il faut dire que les collections de Hackett (of London) s’attachaient jusqu’au milieu des années 2000 à revisiter les grands symboles de la « britishness » avec flair, talent, justesse et, parfois, un zest d’humour et de décalage (comme ce logo constitué d’un chapeau melon et de deux parapluies, so British).

Vendu par Richemont au groupe Torreal (un fond d’investissement espagnol) en 2005, Hackett semble un peu rentrer dans le rang depuis quelques années, avec des produits plus standardisés et à moins forte personnalité, même si son réseau de points de vente s’est considérablement développé dans le monde entier.

Donc même si la maison Hackett of London semble donc avoir un peu perdu la « flamme » qui a fait son charme (et son succès), elle reste une bonne option dans son segment de tarif.

++ : Rapport qualité/prix correct, choix large, quelques jolies pièces chaque saison.

- – : Beaucoup moins de personnalité qu’autrefois, une qualité de construction perfectible.

SAMUELSOHN

Une maison de qualité très sous-estimée

Prix : de 750 euros à 1200 euros

http://samuelsohn.com

Par Jeffery Diduch (http://tuttofattoamano.blogspot.fr) :

Le rapport qualité-prix des produits Samuelsohn est probablement sans équivalent sur le marché actuellement.

Avec une qualité de fabrication plus ou moins équivalente à Canali, mais à des prix substantiellements plus bas, Samuelsohn est l’une des marques les plus injustement sous-estimées qui soit.

Très longtemps dirigée par deux frères ennemis jumeaux, l’entreprise fut vendue il y a quelques années à un fond d’investissement qui a mis à sa tête une nouvelle équipe comprenant Arnold Brant Silverstone, Darrell Henson (l’un des meilleurs « merchandisers » sur le marché), et un ancien de l’assurance qualité de Caruso. L’équipe a su donner un second souffle à l’offre de la marque, et l’usine fabriquant les costumes a été agrandie pour mieux faire face aux challenges du marché actuel — dans le cas de Samuelsohn, un dollar canadien en train de remonter et plus haut que ces dernières années.

Les manufactures de costumes canadiennes ont en effet longtemps tiré profit d’un taux de change de 0.65$ CA pour un  dollar americain, leur ayant permis de vendre sur le marché Americain à des prix très compétitifs.

Cet époque est maintenant révolue, mais le Canada tire encore avantage de la politique protectionniste américaine, qui percoit jusqu’à 17% sur l’importation de certaines matières premières (comme le cachemire par exemple), que les manufactures canadiennes ne payent bien entendu pas.

Une politique étrange, pour ne pas dire stupide : il n’y a plus de producteurs de laine aux Etats-Unis, donc la taxe ne protège personne, mais pénalise toutes les manufactures Américaines. Ahem.

Samuelsohn produit également en « private label’ pour Harry Rosen (Canada) et Paul Stuart (New York et Chicago), que beaucoup considèrent comme étant parmis les meilleurs marques du marché des deux cotés de la frontière.

L’entreprise vient également de racheter Hickey Freeman et je suis curieux de voir comment la marque va être positionnée sur le marché.

PORTS 1961

Sobre et net

Prix de 800 euros à 2000 euros

http://ports1961.com

Par Sonya Glyn Nicholson :

Avec des costumes fabriqués à 95% en Italie par un atelier décrit comme « traditionnel » (à vérifier cependant), des lignes très propres et très nettes et des silhouettes classiques mais très contemporaines, Ports 1961 vient d’émerger sur le marché.

Ses produits sont très réussis avec un excellent travail de col, des revers de taille moyenne avec de jolis crans, des épaules naturelles très bien réalisées, un boutonnage placé très haut et une veste de longueur presque normale à l’avant mais très courte à l’arrière, à la manière du Pop Suit, qui découvre quelque peu le fessier de son propriétaire. On aime ou on aime pas, mais le rendu est réussi et très bien coupé.

Les pantalons sont ajustés mais sans excès, et la taille est placée assez haut, près de la taille naturelle. La silhouette est cintrée.

Globalement il s’agit d’un travail sérieux et il nous semble prudent d’affirmer que les personnes derrière Ports 1961 ont vraisemblablement du être peu ou prou exposées à la culture tailleur, la vraie.

Originaire de Toronto, mais désormais à la tête d’un beau magasin dans la fameuse rue de Faubourg Saint Honoré à Paris dans lequel les collections masculines viennent d’être intégrées, la jeune maison canadienne semble réussir là où beaucoup d’autres ont échoué : proposer un produit à la fois futuriste et intemporel, propre à durer et à survivre aux modes. Les tissus, quant à eux, sont notamment de chez Loro Piana.

Difficile de trouver quelque chose à redire sur cette belle petite collection, si ce n’est que les costumes croisés sont superbes, avec une silhouette très « clean » et très ajustée tout en conservant un joli drapé sur la poitrine. Une belle découverte à suivre.

++ : Des silhouettes très « clean », de très beaux costumes croisés.

- – : Des vestes trop courtes pour les non amateurs de Pop-Suit ! Quel dommage…

BOGLIOLI

La vie sans structures

Prix de 850 euros à 1200 euros

http://www.boglioli.it

Par Hugo Jacomet :

Spécialistes de la veste sport ultra-légère et ultra-souple, les frères Boglioli ont connu un succès planétaire avec leurs produits se rapprochant parfois plus du cardigan que de la veste. Le confort des produits Boglioli est tel, qu’il faut avoir essayé l’une de leurs vestes pour comprendre la sensation en question.

Les matières sont hallucinantes de légèreté, les vestes sans structure aucune et le style très italien. A posséder dans une garde-robe pour les voyages en avion ou les soirées au bord de la mer.

A noter que les frères Boglioli ont quitté l’entreprise l’année dernière et viennent de lancer un nouvelle marque – GIGI – dont les premiers produits semblent extrêmement prometteurs (disponibles chez Degand à Bruxelles très bientôt). A suivre.

++ : Un confort inégalable, un vrai style « casual chic ».

- – : Un peu cher parfois.

LARDINI

Des costumes italiens bien faits et abordables

Prix : de 850 euros  à 1600 euros

http://www.lardini.it

Par Hugo Jacomet :

Moins connu que certains de ses concurrents, Lardini est pourtant l’un des grands fabricants italiens de costumes de qualité milieu de gamme (1600 costumes / jour).

Cette usine familiale qui fabrique des costumes  pour des grands noms comme Dolce & Gabbana, Ferragamo ou Versace (excusez du peu), propose une gamme de costumes très corrects avec un joli style italien et une bonne qualité de construction dans une gamme de prix cohérente.

Un bon produit italien, sérieux, parfois assez joli et bien réalisé.

++ : Des produits sérieux, un style sobre mais qui reste italien.

- – : Peu de personnalité, un rien ennuyeux.

TIMOTHY EVEREST

Un prêt-à-porter de qualité avec du « flair »

Prix : de 900 à 1500 euros

http://timothyeverest.co.uk/

Par Hugo Jacomet :

La maison Timothy Everest propose depuis quelques années des petites collections de prêt-à-porter tout à fait remarquables dessinées par Tim et fabriquées au Portugal, en Angleterre et même au Japon (où les produits Everest marchent très bien).

Les lignes sont parfois audacieuses (sans excès), les tissus de belle qualité et les montages semi-entoilés d’excellente façon.

De beaux produits « Bristish with a twist », comme on les aime chez PG.

++ : Un beau produit, bien fait avec le « flair » qui a fait la réputation de la maison.

- – : Des collections très courtes avec peu de choix.

RICHARD JAMES

Un prêt-à-porter créatif et de qualité

Prix : de 900 à 1500 euros

https://www.richardjames.co.uk/

Par Hugo Jacomet :

Richard James est indiscutablement l’un des leaders du nouvel establishment de Savile Row et l’un de ceux qui a su faire bouger les lignes entre le Bespoke tailoring traditionnel et le prêt-à-porter de caractère et de qualité.

Désormais distribués à l’international (dont Barneys à New York et Harrods à Londres), les produits RJ en prêt-à-porter sont fabriqués en Italie et proposent des coupes contemporaines et des couleurs toujours très bien senties et parfois très créatives, comme le vieux rose, le bleu pâle et le pourpre.

Une maison que nous apprécions particulièrement chez PG pour la qualité de ses produits, la cohérence de sa communication (toujours très créative et artistique sans être tapageuse) et le style de ses dernières collections printemps/été, avec des vestes particulièrement réussies et rafraichissantes !

++ : Un vrai style distinctif qui s’affirme petit à petit, du « flair ».

- – : Des collections encore très courtes, un choix correct mais limité.

RICHARD ANDERSON

L’étoile montante de Savile Row

Prix : de 900 à 1800 euros

http://www.richardandersonltd.com

Par Hugo Jacomet :

La maison Richard Anderson propose depuis deux ans maintenant, une très belle collection de costumes classiques dessinée par « Young Richard » lui-même et fabriqués en Italie.

Tous les fondamentaux du vestiaire masculin sont disponibles dans des tissus discrets très bien sentis et des constructions classiques semi-entoilées d’excellente façon.

Le prêt-à-porter de Richard Anderson est un vrai bon produit, uniquement disponible à ce jour au 13, Savile Row ou sur le site maison.

++ : Un produit classique, bien réalisé dans de beaux tissus. Un investissement sûr.

- – : Uniquement disponible à Londres.

PAL ZILERI

Un fabuleux produit se cache derrière un marketing qui ne le sait pas

Prix : de 1000 à 1700 euros

http://fr.palzileri.com/

Par Dirnelli :

Jamais une marque de prêt-à-porter n’a été autant desservie par ses propres campagnes de pub que Pal Zileri.

Ne vous y trompez pas – malgré son image « trendy », sa forte présence dans les magazines de mode, et ses boutiques pour Hipsters dans des endroits mal choisis (comme dans les aéroports), la marque crée bel et bien de fantastiques costumes, bien qu’il soit necessaire d’en enfiler un pour s’en rendre compte, tant la culture tailleur ne transparait pas du tout dans ses publicités…

Par exemple, Pal Zileri est l’une des seules marques de prêt-à-porter à proposer des pantalons à peine entoilés au niveau de la taille – bien plus comfortables que les pantalons très rigides de bon nombre de concurrents. Les vestes sont, quant à elles, d’une telle légèreté qu’elles se font à peine ressentir. Pour autant, elles ne manquent pas de structure, et tombent très bien.

La sélection des tissus est toujours un peu en marge de ce qui se fait, mais de manière subtile – les alternatives proposées sont donc originales tout en restant portables.

La façon dont une maison choisit  ses tissus est d’ailleurs souvent révélateur, particulièrement pour une marque de PAP.

Certaines marques se contentent en effet de sélectionner des tissus très luxueux, mais dont la pertinence laisse à désirer.

A l’inverse, Pal Zileri propose une sélection de tissus qui – bien qu’ils ne soient pas forcément les plus luxueux – témoignent d’un choix réfléchi, tant au niveau de la main que visuellement. La preuve que derrière Pal Zileri il y a des personnes qui savent vraiment de quoi elles parlent.

Il est donc fort dommage que la communication fasse totalement l’impasse sur ce qui fait la valeur de la marque.

++ : Beau travail de tailoring, excellent style, beaux tissus, prix placés.

- – : Le marketing est complètement inadapté et ne met pas en valeur la vraie proposition de la marque.

PAUL STUART

Un flair très « mid atlantic east coast »

Prix : de 1100 à 1800 euros

http://www.paulstuart.com

Par G. Bruce Boyer :

Paul Stuart se situe dans le segment juste au dessus celui de Brooks Brothers, tant en termes de style qu’en termes de tarifs.

La philosophie de la maison est d’injecter la dose juste de style dans les costumes business et dans le sportswear. Le costume Paul Stuart est donc plus « Mid-Atlantic » que Brooks, beaucoup plus coloré avec des silhouettes beaucoup plus ajustées. Le rendu visuel global est donc plus « pointu » et souvent très en phase avec l’air du temps.

Le lancement récent de la ligne « Phineas Cole » a été une étape importante dans la montée en gamme (et en prix) des produits maison. Il s ‘agit d’une gamme destinée à des hommes jeunes, un peu « dandy » et décomplexés quant à leur style, dont le succès a été excellent.

Depuis quelques années, les créations maison ont été le fruit d’un audacieux mélange « Italo-British » très réussi dans le style, les tissus et la construction qui a attiré et attire plus que jamais les cadres financiers de Wall Street, les avocats impétueux et même quelques patrons élégants du niveau supérieur.

++ : Excellent mix « Italo-British », belle personnalité de la gamme Phineas Cole, produit sérieux.

- – : Toujours très peu disponible : seulement trois magasins (New York et Chicago) et quelques points de vente au Japon.

CARUSO

Le groupe Wolkswagen du style masculin

Prix : de 1100 à 3000 euros

http://www.carusomenswear.com

Par Dirnelli :

Volkswagen, c’est aussi Audi et Porsche, mais seul les amateurs de voitures le savent ou y accordent une quelconque importance.

De la même manière, Caruso est LE fabricant de masse de costumes de qualité. La maison produit pour les meilleures marques au monde. Pourtant, le nom lui même reste peu connu du grand public.

Considérez votre garde -robe : vous pourriez avoir l’impression de posséder des costumes différents, faits à differents endroits, parce ce que la marque change sur l’étiquette.

Pourtant la probabilité est aujourd’hui très grande pour que vous ayez fait l’acquisition de plusieurs costumes Caruso, mais construits selon les spécificités de la maison qui les aura commandés (pour vérifier, cherchez l’étiquette Caruso, toujours la même, que vous trouverez dans l’une des poches de la veste).

Il est alors impressionant de constater que Caruso a su maintenir de véritables standards de qualité, malgré la demande toujours croissante. Aucun autre fabricant de masse n’aura su relever ce défi dans l’histoire du prêt-à-porter — et rien que pour cela, Caruso mérite le respect.

++ : Super rapport qualité-prix, les costumes sont tellement bien dessinés et construits que lorsque vous essayez une taille au dessus ou une taille en dessous de la votre, tout semble quand même vous aller parfaitement.

- – : Le prix d’un costume Caruso peut varier de 1 à 4 en fonction de la marque qui vous le vend.

Par Paul F :

Enfin une occasion de parler d’une marque qui devrait être connue de tout élégant qui se respecte.

Il n’en reste pas moins que peu de gens connaissent cette maison. On m’a déjà rétorqué, lors d’une compétition de golf : « mais mon cher (pensez la quarantaine, voix snob, air snob, pantalon en velours côtelé jaune avec un pull vert pour aller avec les couleurs du club et la mèche au vent), « Caruso ? Jamais entendu parler et pourtant je m’y connais. Moi je ne jure que par Smalto. En prêt-à-porter, oui, car les délais pour en avoir un sur mesure m’exaspèrent. »

Cette anecdote me fait sourire au moment où je vous la relate car il se trouve que c’est justement Caruso qui produit le prêt-à-porter de Smalto, ainsi que celui de nombreuses autres maisons très respectables comme Cifonelli ou Hartwood. Voilà une des plus belles fabrications qui soient en prêt-à-porter.

Néanmoins, il existe plusieurs gammes selon le cahier des charges retenue par les maisons qui font fabriquer chez Caruso; et bien sûr toutes ne se valent pas forcément. S’il ne fallait retenir qu’une chose, c’est que vous pouvez faire confiance au savoir-faire : l’entoilage est idéalement léger, les finitions toujours réussies et la coupe en général très belle. Les prix en PAP s’étalent de 1000 à 3000€.

Eh oui, certaines maisons sont plus gourmandes que d’autres mais encore une fois, le cahier des charges varie fortement. J’ai encore un souvenir ému d’un manteau croisé en cachemire de Smalto fabriqué par Caruso, dieu merci pas à ma taille car sinon j’aurais pu craquer.

HARTWOOD

Une bonne maison française qui gagne à être connue

Prix : de 1200 à 1800 euros

http://www.hartwoodparis.com

Par Dirnelli :

Hartwood est une petite maison proposant des costumes fabriqués par Caruso et qui, n’ayant pas la notoriété pour afficher des prix élevés,  constitue l’un des meilleurs rapports qualité-prix du marché.

L’on peut même dire sans trop s’avancer que Hartwood propose le costume Caruso le moins cher  du secteur – ce qui en fait, pour cette seule raison, une maison à considérer si vous passez à Paris.

De plus, Hartwood n’utilise, pour le meilleur et pour le pire, que des tissus Loro Piana. Donc même si les tissus Loro Piana peuvent s’avérer parfois fragiles, peu de petites maisons de PAP peuvent se prévaloir de travailler avec Loro Piana pour l’ensemble de leurs gammes.

Hartwood est déjà très apprecié par un nombre croissant de connaisseurs en France, mais la marque mérite indéniablement une visibilité plus internationale. Les collections proposées sont en effet toujours réussies, saison après saison.

++ : Le costume Caruso le moins cher du marché, les boutonnières milanaises sont cousues main sur chaque costume.

- – : Tissus Loro Piana uniquement, avec la fragilité que cela implique parfois.

RALPH LAUREN

Le costume Gatsby par excellence : un régal pour les yeux

Prix : de 1200 euros à 1600 euros (Black Label), 4000 euros et + (Purple Label)

http://www.ralphlauren.com

Par Sonya Glyn Nicholson :

Fort du récent succès de sa collection « Gatsby » à la personnalité très marquée, la ligne Purple Label de Ralph Lauren continue d’asseoir sa position de pourvoyeur de costumes de qualité qui sont un véritable régal pour les yeux… La ligne « Black Label », moins prestigieuse (et plus abordable) que sa grande soeur, jouit elle aussi cependant d’une certaine reconnaissance.

Bien qu’une partie de la gamme Black Label soit constituée de costumes coupés dans des tissus tristement monochromes pour des coupes très près du corps, une autre partie de la gamme propose quant à elle des coupes à l’italienne avec des épaules plus larges et des manches roulées, pour une silouhette plus classique. C’est cette partie de la gamme BL qui sera préférée.

Les deux lignes ont le mérite de proposer des épaules travaillées, bien plus prononcées que chez bien des maisons américaines, qui tendent à pêcher par manque de structure et d’audace en la matière.

La Purple Label est fabriqué par Caruso avec les plus belles soies et les plus beaux cachemires qui soient. De nombreux détails sont faits-main, faisant de PL l’une des lignes de PAP les plus impressionnantes sur le marché, mais aussi l’une des plus chères.

Bien que très exclusive par son prix et sa relative confidentialité, il est impossible de contester que la RLPL est un succès esthétique retentissant (à défaut d’être un succès commercial), ce qui est tout à l’honneur de Ralph Lauren.

Le « look » propre à la Purple Label a fait l’objet d’une campagne de publicité d’une telle efficacité que peu de marques peuvent se vanter de proposer des pièces aussi instantanément reconnaissables au premier coup d’oeil. A tel point qu’acheter un costume Purple Label requiert un certain oeil, afin d’éviter de ressembler de trop près à un homme ayant arraché son ensemble à un stockman en vitrine…

Comme peut en témoigner la collection 2014 de Purple Label, Ralph Lauren semble avoir décidé de diversifier son offre, en incluant des pièces comme le « Wool Drake suit », un ensemble trois-pièce splendide et plus sobre.

Le prix moyen pour une veste dépareillée est d’environ $4000 (le lin vous reviendra à moins cher), tandis qu’un costume vous reviendra à plus de $5000. Des tarifs faramineux, mais qui n’enlèvent rien à l’impressionante qualité des produits.

Un choix plus abordable sera le costume « Italian-Cut Black Label Twill Wool Suit » (référence #326136), proposé à $2000. La pièce offre des revers haut-placés, avec double fente sur la veste, ainsi qu’une patte de serrage sur les pantalons, pour un résultat convaincant à la silouhette réussie. Une autre option sera le smoking Black Label, vendu à $1700. Pensez cependant à bien vérifier que ligne des épaules de la veste, c’est à dire de la base du cou jusqu’à l’extrémité des épaules, soit aussi fluide que possible, ce qui n’est pas toujours le cas.

++ : Un choix sûr. De belles silouhettes et un beau travail de finition fait-main qui respire la qualité.

- – : Les tarifs exorbitants, des produits parfois presque trop reconnaissables.

CANALI

Le héros méconnu du style masculin

Prix : de 1200 à 1800 euros

http://www.canali.com

Par Hugo Jacomet :

Pour mémoire voir dans les archives PG un article sur Canali par un lecteur : CANALI PG.

Par Dirnelli :

Comment se fait-il que cette marque ne jouisse pas, notamment sur l’internet, de la réputation qu’elle mérite amplement ?

L’offre Canali a en effet de quoi satisfaire le plus exigeant des amateurs : des produits entièrement entoilés, de belles coupes, et un magnifique choix de tissus (bien que certains puissent être parfois fragiles).

Alors oui, il s’agit de vêtements produits à la chaîne. Pour autant, le résultat final est tellement réussi qu’il prouve à lui seul que l’appellation « Made In Italy » peut encore avoir un sens de nos jours : celui de prêt-à-porter de qualité.

Canali est l’une des rares marques à possèder sa propre usine, qu’elle utilise exclusivement pour ses propres collections. D’ailleurs, la marque pourrait très probablement gonfler son chiffre d’affaires en produisant pour d’autres marques de luxe – comme beaucoup d’autres dans le secteur – mais au lieu de cela, Canali préfère rester exclusif, au point que certains des tissus utilisés sont tissés exclusivement pour la maison. Le résultat ? Une agréable sensation d’exclusivité, capable même parfois de rivaliser avec le meilleur du fait-main italien.

+ + : Des costumes élégants, confortables, bien assemblés, et aux coupes contemporaines.

- – : La fragilité de la majorité de leurs tissus.

CORNELIANI

Des costumes de bonne qualité, bien distribués

Prix : de 1200 à 1800 euros

http://www.corneliani.com

Par Dirnelli :

Dans la même gamme de prix, Corneliani et Canali ont bien des points en commun : tous deux possèdent leur propre usine, les coupes proposées sont contemporaines, de nombreux détails sont fait-mains et les costumes sont globalement très confortables.

La principale différence est en terme de notoriété.  Corneliani semble en effet jouir d’une popularité plus importante sur internet. De plus, la marque produit pour d’autres (comme Ralph Lauren). Le choix des tissus est parfois un peu trop « nouveau-riche » à mon goût.

Mais cela reste une bonne option dans cette gamme de prix.

++ : De beaux costumes, de nombreuses opérations faites à la main.

- – : Des choix de tissus parfois douteux.

HUSBANDS

Une « pépite » parisienne

Prix : de 1350 à 1700 euros

http://www.husbands-paris.com

Par Greg Jacomet :

Voir l’article de Greg sur Husbands ici : HUSBANDS PAR PG.

Par Paul F :

Enfin un Frenchy qui se lance pour produire de beaux costumes, fabriqués en Italie, avec des tissus d’exception uniquement et une coupe résolument moderne. Voici l’impression que j’ai eue en lisant un article vantant les mérites de cette (petite, pour l’instant…) maison sur Parisian Gentleman.

Je suis un butineur, j’aime découvrir et pour une fois qu’on est pas dans une marque qui se termine en « i » (Brioni, Canali, Corneliani, Pal Zileri, etc.), je joue aux chauvins et je vais voir de quoi il retourne. Nicolas, le propriétaire et fondateur d’Husbands, n’est pas un fils de tailleur, ni un coupeur de formation; c’est un homme qui veut rendre les hommes plus élégants.

Je ne vous refais pas sa biographie, Greg l’a très bien écrite. Je disais donc, des tissus d’exception: des flannelles Fox Brothers qui coûtent une vraie fortune, des milanaises désormais faites main par Jessica de Hody et une coupe qui me va du premier coup (NDLR: faisant un 44-46, il m’est très difficile de trouver ma taille en prêt-à-porter ou est-ce une excuse que je m’invente pour justifier toutes mes commandes en demi/grande-mesure?).

Husbands ne marche pas à la collection saisonnière mais joue sur l’aspect intemporel des costumes, vestes et manteaux qu’il propose: un manteau bleu croisé en laine et cachemire, un costume en fresco bleu uni, un costume en flannelle marine à rayures craies, une veste en tweed à motif gunclub, etc.

Mais c’est que je pourrais tout acheter ! Surtout que le prix de 1350 euros pour un deux pièces est tout sauf absurde.

Avis aux grands défenseurs du classicisme à l’anglaise, vous trouverez ici des coupes plus cintrées et des bas de pantalon resserrés sans toutefois tomber dans le ridicule, foi d’un jeune homme qui essaie d’être élégant, croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais chez Boss.

RAVAZZOLO

Une belle maison italienne largement sous-estimée

Prix : de 1550 à 2350 euros

http://www.ravazzolo.com

Par Dirnelli :

Personne sur l’internet ne semble parler de cette belle marque de prêt-à-porter, l’un des héros méconnus du style masculin contemporain.

Les tarifs sont élevés, mais les produits sont de belle qualité, propre à satisfaire les connaisseurs les plus exigeants.

Une marque qui ne fait pas de chichi, et qui reste très classique, quitte à en être devenir ennuyeuse au niveau des coupes.

Le choix des tissus est en revanche toujours original, avec le risque permanent de frôler le sublime mais aussi le mauvais goût. C’est étonnant pour une maison de cette qualité de donner l’impression de choisir ses tissus un peu au hasard.

++ :  Un produit classique, bien fait, sans faute majeure en termes de style et de fabrication.

- – : Le choix des tissus parfois de goût douteux.

CIFONELLI

Pour entrer, un peu, dans la légende

Prix : de 1850 à 2500 euros

http://www.cifonelli.com

Par Dirnelli :

Cifonelli propose une superbe ligne en prêt-à-porter fabriquée par Caruso, proposée dans un beau choix de tissus de qualité, selon les plus hauts standards que Caruso peut offrir, aussi connu sous le nom de « Gold Finish ».

Le prêt-à-porter Cifonelli est peut-être le compromis idéal pour l’amateur désargenté qui n’est pas forcément prêt à faire le grand saut vers le bespoke de la maison.

De belles coupes, une belle qualité de construction et un beau rapport qualité-prix (notamment durant les soldes.)

Soyez cependant averti : le style et les coupes de la ligne prêt-à-porter n’ont pas grand chose à voir avec le style du célèbre bespoke maison.

+ + : Un excellent moyen de goûter à la maison Cifonelli sans (trop) casser sa tirelire

- – : Peu de points communs avec la silhouette Cifonelli Bespoke.

FRANCESCO SMALTO

Un grand nom du Bespoke et du prêt-à-porter de luxe

Prix : de 1850 à 2800 euros

http://www.smalto.com

Par Hugo Jacomet :

Incontestablement l’un des grands noms du prêt-à-porter de luxe et l’un des maîtres tailleurs ayant le mieux réussi le passage périlleux entre le bepsoke traditionnel et le prêt-à-porter de qualité dès la fin des années 60.

Les costumes Smalto, fabriqués chez Caruso, constituent toujours un choix très sûr et « tombent » toujours parfaitement avec, notamment, un excellent « drapé » et un ajustement très précis pour du PAP. Du beau travail, année après année même si certains choix de tissus sont discutables.

Le cran de revers Smalto, émanation directe du « cran Camps » (dont Francesco fut l’élève), reste un grand classique de l’art tailleur français et est disponible en prêt-à-porter chez Smalto. Un must pour tous les vrais amateurs qui se doivent de posséder un costume avec ce cran à l’équerre.

Par Dirnelli :

Le cran de revers « fishmouth » est un des traits caractéristiques de la culture tailleur française, bien qu’il soit extrêmement difficile  à trouver en PAP.

Smalto propose des modèles comportant ce détail (c’est même l’une de ses signatures) ce qui en fait une destination à recommander pour qui aime l’art tailleur à la française.

Leur ligne PAP est faite par Caruso, donc rien à redire, même s’il est intéressant de constater que les vestes Smalto proposent plus de padding que ce que Caruso fabrique pour d’autres marques. Le choix des tissus est parfois également questionnable (trop de tissus « brillants »).

L’une des signatures de la maison, les manches à 5 boutons, peut demander un petit temps d’adaptation (Tom ford propose ce détail également). L’utilisation de boutons carrés sur leurs blazers relève du génie en revanche — il faut le voir pour le croire, mais le résultat est extrêmement réussi.

Chapeau bas également pour la magnifique milanaise faite main sur chaque costume – trop peu de marques PAP proposent ce détail, curieusement.

+ + : Belles coupes, cran tailleur disponible en PAP, choix très sûr.

- – : Quelques tissus un peu trop voyants…

ERMENEGILDO ZEGNA

De très beaux costumes, pour qui saura faire le tri entre les différentes lignes

Prix : de 1950 euros à 2800 euros

http://www.zegna.com

Par Sonya Glyn Nicholson :

Commençons par un peu d’histoire  :  horloger de métier, Ermenegildo Zegna devint filateur en 1852. Des années plus tard, son dernier fils – qui porte le même nom que son père – développe l’affaire familiale en fondant la célèbre « Lanificion Zegna » en 1910 à Trivera, à coté de Biella en Italie, berceau des plus grande filatures italiennes.

La famille se met alors à produire en grande quantité des tissus en fibre naturelle directement achetés dans leurs pays d’origine et tissés à Trivera par Zegna. C’est la génération suivante, sous l’impulsion d’Angelo et Aldo Zegna , qui fera faire à la famille ses premiers pas dans le monde du prêt à porter, avec la création de l’usine de Novara en Italie en 1968, qui n’utilisera alors bien entendu que les tissus produits par Zegna.

—–

Un peu d’histoire ne fait en effet pas de mal, surtout quand il s’agit de s’attaquer à l’une des marques de prêt-à-porter parmi les plus importantes et les plus influentes du marché. La ligne Z de Zegna étant clairement d’inspiration sportswear, nous nous sommes concentrés uniquement sur les lignes E.Zegna et Couture.

Les modèles dits « Milano » et « Trofeo » (plus chers) sont disponibles dans la gamme de tissus A (qualité premium) et B (qualité normale) et sont de franches réussites en terme de coupe et d’esthétique. Les modèles « Roma » ont été l’objet quant à eux, de quelques critiques, notamment pour une silhouette jugée un peu  massive.

Les costumes en provenance de l’usine principale en Suisse sont généralement à préférer aux costumes en provenance d’Espagne ou d’Italie (bien que cela ne soit pas vrai en ce qui concerne le sur-mesure de la maison).

Vous comprenez par ces quelques paragraphes préliminaires qu’il ne faudra pas hésiter à poser quelques questions et accorder une attention toute particulière aux étiquettes pour être sûr de mettre la main sur un vrai beau costume Zegna en PAP tant les collections sont larges et qu’il est parfois difficile de s’y retrouver.

Pour un costume complet entièrement entoilé de la collection principale dans un tissu de gamme A (la meilleure qualité donc), comptez environ 2000€.

Les modèles Trofeo ont, quant à eux, fait l’objet d’une attention au détail plus poussée … au détriment du prix, parfois jusqu’à 50% plus élevé que les modèles Milano. Il arrive cependant que la marque soit parfois soldée. Donc gardez les yeux bien ouverts.

En ce qui concerne la qualité des tissus disponibles sur le marché, nous avons constaté que Saks et Barneys à New York distribuaient généralement des costumes avec des tissus de la gamme B (qualité normale) alors que Neiman Marcus offrait les deux qualités, A (qualité supérieure) et B.

++ : Un choix sûr, des beaux costumes classiques et de qualité dans les gammes citées ci-dessus.

- – : Des prix qui peuvent varier énormément et une grosse différence de qualité entre les gammes. Une grande et belle marque à manier avec discernement.

SARTORIA PARTENOPEA

L’un des meilleurs rapport qualité-prix pour le style napolitain

Prix : de 2000 euros à 2700 euros

http://www.sartoriapartenopea.it

Par Dirnelli :

Formidable produit, qui n’était disponible en France que chez Old England et qui est donc introuvable dans l’hexagone à ce jour.

Je regretterai toujours d’avoir découvert cette marque trop tard et ne n’avoir pas pu profiter au maximum des ventes lorsque Old England s’est arrêté.

La coupe, fabuleuse, est clairement napolitaine et directement inspirée de celle de Kiton (dont les fondateurs sont issus). A mon sens ils ont même fait mieux que l’original, mais pour des produits facturés à un tiers du prix.

++ : Coupe, tissus, style napolitain, excellent rapport qualité-prix.

- – : Introuvable en France.

ISAIA

Des couleurs, des motifs et des costumes croisés de toute beauté

Prix : de 2000 euros à 3000 euros

http://www.isaia.it

Par Sonya Glyn Nicholson :

Un peu d’histoire : Enrico Isaia, marchand de tissus de son état, ouvre une petite échoppe à Naples dans les années 20, où il propose aux tailleurs des alentours sa sélection des meilleurs tissus italiens et britanniques. En 1957, l’entreprise se délocalise à quelques encablures de Naples, dans la « ville des tailleurs » de Casalnuovo – ainsi surnommée en hommage à ses 15 000 tailleurs enregistrés à l’état civil. Enrico et ses fils Enrico Jr, Corrado et Rosario ouvrent alors un petit atelier à côté de l’échoppe de tissus, et avec l’aide de quelques maîtres tailleurs de la ville, commencent à travailler à la noble tâche consistant à essayer de donner à la couture napolitaine une audience internationale.

—–

La ligne « Gianluca Isaia Napoli » fait d’emblée une forte impression et ses costumes croisés, notamment, sont extrêmement populaires. La maison, connue pour l’utilisation ingénieuse de son logo comme bijou de boutonnière, est réputée pour son audace aussi bien en termes de motifs que de coordination des couleurs.

Les costumes de la ligne principale proposent une silhouette réussie et raisonnablement ajustée. En définitive, peu de modèles de la maison adoptent des coupes vraiment casual.

Un costume en super 120s vous reviendra à environ 2300€, mais les soldes et les baisses de prix temporaires étant relativement courantes, je vous conseille de gardez les yeux ouverts.

Le bas de gamme de la maison, la ligne « Gianluca Napoli » (notez l’absence d’ « Isaia » dans le nom) ne semble en revanche guère faire l’unanimité, tandis que le haut du panier, la ligne Enrico Isaia, pratiquement entièrement faite-main reste encore assez exclusive et peu courante.

Les costumes de la collection principale sont coupés à la main, et entièrement entoilés suivant une technique qui fait la part belle aux opérations à la machine, bien qu’une quantité non-négligeable de détails soient finis à la main.

La silouhette est d’une belle verticalité, le buste est bien structuré avec une emmanchure haute. Les épaules, très légérement rembourées, sont cousues avec un mouvement vers l’arrière qui tend à améliorer la posture. Le col de la veste est coupé à 60°, évitant ainsi tout écart disgracieux entre le col de la veste et celui de la chemise (le fameux « collar gap »). Quelques modèles en revanche tendent à proposer des cols légèrement trop bas, et qui montrent plus de la chemise qu’il n’est nécessaire. Soyez donc attentifs.

Le choix des tissu est bon – avec une mention spéciale pour les costumes en laine Merinos australienne, dont la qualité est excellente, et qui peuvent être portés naturellement, c’est à dire non teints… les tissus teints en revanche, le sont en utilisant exclusivement de magnifiques teintures végétales. Indéniablement l’un des points fort de la maison.

Un peu de dandysme idéalisé est présent chez Isaia, ce qui est du goût de nombreuses personnes. Les costumes droits sont réussis, mais restent assez peu mémorables, à cause d’un choix de revers très (trop) standard, et d’un cran très particulier qui peut diviser. En revanche, le simple ajout d’un gilet sans revers sous la veste droite, et c’est une toute autre histoire…

++ : Superbes costumes croisés, tissus de qualité, utilisation créative des couleurs et des motifs.

- – :  Pensez à vérifier la hauteur des cols pour éviter tout mauvaise surprise.

BELVEST

Superbe mais toujours (presque) introuvable

Prix : de 2000 à 5000 euros

http://www.belvest.com

Par Hugo Jacomet :

Belvest est un formidable fabricant de costumes et de vestes haut de gamme, dont l’essentiel du business consiste à fabriquer pour de très grands noms (Hermès, Vuitton, Prada) des costumes très luxueux vendus très chers.

La maison propose également chaque année deux magnifiques collections sous son propre nom dont certains modèles sont parmi les plus beaux qu’il m’ait été donné d’admirer en prêt-à-porter (avec Attolini peut-être).

Le seul problème c’est que les produits Belvest restent encore quasiment introuvables ce qui tendrait à montrer qu’il s’agit ici d’un choix délibéré des dirigeants de l’entreprise ne voulant sans doute pas, à l’instar de Maco pour Caruso, faire trop de concurrence aux maisons pour lesquelles elle fabrique (et chez qui l’addition sera toujours beaucoup plus salée).

Un très beau produit. L’Italie dans ce qu’elle a de meilleur à offrir.

++ : Un produit superbe à tous points de vue.

- – : Quasiment introuvable.

H. HUNTSMAN & SONS

Un très beau prêt-à-porter traditionnel

Prix : de 2200 euros à 3100 euros

http://www.h-huntsman.com

Par Hugo Jacomet :

Un monument du bespoke tailoring britannique (malgré une histoire agitée et des propriétaires successifs très atypiques) qui fabrique depuis toujours un formidable prêt-à-porter avec, notamment, des tweeds exclusifs de premier plan.

La coupe maison est mondialement célèbre parmi les amateurs de beaux costumes : très ajustée, un bouton, emmanchures très hautes.

Dans un costume ou une veste sport Huntsman, vous bomberez le torse et relèverez les épaules, et vous n’y pourrez rien. C’est comme ça.

Une marque dont il faut posséder au moins un vêtement.

++ :  Coupe, tissus (dont des tweeds exceptionnels) et construction, tout est très bon.

- – : Hunstman a toujours été réputé pour être le bespoke tailor le plus cher de Savile Row. Il n’est évidemment pas le moins cher non plus en prêt-à-porter, loin de là.

LORO PIANA

De la filature au prêt-à-porter de luxe

Prix : de 2200 euros à 3500 euros

http://www.loropiana.com

Par Paul F :

En pensant à Loro Piana, on pense immédiatement aux innombrables tissus luxueux, le cachemire bien sûr, mais aussi la vigogne dont la quasi-totalité de la production lui est réservée et qui atteint des prix stratosphériques.

Loro Piana, c’est aussi de nombreuses boutiques de prêt-à-porter mais il ne s’agit pour une fois pas d’une tradition vieille de cent ans.

La maison de tissus de luxe s’est étendue à cette activité en y voyant un potentiel de développement (qui n’a pas échappé au groupe LVMH qui en a fait l’acquisition en 2013 pour un montant lui aussi stratosphérique).

Les produits Loro Piana sont d’une qualité exceptionnelle. Je possède à titre personnel des pulls en cachemire, une parka en baby cachemire et des vestes dont la qualité de construction est au niveau des autres grandes maisons italiennes avec des tissus d’exception.

Les boutonnières sont rarement déjà faites pour laisser place aux retouches nécessaires. L’entoilage est très léger et l’une de mes vestes en cachemire est un réel plaisir à porter en hiver avec un col roulé de la même maison.

Toutefois, il est difficile de distinguer un style Loro Piana dans la coupe, mis à part des revers généralement plutôt généreux.

Les couleurs sont en revanche très belles et le catalogue Loro Piana est toujours un plaisir à feuilleter avec d’excellentes suggestions de mises et d’agencements de couleurs. Vous y rencontrerez souvent des dégradés de beige/marron, des gris, des bleus, des oranges et des verts.

++ : Tissus d’exception, belle qualité de production, entoilage léger et agréable.

— : Prix élevés.

LIVERANO & LIVERANO

La plus japonaise des maisons florentines

Prix : de 2500 euros à 3500 euros

http://www.liverano.com

Par Paul F :

J’ai pénétré l’antre de Liverano et Liverano pendant un court séjour à Florence. Je n’avais absolument pas prévu d’y aller, ayant déjà un programme fort chargé, mais je suis passé devant par pur hasard (douteux mais vrai!).

Je suis donc entré faire du tourisme sartorial. A ma grande surprise, leur offre ne se limitait pas au bespoke mais comprenait également du PAP avec des chemises, manteaux, costumes, vestes et autres. Ce fut l’occasion de rencontrer le fameux Takahiro Osaki que vous avez probablement aperçu sur Tumblr (si son nom ne vous dit rien, allez faire un tour sur Google). Comme on pourrait s’y attendre venant d’un Japonais, il était très poli, patient et élégant: un genre de style « classic with a twist ».

Il me proposa de passer une veste en fresco bleu, ce à quoi je lui répondis en haussant les épaules qu’il n’avait certainement pas ma taille (EU44-46). Or il avait ma taille et la veste m’alla comme un gant. Antonio Liverano vint lui même pour faire la seule retouche nécessaire, lâcher la taille de 2cm.

Il m’adressa à peine la parole et paraissait très concentré sur sa tâche. Cela m’aurait fait très plaisir de discuter un peu avec lui mais je suppose qu’il était occupé à couper des costumes bespoke. Ne vous méprenez pas, je ne considère absolument pas qu’il m’ait ignoré; il s’est simplement contenté de bien faire la tâche qui l’attendait.

Pour revenir à la veste, je l’adore. Elle est sans aucun doute dans mon top 3 et ce malgré le nombre de pièces en grande mesure dont je dispose. Elle me va parfaitement et mon tailleur romain, Andrea Luparelli de Sartoria Ripense (Cf. archives PG) m’a demandé d’où venait la veste avant d’ajouter qu’elle était parfaite. Il n’a pas le compliment facile donc j’ai accepté celui-ci avec plaisir.

Le PAP de Liverano est réalisé par Isaia. Toutes les lignes d’Isaia ne se valent pas mais celle choisie par Liverano est vraiment superbe.

TOM FORD

Il est vraiment difficile de ne pas aimer (même un peu) ces costumes

Prix : de 3000 euros à 5000 euros (main line)

http://www.tomford.com

Par Sonya Glyn Nicholson :

D’origine texane, Thomas Carlyle « Tom » Ford est un designer et maintenant réalisateur américain principalement connu pour avoir redressé Gucci en 1997 (qui en profitera pour acquerir Yves Saint Laurent en 1999), et pour la marque qu’il a lancée sous son propre nom à New York en partenariat avec Zegna en 2006. Les créations Tom Ford sont réputées pour leur réinterprétation très stylisée de la silouhette des 60′s & 70′s. La qualité du design de la marque est reconnue mondialement pour son charme indéniable, ses coupes (très) près du corps, et ses associations de couleurs et de motifs audacieuses.

En Janvier 2013, Tom Ford présente enfin sa collection de prêt-à-porter pour homme à Londres, une étape clef de la construction de la marque et de sa réputation future.

Le costume « O’connor » ($3500) fait une entrée remarqué dans « Skyfall » en 2012, et reste aujourd’hui encore une des créations les plus célèbres de la jeune marque. Avec ses revers étroits, son pantalon droit et sans plis, et sa veste aux hanches marquées, le tout dégage une forte ambiance années 60.

Il serait cependant dommage de limiter la marque à cette seule pièce, quand le reste est d’une grande variété. Beaucoup des costumes Tom Ford possèdent des revers très généreux, et des pantalons proches de ce qui se fait en Europe.

Les smokings maison sont toujours un bon choix pour la grande élégance de leurs silhouette et la richesse de leurs couleurs et de leurs motifs.

Toutefois, un physique athlétique est de mise pour profiter pleinement des produits de la maison. Ajoutez à ce point des créations très typées et des prix très élevés, et vous comprenez que Tom Ford n’est pas une maison qui conviendra à tout le monde.

Pour autant, la ligne et la silouhette d’un costume Tom Ford sont parmis les plus étourdissantes du marché PAP, avec un travail autour de la poitrine particulièrement propre, des  milanaises faite main sur la boutonnières de revers et beaucoup d’autres détails de belle façon.

Pour autant, tout n’est pas parfait chez Tom Ford ; à cause des cintrages parfois extrêmes, la menace du « collar gap » est bien présente sur certains modèles, tandis que la ligne d’épaule n’est pas toujours aussi propre qu’elle devrait l’être. Avec un peu d’éducation, ces erreurs seront cependant aisément évitées.

Autre point qui a tendance à m’agacer légèrement, ce sont les cols de vestes parfois très courts, qui tendent à exposer plus du col de chemise que de besoin. Mais encore une fois, avec un peu d’éducation, il est facile d’éviter un tel problème en choisissant un col adapté aux cols de ses chemises.

Chris Evans a récemment lancé un costume Tom Ford typiquement années 70 : un magnifique 3-pièces avec un superbe pantalon taille haute, le tout coupé dans un surprenant tissu Prince de Galles vert olive à large carreaux qui risque bien de faire craquer même le plus exigeant des connaisseurs (même si je dois avouer ne pas aimer la boutonnière contrastée sur le revers).

Tom Ford propose deux types de « fit » : Base A et Base B. Base A est pour l’homme au physique « normal », tandis que Base B est pour l’homme au physique (très) athlétique.

En mélangeant avec goût des éléments typique de l’art tailleur italien (la barchetta, les poches-poitrine arrondies) avec la structure de l’art tailleur anglais, Tom Ford a réussi à créer un style unique et franchement réussi.

Les costumes Tom Ford sont des pièces à forte personalité qu’il est difficile de ne pas aimer.

++ : Magnifique travail sur la poitrine en particulier et sur la silhouette en général. Belles milanaises. Créations globalement extrêmement stylées.

- – : Cher, attention aux éventuels « collar gaps. » Surveillez également la ligne des épaules, parfois inégale. Et faites du sport !

OXXFORD

Fait-main à Chicago

Prix : de 3200 euros à 5000 euros

http://www.oxxfordclothes.com

Par Ville Raivio (keikari.com)

Oxxford est une maison différente.

Alors que la plupart des fabricants modernisent et mécanisent leur production, cette usine « old school » située à Chicago continue a fièrement déclarer être « toujours fidèle à la qualité » (phrase écrite en grand à l’entrée de l’usine).

Chez Oxxford, cela signifie un vrai travail méticuleux à la main sur chaque costume et une multitude de petits détails faciles à « sentir » lors du port d’une veste mais difficile à expliquer.

Par exemple, tous les les cols sont vraiment rabattus à la main, tous comme les revers, ce qui prend plusieurs heures. Ces détails sont réels chez Oxxford et pas seulement présents pour des raisons de marketing. Tous la amateurs savent que cela est très important pour un rendu net et naturel autour du cou et de la poitrine ainsi que pour un beau « roulé » du revers. Autre exemple : les boutonnières sont cousues avec de la soie de chaque côté pour une meilleure durabilité.

Bien sûr, tout ce travail à la main a un prix : environ 4000 dollars (3200 euros actuellement) et n’est actuellement disponible qu’aux Etats-Unis à travers un réseau de revendeurs et dans le magasin unique d’Oxford sur Madison Avenue.

La contribution américaine au costume (très) haut de gamme.

++ : Qualité de fabrication, fait main, finitions.

- – : Très (trop ?) conservateur et cher.

STEFANO RICCI

Des tissus exceptionnels, des coupes classiques et des prix stratosphériques

Prix : de 3800 euros à 7000 euros

http://www.stefanoricci.it

Par Dirnelli :

Stefano Ricci est une maison de prêt-à-porter Italienne très haut de gamme qui joue dans la même cour tarifaire (stratosphérique) que Brioni et Kiton, tout en jouissant d’une notoriété un peu moindre (notamment sur l’internet).

Les coupes maison sont extrêmement classiques, plutôt d’inspiration romaine (comme Brioni) avec une épaule plus structurée que l’épaule Napolitaine de ses deux concurrents. Comme Brioni, Ricci n’utilise que des tissus très luxueux et très onéreux (avec parfois cependant des choix discutables visuellement) et les costumes Ricci sont très légers à porter (plus légers que Brioni, mais moins que Kiton).

A mon avis, le fait que Stefano Ricci atteigne le même niveau d’attention (surtout sur l’internet) que ses deux illustres concurrents n’est plus désormais qu’une question de temps.

++ : De très beau costumes, bien faits, dans des tissus et des matières très luxueux.

— : Certains tissus sont un peu trop voyants et le style est très conservateur.

BRIONI

Un (très) grand nom du tailoring romain

Prix : de 4000 euros à 5000 euros

http://www.brioni.com/fr

Par Paul F :

Quand j’entends Brioni, je pense à James Bond. Bien que l’agent 007 ait été habillé par certains tailleurs du Row (NDLR: le Row est ma façon snob d’appeler Savile Row, ça fait plus « in the know ») ainsi que par Tom Ford, il y eut aussi un passage chez Brioni, non sans une certaine classe.

La deuxième chose qui me vient à l’esprit est la qualité époustouflante de confection.

La troisième , s’il en fallait une, serait le prix, un peu exagéré malgré tout mais il paraît que lorsque l’on aime, on ne compte pas.

Brioni est sans conteste l’une des marques les plus connues lorsque l’on évoque l’élégance masculine. Il suffit de passer la porte de la boutique milanaise pour s’en convaincre. Les costumes sont discrets mais coupés de façon fabuleuse, pour autant que vous soyez dans les tailles de la maison, et l’entoilage est très léger.

Porter un costume Brioni apporte des sensations relativement proches de la grande mesure et pour cause, de nombreuses étapes de fabrication se retrouvent dans le processus de production des costumes Brioni. On côtoie les sommets du prêt-à-porter, aussi bien en qualité qu’en prix.

Néanmoins, je dois vous avouer n’avoir jamais acheté de Brioni dans un de leurs magasins. Pour deux raisons, le prix et la taille.

Ayant une taille de petit 46 en costume (un vrai 45 comme me dit justement un tailleur), Brioni n’est pas ce qui me va le plus facilement.

J’ai également tendance à me tourner vers la grande mesure à ces tarifs là.

Il n’en reste pas moins que si vous pouvez vous le permettre et que les modèles proposés vous vont bien, allez donc y chercher votre smoking pour aller gagner un tournoi de poker au Casino du Grand Hotel Pupp à Karlovy Vary comme 007.

++ : Des coupes et des matières époustouflantes.

- – : Des prix époustouflants.

 KITON

Des coupes, des tissus, des finitions (et des tarifs) hors normes

Prix : de 4500 à 8000 euros

http://www.kiton.it

Par Hugo Jacomet :

Sommet du prêt-à-porter mondial pour les uns, scandale tarifaire pour les autres, Kiton ne laisse personne indifférent et propose, toute autre considération mise à part, des costumes parmi les plus beaux et les plus luxueux au monde.

Fabriqués dans une manufacture  hallucinante  située près de Naples, employant 330 tailleurs et produisant 200 000 costumes entièrement à la main chaque année, les costumes Kiton sont réputés pour être les plus chers au monde et pour proposer les tissus les plus exclusifs sur la planète.

Il est impossible de nier la qualité extrême des produits Kiton, leur flamboyance instantanée et surtout la qualité (voire la folie) du projet Kiton matérialisé par une manufacture incroyable et à visiter au moins une fois dans sa vie.

Cependant, il reste difficile pour un vrai amateur de tailoring de ne pas se poser la question du prix, supérieur à de la grande mesure chez les plus grandes maisons. A cet argument, Kiton répond généralement qu’il s’agit en réalité de bespoke. Je dirais quant à moi, qu’il s’agit de prêt-à-porter formidablement bien coupé et réalisé, et très bien ajusté pour les clients.

Donc pour être totalement honnête, un beau costume Kiton peut, après ajustement maison, tomber quasiment comme un costume bespoke (je l’ai moi même observé quelques fois) avec l’attente, les essayages et le dialogue avec le tailleur en moins.

Pour certains c’est un avantage (délais plus courts, service excellent). Pour d’autres, comme votre serviteur, l’attente, les essayages et le dialogue avec le tailleur sont irremplaçables. Question de style, de goûts, de niveau d’implication dans son style personnel et de moyens aussi.

A part (tout) cela, c’est un produit fabuleux.

A noter la gamme de produits avec la marque « Sartorio » qui propose une version « light » des produits Kiton avec un peu de travail machine et des tissus moins exclusifs. Mais l’addition reste salée pour un produit secondaire (aux alentours de 3500 euros tout de même).

++ : Qualité extrême des tissus, des coupes et du service en général.

- – : Des tarifs stratosphériques difficiles à justifier pour une clientèle traditionnelle.

ATTOLINI

L’autre Everest napolitain du prêt-à-porter de (grand) luxe

Prix : de 4500 à 7000 euros

http://www.cesareattolini.com

Par Dirnelli :

Cesare Attolini est l’une de ces marques de prêt-à-porter de luxe qui, à la manière de Kiton et de Brioni, proposent du prêt-à-porter fait à la main à des tarifs supérieurs à ceux du bespoke.

Des trois maisons citées, Attolini est à mon goût celle qui propose les plus belles pièces et surtout les plus confortables.

La qualité des finitions faites main ainsi que l’attention portée aux détails chez Attolini n’ont en effet rien à envier au bespoke, ce qui explique en partie le prix de revente extrêmement élevé.

Le style de la maison, avec ses larges revers placés haut sur le buste, ses épaules naturelles, et son style 3-roll-2 est d’ailleurs très caractéristique de ce qui se fait actuellement dans le bespoke tailoring napolitain contemporain.

C’est comme si Attolini avait pris le costume napolitain sur-mesure parfait, et l’avait rendu accessible en  prêt-à-porter.

Un sommet du prêt-à-porter napolitain italien et mondial.

++ : Un flair typiquement Italien qu’il est difficile de trouver en dehors du bespoke. Des costumes parmi les plus beaux au monde.

- – : Les prix stratosphériques.

EPILOGUE

Vous noterez l’absence dans cette sélection de Marc Guyot qui, depuis quelques temps déjà, se consacre exclusivement à sa très belle demi-mesure et qui fera évidemment partie de notre sélection de costumes en MTM (made to measure). Même chose pour les très beaux produits d’Orazio Luciano (La Vera Sartoria Napoletana) qui feront à coup sûr partie de cette même sélection.

Nous espérons que cette longue sélection, fruit d’un énorme travail, vous éclairera et surtout vous aidera dans votre quête d’élégance personnelle.

Cheers, HUGO